Vous misez sur « Chine » ou sur « fausses nouvelles » ?

Certaines des plus importantes entreprises de paris des États-Unis offrent aux intéressés de courir (gratuitement) la chance d’empocher des gains bien réels en misant sur ce qui se produira mardi soir, lors du premier débat entre les deux candidats présidentiels.

ATLANTIC CITY, N.J. — Est-ce que «Sleepy Joe» sera le premier surnom moqueur dont Donald Trump affublera Joe Biden?

Est-ce que les candidats arriveront sur scène masqués? Combien de fois Joe Biden dira-t-il «Barack Obama»?

Est-ce que Donald Trump dira «fausses nouvelles» ou «Chine» le plus souvent?

Certaines des plus importantes entreprises de paris du pays offrent aux intéressés de courir (gratuitement) la chance d’empocher des gains bien réels en misant sur ce qui se produira mardi soir, lors du premier débat entre les deux candidats présidentiels.

C’est le plus récent exemple de la façon dont le secteur en pleine croissance des paris sportifs s’insère dans la culture populaire. En date de lundi matin, quelque 500 000 personnes tentaient leur chance sur des sites comme FOX Bet, DraftKings et FanDuel.

Donc vous pourriez vous s’enrichir un peu si vous connaissez bien les expressions préférées de Joe Biden, ou si vous pensez savoir ce que Donald Trump va dire.

«C’est très intéressant d’essayer de prédire la politique, a dit Alex Baker, un résidant de Chicago de 34 ans qui gère un site de jeux de sports. Ça arrive souvent que les sites de paris prédisent très bien l’issue réelle d’une élection.»

Aucune juridiction des États-Unis n’a légalisé les paris sur les élections, une activité tout aussi légale que répandue en Europe. Mais puisque les participants ne risquent absolument — et puisqu’il s’agit d’un débat et non d’une élection — tout est légal. FanDuel et DraftKings diviseront une cagnotte de 50 000 $ US parmi ceux ayant eu les meilleures prédictions; la cagnotte de FOX Bet est de 25 000 $ US.

Après avoir installé les applications nécessaires, les participants tentent de prédire ce qui se produira, ou ne se produira pas, pendant le débat. Mais au lieu de tenter de deviner si Russell Wilson, le quart-arrière des Seahawks de Seattle, lancera au moins deux passes de toucher lors de son prochain match, les participants essaient de deviner ce qui sera dit ou fait sur scène.

On demande ainsi si MM. Trump et Biden se serreront la main, s’ils entrechoqueront les poings, s’ils se cogneront les coudes — ou s’ils ne feront rien du tout.

«Je pense qu’ils ne vont pas se saluer du tout», a dit un participant, Matt Marino.

Il prédit aussi que M. Biden portera un masque sur scène, mais pas M. Trump. Il espère que M. Biden répétera «Barack Obama» le plus souvent, tandis que M. Trump devrait dire «Chine» plus souvent que «fausses nouvelles».

M. Baker est confiant d’entendre M. Trump dire «loi et ordre» pendant le débat, puisque «c’est un thème important de ses discours depuis un moment».

Il s’attend aussi à entendre le président parler de la «Chine» avant M. Biden, mais est moins certain que l’ancien vice-président mentionnera sa Corvette.

Le concept vise à attirer de nouveaux parieurs avec des jeux gratuits, dans l’espoir d’en faire des clients payants.

«Comme nous l’avons appris dans les États où nous organisons des paris légaux sur les sports, l’intérêt envers les paris dépasse les sports, a dit le patron intérimaire de FOX Bet, Kip Levin. Nous savons aussi que nos clients aiment se vanter auprès de leurs parents et amis, et ça s’applique ici aussi.»

FanDuel a commencé à offrir des jeux gratuits plus tôt cette année, lors des débats démocrates entre Joe Biden et Bernie Sanders, a dit le chef du marketing Mike Raffensperger.

«Nous nous réjouissons que nos clients soient intéressés à profiter de la culture au sens large pour rivaliser avec d’autres pour gagner de l’argent», a-t-il expliqué, en faisant remarquer que la compagnie a organisé des concours similaires avec des émissions de téléréalité.

Si certains profiteront du débat pour prendre une gorgée d’alcool chaque fois qu’un candidat fera ou dira quelque chose, M. Marino surveillera de près le premier surnom que M. Trump utilisera.

«C’est certain qu’il va l’appeler ‘Sleepy Joe’», a-t-il prédit.

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