[Carte postale] De la Côte d'Argent à la côte basque
Art de vivre

[Carte postale] De la Côte d’Argent à la côte basque

À l’ouest et au sud-ouest de Bordeaux, la façade atlantique française est jalonnée de plages, de pinèdes, d’ostréiculteurs, de villes pleines de caractère et… de la plus grande dune d’Europe. Notre collaborateur revient de ce coin de pays et en a ramené plusieurs instantanés.

Bizarrerie géographique française, la dune du Pilat forme une immense masse de 55 millions de mètres cubes de grains de sable, qui s’élève à 110 m de hauteur. Bordée de part et d’autre par l’océan Atlantique et par une vaste pinède, elle fait 615 m de largeur et s’étire sur près de 3 km. Du haut de son sommet, on se sent à la fois en plein désert et au bord de la mer.

Photo : Gary Lawrence

Très prisée par les parapentistes, la dune du Pilat sert de piste de décollage aux adeptes de ce sport aérien, de tôt le matin jusqu’à tard le soir.

Photo : Gary Lawrence

Dominant le bassin du même nom, la petite ville d’Arcachon jouit d’un patrimoine architectural impressionnant, surtout dans la Ville d’Hiver. Aménagée au sommet d’une colline, celle-ci compte des dizaines de ravissantes villas bourgeoises construites au XIXe et au début du XXe siècle. Elles entremêlent plusieurs éléments et styles — c’est le cas notamment de la villa Alexandre Dumas (où l’écrivain n’a jamais vécu).

Photo : Gary Lawrence

Dans les environs d’Arcachon, la vie quotidienne s’articule autour de la mer. Certains établissements se sont carrément installés sur la plage, comme le très populaire Club Plage Pereire, un resto-bar dont les tables et les chaises sont littéralement plantées dans le sable.

Photo : Gary Lawrence

Droit en face d’Arcachon, le cap Ferret forme une presqu’île qui sépare l’Atlantique du bassin d’Arcachon. Les longs liserés sablonneux de sa façade océane en font un site balnéaire réputé, mais l’endroit jouit aussi d’un solide renom en raison de ses innombrables ostréiculteurs.

Photo : Gary Lawrence

En 1905, c’est à Mimizan que le journaliste Maurice Martin a baptisé le littoral landais « Côte d’Argent », en référence à « l’écume scintillante comme un métal précieux » qu’il a alors pu admirer en observant le soleil se refléter sur les vagues. Aujourd’hui, Mimizan est une station balnéaire courue par les familles, de juin à septembre.

Photo : Gary Lawrence

Faire de la planche à roulettes pour aller chevaucher les vagues ? C’est fréquent sur la Côte d’Argent — comme ici, à Mimizan.

Photo : Gary Lawrence

Hossegor (dans la région des Landes) et Biarritz (au Pays basque) se disputent toutes deux le titre de capitale européenne du surf. La première (sur la photo) abrite le siège de la Fédération française de surf, reçoit une étape de la Coupe du monde et accueille toutes les grandes marques de vêtements chères aux surfeurs. Mais c’est par la seconde que le surf est arrivé et s’est répandu en Europe.

Photo : Gary Lawrence

En 1956, deux Californiens membres de l’équipe de tournage du film Le soleil se lève aussi (une adaptation du premier roman de Hemingway) font connaître le surf à Biarritz. De nos jours, les longues plages à la lente déclivité de cette ville accueillent chaque été des néophytes venus s’initier — mais aussi quantité de pros, fiers de s’exhiber.

Photo : Gary Lawrence

Bien avant de verser dans le surf, Biarritz fut d’abord un port de chasseurs de baleines et, pendant longtemps, la station balnéaire de l’aristocratie et des têtes couronnées d’Europe. Du milieu du XIXe siècle jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, de richissimes et célèbres estivants venaient s’y faire construire d’exubérantes villas, toutes plus originales et excentriques les unes que les autres. C’est l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, qui lança la mode des séjours balnéaires à Biarritz, après son passage en 1854. La résidence que l’empereur lui fit par la suite construire est devenue l’établissement le plus huppé de la ville, l’Hôtel du Palais.

Photo : Gary Lawrence

En juin 1660, Louis XIV convole en justes noces avec Marie-Thérèse, infante d’Espagne, à l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz, petite ville balnéaire située non loin de la frontière espagnole. La Maison de l’Infante (à droite sur la photo) arbore une façade rosée qui a des airs vénitiens.

Photo : Gary Lawrence

C’est à Ciboure, droit en face de Saint-Jean-de-Luz, qu’est né le compositeur Maurice Ravel, en 1875. La maison de l’auteur du Boléro (absente de la photo) abrite désormais l’office de tourisme local ainsi que l’Académie internationale de musique Maurice Ravel. Du reste, le village mérite à lui seul un crochet, de par sa simple beauté plastique.

Photo : Gary Lawrence

Située à deux kilomètres du littoral, au confluent de la Nive et de l’Adour, Bayonne est encore sillonnée de venelles dont le tracé date du Moyen Âge, dans sa vieille ville. Les façades hautes à colombages et aux volets sang-de-bœuf s’y succèdent, le long des rues piétonnes comme sur les grandes artères.

Photo : Gary Lawrence

Bayonne est réputée pour son succulent jambon cru séché et salé, affiné de 12 à 18 mois. Mais dans la capitale basque de la charcuterie, on trouve aussi du jambon ibérique bellota (ou pata negra), vieilli 44 mois et… vendu jusqu’à 300 dollars le kilo.

Photo : Gary Lawrence

Fondée en 1854, la chocolaterie Cazenave figure parmi les institutions de Bayonne, autant pour ses vitraux que pour les goûteux (et coûteux) chocolats chauds et autres confiseries qu’on y sert. C’est à Bayonne que le chocolat a fait son apparition en France, lorsque des Juifs fuyant l’Inquisition espagnole s’y sont établis.

Photo : Gary Lawrence

Capitale économique et culturelle du Pays basque, Bayonne est aussi l’hôte de fêtes démesurées où défilent chaque été jusqu’à 1,5 million de noceurs vêtus de blanc et de rouge. Pendant cinq jours, les festivités voient s’enchaîner danses, défilés d’orchestres, messes, corridas et autres courses de vachettes, le tout sur fond de beuveries monstres. De quoi faire maugréer certains résidants…

À savoir

Jusqu’en octobre, Air Transat relie Montréal à Bordeaux en vol direct et sans escale, trois fois par semaine.

Un bon hôtel à Biarritz : le Kemaris, à la fois tranquille et près du feu de l’action, et à cinq minutes de la plage.

Quelques guides pour investir la région : Bordeaux, Gironde et Lande : Sites, itinéraires, culture, Lonely Planet, 2017 ; Bordelais, Landes, bassin d’Arcachon, « GEOGuide », Gallimard, 2017 ; Pays basque insolite et secret, Éditions JonGlez, 2018 ; et surtout le superbe Pays basque, « Encyclopédies du Voyage », Gallimard, 2017.

Pour plus d’informations sur la région, consultez Tourisme Nouvelle-Aquitaine.

L’auteur était en partie invité par le Comité régional du tourisme de Nouvelle-Aquitaine.