Faire bande à part
Art de vivre

Faire bande à part

Le rêve des communes des années 1960 n’est pas mort : il se réincarne aujourd’hui en de multiples versions qui attirent autant des jeunes que des retraités. Notre journaliste est allée à la rencontre de ces idéalistes.

Oubliez les communes et le free-for-all des années 1960-1970, où les hippies vivaient à 6, à 10, parfois plus, sur une terre loin de la ville, partageant des valeurs similaires — et plus si affinités.

Près de 50 ans plus tard, le concept n’est pas mort. Les regroupements — des «communautés intentionnelles», dit-on à l’ère du je-me-moi — se veulent plus réfléchis et organisés, avec des contrats, des ententes, des codes de vie signés. Mais la philosophie, elle, ne semble guère avoir changé. «Les communautés intentionnelles sont des microlaboratoires d’exploration sociale : on se crée des contextes où tout ce qui ne nous plaît pas dans la société peut être repensé», dit Marie-Cachou Trudel-Langevin, 24 ans, qui occupe avec son copain une des six chambres du «Nid», un grand appartement du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Si les sept membres du Nid ont l’air de simples colocataires, ils font cependant plus que vivre dans le même espace : ils ont un quotidien en commun. Ils partagent les tâches ménagères, mais aussi des valeurs (féministes, anarchistes, antiracistes…), décident par consensus et pratiquent la communication non violente. «Une bonne façon de réapprendre le vivre-ensemble», dit Marie-Cachou. La jeune femme, visage d’ange sous la chevelure en bataille, en est à son troisième collectif. En 2018, elle a participé à l’organisation de la Journée des communautés intentionnelles, qui a accueilli plus de 200 participants. La deuxième édition se tiendra en mai prochain à l’UQAM.

À Montréal, en Gaspésie, en Estrie, dans les Laurentides, les Bois-Francs, bref, dans la plupart des régions, on a vu apparaître ces dernières années quelques-unes de ces néocommunes.