Xi Jinping réitère sa confiance envers le gouvernement de Carrie Lam à Hong Kong

HONG KONG — La rencontre surprise entre le président chinois Xi Jinping et la chef du gouvernement de Hong Kong Carrie Lam se voulait un «vote de confiance» envers la capacité des autorités de la région semi-autonome à endiguer la crise qui secoue Hong Kong depuis cinq mois.

Les deux dirigeants politiques ont discuté en marge d’un événement commercial organisé à Shanghai, lundi soir, au moment où des signes semblent démontrer que le gouvernement central de Pékin pourrait chercher à resserrer la bride sur le territoire afin de mettre fin aux manifestations et aux émeutes qui s’opposent au pouvoir de la Chine à Hong Kong.

Interrogé à savoir si le président Xi avait remis en question la manière dont Mme Lam et son gouvernement géraient le soulèvement populaire, le secrétaire en chef de Hong Kong, Matthew Cheung, a répondu qu’il fallait plutôt y voir le contraire.

«Le fait qu’il ait pris le temps de rencontrer Mme Lam malgré son horaire très chargé représente un vote de confiance envers nous», a-t-il affirmé en ajoutant que cela démontrait l’importance qu’accorde Pékin à la région de Hong Kong.

L’agence de presse officielle chinoise a rapporté que le président Xi avait exprimé le «haut niveau de confiance» de son gouvernement envers Carrie Lam pour parvenir à stabiliser la situation.

Xi Jinping aurait aussi «demandé des efforts sans répit pour stopper et punir les gestes violents en accord avec la loi».

Le président chinois souhaiterait la poursuite du dialogue et des efforts supplémentaires pour améliorer la qualité de vie de la population dans l’une des villes du monde où le coût de la vie est le plus élevé.

Les manifestations ont débuté en juin. L’élément déclencheur était le dépôt d’un projet de loi visant à permettre l’extradition de suspects arrêtés à Hong Kong pour subir des procès en Chine continentale. Les manifestants y voyaient une ingérence dans l’indépendance du système judiciaire de Hong Kong et une brèche dans les droits et libertés garantis au territoire lorsque l’ex-colonie britannique a été cédée à la Chine en 1997.

Carrie Lam et son gouvernement ont abandonné le projet de loi trois mois plus tard, mais le mouvement a depuis pris énormément d’ampleur et réclame notamment une plus grande démocratie et une meilleure imputabilité des forces de l’ordre.

Au cours des dernières semaines, le niveau de violence s’est élevé alors que des incendies ont été déclenchés, que la police a recours aux gaz lacrymogènes dans ses affrontements avec la population et que des altercations ont été observées entre militants pro et anti Pékin.

Plus de 3000 personnes ont été arrêtées depuis juin.

Les plus populaires