Zones chaudes au Québec: masques N95 obligatoires jeudi pour le personnel

QUÉBEC — À compter de jeudi prochain, le port d’un appareil de protection respiratoire de type N95 ou de protection supérieure sera obligatoire pour tous les travailleurs de la santé qui oeuvrent au Québec en milieu de soins dans une zone chaude.   

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) explique mardi que cette annonce s’inscrit dans la foulée des nouvelles connaissances scientifiques et de l’évolution du contexte de la pandémie de COVID-19, notamment au regard du potentiel infectieux accru des nouveaux variants.   

Le port de ce type d’appareil s’appliquera dès jeudi aux hôpitaux, aux cliniques médicales, aux groupes de médecine familiale, aux cliniques externes, aux milieux de réadaptation, aux milieux de soins de longue durée, aux résidences pour personnes âgées (RPA) et aux autres ressources d’hébergement de ce type.   

La CNESST signale que les personnes travaillant dans ces milieux devront également effectuer des essais d’ajustement de l’appareil de protection respiratoire, au préalable.   

Le nouveau positionnement de la CNESST découle de deux avis, émis par le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) et par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, accueille bien cette annonce. À son avis, elle permettra d’effectuer des tâches avec le meilleur équipement possible en zone chaude car ces appareils de protection répondent aux meilleurs standards de qualité et de performance en matière de santé et de sécurité du travail.   

L’opposition critique le gouvernement

Interrogée sur le sujet, mardi, à l’Assemblée nationale, la cheffe de l’opposition libérale Dominique Anglade a dénoncé la gestion de crise «incohérente» du gouvernement, alors que la santé publique et la CNESST ne semblent pas s’entendre sur le port du masque N95.

Elle estime que le gouvernement Legault n’a pas appris de leçons de la première vague.

«On va être encore dans une période difficile pour la prochaine année, donnons-nous les moyens de réussir. On dirait qu’on refuse de se donner les moyens de réussir», a-t-elle déploré.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a parlé d’une «belle journée» pour les travailleurs de la santé, qui ont remporté une «victoire» contre le gouvernement «qui obstinément, depuis des mois, refusait de les protéger adéquatement».

«C’est finalement parce que la CNESST leur tord le bras que la CAQ va protéger adéquatement nos travailleurs et travailleuses de la santé 11 mois après le début de la pandémie alors qu’il y en a 30 000 qui ont attrapé la COVID», a soutenu M. Nadeau-Dubois.

«Combien on en aurait protégé? Combien on en aurait sauvé si le gouvernement de la CAQ avait pris ses responsabilités et avait écouté les gens sur le terrain?»

De son côté, le Parti québécois a réitéré son appel pour mener une enquête publique sur la gestion de la crise.

«La seule solution, c’est une enquête indépendante. Puis elle doit être indépendante parce que le rôle, ce sera justement de s’immiscer en rétrospective dans le processus décisionnel utilisé par le gouvernement du Québec pour qu’on arrive à des conclusions scientifiques qui, deux mois plus tard, ne sont plus les mêmes ou des conclusions soi-disant scientifiques qui sont contraires à la science en Ontario, en Colombie-Britannique puis partout en Europe», a souligné le chef péquiste Paul Saint-Pierre-Plamondon.

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