Les sœurs Cassis
Art de vivre

Les sœurs Cassis

À l’île d’Orléans, l’entreprise Cassis Monna & Filles se distingue par les produits qu’elle tire de la « gadelle noire ».  

J’ai longtemps pensé que je n’aimais pas la crème de cassis, ne connaissant que la version commerciale de cette liqueur de fruit, qui sert le plus souvent à tempérer l’acidité du vin blanc d’aligoté dans le populaire kir. Puis, un jour, un collègue m’a tendu un verre d’une crème de cassis produite à l’île d’Orléans. Me voyant faire la grimace, il a insisté : « Goûte, fais-moi confiance… »

Dans le verre, un produit unique. Tant par l’exquise pureté des saveurs de cassis que par l’équilibre entre le sucré et l’acidulé, qui frôlait la perfection, grâce au talent de son créateur, Bernard Monna.

Descendant d’une lignée de liquoristes qui ont peaufiné leur art à Brissac, dans le sud de la France, Bernard Monna a planté ses premiers cassissiers au début des années 1980, à Saint-Pierre, sur l’île d’Orléans. Cette plante, dont le fruit est ici connu sous le nom de « gadelle noire », avait la réputation de s’épanouir sous les climats froids.

« Mon père fut l’un des premiers à demander un permis de transformation des petits fruits en alcool, au début des années 1990 », explique Catherine Monna, la fille aînée de Bernard. C’est sous son impulsion et celle de sa sœur Anne que l’entreprise familiale, lancée en 1992, a véritablement pris son essor.

Située à quelques minutes en voiture du pont de l’île, Cassis Monna & Filles est maintenant un passage obligé pour les touristes gourmands, qui s’arrêtent pour casser la croûte à La Monnaguette, un bistrot estival ouvert en 2002, avant de faire le plein de confitures, confits, gelées et liqueurs à la boutique. « Aujourd’hui, plus de 70 % de notre production est vendue directement au domaine. C’est génial ! »

Alors que les liqueurs de cassis Monna brillent dans les concours internationaux, les deux sœurs ont des projets plein la tête. À terme, les nouvelles plantations pourraient leur permettre de doubler la production annuelle, qui se situe autour de 50 000 bouteilles. Mais d’abord, elles comptent lancer une eau-de-vie de cassis 100 % Québec. « On a déjà l’alambic. Ne nous manque plus que le permis. Si tout va bien, elle sera sur les étagères d’ici la fin de l’année ! »