Whole Foods: les allégations de discrimination raciale rejetées

BOSTON — Une juge fédérale américaine a rejeté la plupart des allégations soulevées par des employés de Whole Foods qui reprochaient à la chaîne d’épiceries d’avoir fait preuve de discrimination et usé de représailles en leur interdisant de porter des couvre-visages en soutien au mouvement Black Lives Matter au travail.

Dans une poursuite intentée en juillet à Boston, plus d’une vingtaine d’ex-employés et d’employés actuels issus de 11 succursales à travers les États-Unis ont accusé Whole Foods d’avoir enfreint le titre VII du Civil Rights Act, qui interdit la discrimination fondée sur la race et sur d’autres facteurs.

Les travailleurs de diverses origines avaient commencé à porter des masques à l’effigie de Black Lives Matters pendant la pandémie pour afficher leur solidarité avec la mobilisation inspirée par la mort de l’Afro-Américain George Floyd aux mains de la police de Minneapolis au mois de mai.

Dans sa décision rendue publique vendredi, la juge de la cour fédérale de district Allison Burroughs a statué que Whole Foods n’a pas ciblé les travailleurs en fonction de leur appartenance raciale.

Aucun plaignant n’allègue d’ailleurs avoir été victime de discrimination en raison de sa race ou pour avoir défendu un collègue ayant fait l’objet d’une telle discrimination, a écrit la magistrate.

Pourtant, la disposition qu’ils invoquent interdit la discrimination contre une personne en raison de sa race, mais ne protège pas le droit de s’associer à une cause sociale donnée, même si elle est liée à la race, sur son lieu de travail, a-t-elle exposé.

Whole Foods soutient que les travailleurs avaient été disciplinés pour avoir enfreint le code vestimentaire, qui interdit les slogans ou logos non affiliés à l’entreprise.

Dans une déclaration transmise par courriel lundi, Whole Foods se dit en accord avec la décision du tribunal et déterminée à ce que son personnel ne fasse l’objet d’aucune discrimination ou représailles.

Une avocate représentant les employés croit pour sa part que la juge a «mal interprété et mal appliqué» la loi. Les plaignants iront en appel ou retourneront devant la même juge pour lui demander de réévaluer sa décision, a laissé savoir l’avocate Shannon Liss-Riordan.

Le juge a par ailleurs permis à la cause d’une ancienne employée d’aller de l’avant. Celle-ci allègue avoir été licenciée d’un magasin de Cambridge, dans le Massachusetts, pour avoir organisé des manifestations et pour avoir déposé des plaintes auprès du Conseil national des relations du travail et de la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi.

– Par Mark Pratt, The Associated Press

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