Zéro gluten, beaucoup de goût
Art de vivre

Zéro gluten, beaucoup de goût

D’abord destinées aux personnes atteintes de la maladie cœliaque ou intolérantes au gluten, les bières de la jeune entreprise montréalaise Glutenberg ont su conquérir un public beaucoup plus large.

Lorsque je lui ai parlé, en mai, David Cayer, cofondateur et chef de la direction de Glutenberg, était en route avec son partenaire, Julien Niquet, vers Nashville, au Tennessee, pour participer à la World Beer Cup. Les bières sans gluten de la jeune entreprise montréalaise ont déjà brillé à quelques reprises lors des éditions précédentes de cette prestigieuse compétition internationale, mais pas cette année. Qu’importe, Cayer et Niquet savent que le succès de Glutenberg ne repose pas sur les concours.

Dès sa création, en 2011, Glutenberg a montré son désir de brasser la meilleure bière sans gluten au monde. « Julien est intolérant au gluten. C’est de là que nous est venue l’idée. Quand on a commencé, la plupart des bières sans gluten étaient des bières maltées dégluténisées. » Plutôt que d’opter pour le processus de dégluténisation, qui ne garantit pas l’absence totale de gluten dans le produit final, les deux associés ont multiplié les tests avec différentes céréales sans gluten.

Après quelques essais et erreurs, ils ont finalement adopté le millet comme base de fermentation, auquel s’ajoutent du maïs ou du sarrasin, selon la texture et la consistance recherchées. Tous trois sont certifiés biologiques, sans OGM et cultivés à Sainte-Perpétue, au Centre-du-Québec. « Le partenariat d’affaires qu’on a établi avec le propriétaire de Ferme Sans Gluten, Marco Vincent, est très important. On voulait brasser des céréales de qualité, biologiques autant que possible, mais on tenait aussi à avoir des fournisseurs locaux. »

Au départ, David Cayer et Julien Niquet visaient la clientèle pour qui le gluten est un enjeu de santé réel, comme les personnes atteintes de la maladie cœliaque ou intolérantes au gluten (environ 6 % de la population). Mais aujourd’hui, avec une production annuelle de 1,8 million de litres — dont plus de la moitié est exportée vers les États-Unis et les autres provinces canadiennes —, tout porte à croire que les acheteurs de Glutenberg ne se limitent plus à cette frange de la population.

« Notre série de bières gastronomiques nous a beaucoup aidés à gagner les amateurs de bières fines. La plupart des gens nous disent acheter nos bières parce qu’ils les trouvent goûteuses, mais moins bourratives que d’autres produits sur le marché. »  Légère et riche en saveurs. N’est-ce pas la définition d’une bière estivale parfaite ?