Windsor-Essex reste confinée après les éclosions chez les travailleurs étrangers

TORONTO — Le premier ministre Doug Ford a annoncé lundi que Toronto et la région de Peel — mais pas la région de Windsor-Essex — devraient rejoindre mercredi le reste de l’Ontario dans la phase 2 du plan de déconfinement de la province.

Cela signifie que les terrasses des restaurants, les salons de coiffure et les piscines pourront reprendre leurs activités à Toronto et dans la région de Peel, les deux plus importantes agglomérations de la province, où les «tendances s’améliorent», a expliqué le premier ministre.

«Nous sommes en train de vaincre ce virus, a soutenu M. Ford lundi. Les indicateurs pointent dans la bonne direction (…) parce que tout le monde fait sa part.»

Seule la région de Windsor-Essex, qui a connu des éclosions chez les travailleurs étrangers temporaires, demeurera donc à la première phase du déconfinement. M. Ford a indiqué que la menace de COVID-19 dans cette région était encore trop grande. Il a blâmé certains producteurs agricoles qui refusent de faire passer le test de dépistage à leurs travailleurs, alors que des éclosions apparaissent dans les fermes de la région.

L’Ontario signalait lundi 161 nouveaux cas de COVID-19 et trois décès additionnels. Il s’agit du nombre de nouveaux cas quotidiens le plus bas depuis la fin mars. Cela porte le bilan de la province à un total de 33 637 cas, dont 2609 décès et 28 933 guérisons.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, affirme que le nombre de guérisons continue de croître plus rapidement que les cas actifs. Le nombre de personnes hospitalisées avec la COVID-19 et celles aux soins intensifs et sous respirateur ont tous chuté, atteignant les niveaux les plus bas depuis que la province a commencé à les rapporter publiquement, au début d’avril.

Environ 70 % des nouveaux cas annoncés lundi proviennent des trois régions qui en sont encore au stade 1 du plan de déconfinement de la province — Peel a signalé 44 nouveaux cas, Toronto 36 et Windsor-Essex 32. Or, le Bureau de santé publique du comté de Windsor-Essex affirme que 31 des 32 nouveaux cas recensés lundi dans cette région sont directement liés au secteur agricole.

Deux travailleurs mexicains sont morts de la COVID-19 dans cette région depuis le début de la pandémie et le bureau de santé publique de Haldimand-Norfolk rapporte maintenant qu’un travailleur migrant dans leur région est mort à la suite d’une éclosion spécifique chez un producteur agricole. Cette ferme compte actuellement 199 travailleurs migrants infectés et 18 autres personnes associées à la ferme ont été déclarées positives, selon le bureau régional de santé publique.

Trudeau promet «des conséquences»

Environ 20 000 migrants viennent en Ontario chaque année pour travailler dans des fermes et des serres — la plupart d’entre eux en provenance du Mexique, du Guatemala et des Antilles; cette année, ces travailleurs temporaires ont dû s’isoler pendant 14 jours à leur arrivée au pays.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré lundi que les mesures de mise en quarantaine et les protections accordées aux travailleurs étrangers temporaires sur le lieu de travail étaient strictes, mais à l’évidence, ces règles «n’ont pas été suivies» dans le cas de trois travailleurs agricoles mexicains décédés de la COVID-19 en Ontario.

Ottawa et Mexico se sont entendus en fin de semaine pour que les travailleurs temporaires embauchés cet été puissent recommencer à venir au Canada. Le Mexique avait suspendu les voyages prévus de ses ressortissants à la suite des deux premiers décès en Ontario, en attendant de recevoir des assurances du gouvernement canadien. Un troisième travailleur est décédé depuis des suites de la COVID-19.

«Les règles n’ont pas été suivies dans les cas de (…) ces trois travailleurs-là», a déclaré M. Trudeau à son point de presse quotidien, lundi matin. «Les gens ont enfreint les règles par rapport à la distanciation, par rapport aux conditions de travail. Il y aura des conséquences pour les compagnies qui n’ont pas suivi les règles instaurées pour protéger les travailleurs au Canada», a-t-il prévenu.

Les défenseurs des migrants soutiennent que les quartiers exigus partagés par les travailleurs ont contribué à la propagation du coronavirus. Le gouvernement Ford a promis de travailler avec Ottawa pour mener des inspections conjointes des fermes et des conditions de vie des travailleurs migrants.

Le ministre provincial du Travail a déclaré que les deux ordres de gouvernement commenceront les inspections dès cette semaine. Le premier ministre Ford prévient que les agriculteurs doivent aider la province à procéder au dépistage chez leurs travailleurs, sans quoi le gouvernement pourrait être contraint d’utiliser d’autres mesures.