Le siège de Dion convoité par plusieurs, dont Alan DeSousa et Yolande James

OTTAWA – La circonscription laissée vacante par le départ de Stéphane Dion suscite la convoitise.

Un premier candidat, le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a confirmé vendredi qu’il briguerait l’investiture libérale.

Il ne sera toutefois vraisemblablement pas le seul sur les blocs de départ.

Une autre, l’ancienne ministre Yolande James, confirmera dans les prochains jours qu’elle se lance dans la course, selon des informations obtenues par La Presse canadienne.

Et à ces deux grosses pointures pourraient s’ajouter l’ancien «dragon» François Lambert, qui se dit «all in», et la candidate malheureuse dans Hochelaga à la dernière élection, Marwah Rizqy.

La lutte se fera dans un comté qui est orphelin de député depuis que Stéphane Dion a annoncé son départ de la vie politique, ulcéré d’avoir été dépouillé de son portefeuille aux Affaires étrangères.

Vendredi, lorsqu’il a dévoilé ses velléités fédérales, le maire DeSousa a fait valoir que sa candidature en était une «de taille, de force, qui amène beaucoup».

Lorsqu’on lui a parlé de la possible entrée en scène de Yolande James, il a préféré insister sur ses faits d’armes électoraux plutôt que de se prononcer sur sa potentielle rivale.

«J’ai été élu quatre fois à Saint-Laurent sur le même territoire (que la circonscription fédérale)», a plaidé Alan DeSousa en conférence de presse.

«Dans tous les cas, j’ai non seulement eu une majorité absolue, mais aussi, de loin, un grand support de la communauté», a-t-il enchaîné.

L’ancienne ministre James a elle aussi été élue à quatre reprises, elle aussi à chaque fois avec de très confortables majorités, dans le château fort libéral de Nelligan.

L’avocate de formation a été aux commandes des ministères de l’Immigration (2007-2010) et de la Famille (2010-2012) au sein du gouvernement de Jean Charest.

Elle était depuis 2014 commentatrice à l’émission «Les Ex», sur les ondes de RDI.

Cette semaine, elle a avisé Radio-Canada qu’elle quittait son poste, a signalé dans un courriel Marc Pichette, porte-parole de la société d’État.

Selon une source proche de Mme James, celle-ci n’accordera pas d’entrevues avant d’annoncer officiellement qu’elle briguera l’investiture dans la circonscription de Saint-Laurent.

De son côté, l’ex-vedette de l’émission «Dans l’oeil du dragon», François Lambert, se dit prêt à servir.

«Pour l’instant, c’est oui, all in», a-t-il tranché en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, vendredi.

Mais la décision finale sera basée sur ce qui pourra être le plus bénéfique pour le Parti libéral du Canada, a soutenu l’homme d’affaires.

«Avant de se lancer dans une investiture, il faut voir qui est le meilleur candidat. Il faut être un joueur d’équipe», a-t-il insisté.

«Si je faisais juste passer mes intérêts personnels, j’irais tout de suite, à la course», a-t-il ajouté.

Au moins une autre personne, la fiscaliste et professeure Marwah Rizqy, aimerait représenter la circonscription montréalaise à la Chambre des communes.

Selon une source libérale fédérale, celle qui était passée près de ravir à la néo-démocrate Marjolaine Boutin-Sweet son siège dans Hochelaga en octobre 2015 tentera de nouveau sa chance.

Élections Canada a annoncé cette semaine l’avis de vacance à la Chambre des communes pour la circonscription de Saint-Laurent.

Une élection complémentaire doit être déclenchée au plus tard dans six mois.

Aucune date de mise en candidature n’a encore été fixée, a précisé dans un courriel Braeden Caley, directeur principal des communications au Parti libéral du Canada.

Il a signalé que la formation politique a été approchée «par plusieurs aspirants candidats talentueux», sans toutefois en préciser le nombre.

La campagne pour remplacer Stéphane Dion dans Saint-Laurent «sera centrée sur les réalisations de Justin Trudeau et de l’équipe libérale, particulièrement en ce qui trait aux familles de la classe moyenne à Montréal et partout ailleurs au Canada», a conclu M. Caley.