Voyageurs sous surveillance fédérale: Ottawa ouvre une enquête sur des allégations

OTTAWA — L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a ouvert une enquête et revoit ses procédés à l’interne afin d’éviter que d’autres voyageurs sous surveillance fédérale soient victimes d’agressions sexuelles alléguées. 

Un agent de quarantaine, formé par l’ASPC, et un voyageur, envoyé dans un hôtel de quarantaine, ont été formellement accusés pour des agressions sexuelles qui seraient survenues la semaine dernière.

«Ces allégations sont vraiment préoccupantes et font l’objet d’une enquête. L’Agence de la santé publique du Canada revoit ses procédés à l’interne, ainsi que ceux de ses fournisseurs de services, pour s’assurer de la santé et de la protection des voyageurs qui reviennent au pays», a soutenu Cole Davidson, l’attaché de presse de la ministre de la Santé.

En coulisses, on précise que l’ASPC collabore bien entendu avec les enquêtes policières pour les deux incidents. L’enquête interne portera plus précisément sur l’agression alléguée dans un hôtel de quarantaine à proximité de l’aéroport Trudeau à Montréal. L’idée est de déterminer comment cette situation a pu se produire en premier lieu et s’assurer que cela ne se répète plus jamais. 

Les conservateurs sont montés au front, pendant la période de questions de jeudi, pour réclamer la suspension du programme de quarantaine obligatoire à l’hôtel.

«En arrivant au Canada, le passeport d’une femme a été saisi et elle a été forcée de monter dans un taxi sans savoir où elle allait. On l’a forcée à aller dans un établissement sous supervision fédérale par le gouvernement libéral et elle a été agressée sexuellement. C’est de la misogynie et une grave violation de ses droits», s’est indignée la députée Michelle Rempel Garner. 

«Si le premier ministre ne peut pas garantir la sécurité des personnes, il doit suspendre le programme», a pour sa part martelé son chef Erin O’Toole.

«Si les conservateurs ne veulent pas protéger les Canadiens contre la COVID-19, c’est leur droit», a rétorqué la vice-première ministre Chrystia Freeland. «En tant que femme et mère, je suis profondément préoccupée par ces rapports de violence et d’agression sexuelle. Personne ne devrait craindre pour sa sécurité», a-t-elle ajouté.

Le Parti conservateur est cependant seul dans son combat pour suspendre la quarantaine à l’hôtel; le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique disent qu’elle devrait rester en place. 

«Ce n’est pas parce qu’il y a des trous dans le filet qu’on enlève le filet. Il faut maintenir la mesure, il faut corriger la mesure pour la sécurité des gens», a déclaré le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui réclame «un minimum de surveillance» pour assurer la sécurité des voyageurs dans ces hôtels.

L’ASPC n’a pas voulu faire de commentaires sur les enquêtes en cours afin de protéger la vie privée des personnes concernées. 

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