Washington accroît la pression sur le régime Maduro au Venezuela

WASHINGTON — Le conseiller américain à la sécurité nationale a prévenu mardi les entreprises et les gouvernements étrangers qu’ils pourraient faire face à des représailles s’ils continuent de transiger avec le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro au Venezuela.

John Bolton a fait ces commentaires au lendemain de la décision de la Maison-Blanche de geler tous les avoirs du gouvernement vénézuélien aux États-Unis, plaçant le Venezuela sur la courte liste de pays — aux côtés de Cuba, de la Corée du Nord et de l’Iran — visés par des sanctions financières aussi radicales.

«Le régime de Maduro rejoint maintenant ce club exclusif d’États voyous», a déclaré M. Bolton mardi lors d’une conférence au Pérou réunissant plus de 50 gouvernements opposés à M. Maduro.

L’interdiction générale empêchant les entreprises américaines de transiger avec le gouvernement Maduro et ses principaux partisans entre en vigueur immédiatement.

«Nous envoyons un signal aux tiers qui souhaitent faire affaire avec le régime Maduro: agissez avec une extrême prudence», a déclaré M. Bolton à Lima. «Il n’est pas nécessaire de risquer vos intérêts commerciaux avec les États-Unis afin de tirer profit d’un régime corrompu et moribond.»

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un véritable embargo commercial — l’interdiction ne touche pas le secteur privé du Venezuela —, cette décision représente l’action la plus radicale de Washington pour renverser le régime Maduro depuis que l’administration Trump a reconnu en janvier le leader de l’opposition, Juan Guaidó, comme dirigeant légitime du Venezuela.

Les entités étrangères faisant affaire avec le gouvernement Maduro s’exposent ainsi à des «sanctions secondaires» aux États-Unis.

Un certain nombre d’entreprises européennes, dont la société pétrolière espagnole Repsol et Air France, continuent de mener des activités au Venezuela et pourraient voir leurs avoirs aux États-Unis saisis s’ils ne coupent pas leurs liens avec le gouvernement vénézuélien. L’Inde et la Chine sont les principaux acheteurs de brut du géant pétrolier vénézuélien PDVSA. Toutes ces sociétés dépendent des États-Unis pour traiter leurs transactions financières.