À dollar faible, vacances au prix fort?

Il n’y a pas que les États-Unis qui risquent de s’avérer plus coûteux pour les voyageurs québécois… 

Art_de_vivre

Par les temps qui courent, le dollar canadien est à son plus bas niveau depuis 2004: depuis la semaine dernière, il s’échange autour de 0,72 $ américains. Quelles sont les conséquences de cette baisse sur les projets de vacances des Québécois? Survol.

D’abord, et c’est une évidence, les Québécois y penseront à deux fois avant de voyager aux États-Unis; inversement, les touristes états-uniens seront plus nombreux à franchir la frontière canadienne, encouragés au surplus par le renforcement de leur économie et la baisse du prix du carburant à la pompe.

Les «staycations» — les vacances prises à proximité de son lieu de résidence — étaient en hausse au pays en 2015, et la tendance se maintiendra vraisemblablement avec un dollar canadien plus faible, avance le Conference Board du Canada. Les Québécois pourraient donc être plus nombreux à privilégier des séjours au Québec, en s’accommodant comme ils le pourront des hoquets pressentis du climat.

Pour leur part, les Québécois qui avaient prévu aller dans le Sud cet hiver pourraient bien revoir leur destination.«Ceux qui séjournent normalement en Floride (ou aux États-Unis en général) risquent de choisir un pays où le dollar canadien est plus fort face aux devises locales, comme Cuba ou le Mexique, croit Joel Ostrov, président de Vision Voyages.

«Pour économiser sans trop changer leurs plans, certains vont aussi réduire la durée de leur séjour, ou choisir une catégorie inférieure d’hôtel ou de cabine de croisière, poursuit l’expert. Ils risquent également d’envisager une solution de rechange canadienne: au lieu d’aller skier au Colorado, ils préféreront Whistler ou Banff.»

Mais il n’y a pas que les États-Unis qui risquent de s’avérer plus coûteux pour les voyageurs québécois. «En tant que voyagiste, nous payons les chambres des destinations Sud en dollars américains, y compris à Cuba depuis octobre dernier, explique Sam Char, vice-président exécutif du Groupe Sunwing. Ces prestations nous coûteront donc plus cher que prévu, et le prix des voyages augmentera en conséquence.»

«Il est vrai qu’on peut s’attendre à des prix un peu plus élevés sur les forfaits Sud cet hiver, en raison du taux de change, mais ces prix demeurent néanmoins très bas: l’offre est abondante et les conditions de marché sont à l’avantage des consommateurs», croit Debbie Cabana, directrice du marketing, des médias sociaux et des relations publiques de Transat Tours Canada.

«Puisque cette année certains voyagistes canadiens ont voulu augmenter leurs parts de marché en achetant plus de sièges dans les avions et plus de chambres d’hôtel dans le Sud, ils vont peut-être même se retrouver avec des surplus qu’ils pourraient devoir écouler à bas prix», poursuit Sam Char.

Vu le temps doux actuel, les Québécois seront même éventuellement moins portés à fuir l’hiver, ce qui pourrait se traduire par d’autres forfaits invendus dans les propositions des voyagistes, et donc d’autres rabais. «Là-dessus, je ne suis cependant pas trop inquiet: même si le froid tarde à s’installer, il suffit d’une bonne tempête de neige pour que tout le monde songe à s’envoler vers le Sud!» estime Joel Ostrov.

Chez Transat, l’hiver clément ne semble pas diminuer l’envie des Québécois de mettre le cap vers les destinations soleil. «À ce titre, au départ du Canada, notre offre est supérieure de 7 % à celle de l’an passé, indique Debbie Cabana. Déjà, plus de 45 % de cette offre est vendue, les réservations sont en avance de 12 % et les taux d’occupation sont supérieurs de 2,1 %.»

Du reste, certains estiment que la baisse du prix du baril de pétrole va entraîner des rabais auprès des transporteurs aériens. Tous ne partagent cependant pas cet avis. «Pour justifier le maintien des tarifs actuels, les compagnies aériennes disent qu’elles paient le carburant en dollars américains, et qu’elles doivent compenser la baisse du dollar canadien», explique Joel Ostrov. Une réalité qui s’avérera tant que la demande des voyageurs sera là.

D’autres événements majeurs pourraient avoir un effet sur les vacances des Québécois dans le Sud, cet hiver: les attentats du 13 novembre à Paris, ainsi que la menace terroriste et les tensions qui planent autour de la Méditerranée.

«Les Européens habitués d’aller en Tunisie et en Égypte, voire en Turquie et au Maroc, vont chercher des solutions de rechange, prédit Sam Char, dont l’entreprise est associée au géant européen TUI. Ils seront donc plus nombreux à séjourner dans les Caraïbes, et comme ils s’offrent généralement des séjours de 9 à 14 jours, contrairement aux Québécois qui partent une semaine, ils risquent de mettre la main sur les meilleurs hôtels et ne laisser que des miettes à ceux qui tarderont à réserver…»

 

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5 commentaires
Les commentaires sont fermés.

depuis un an le pétrole à baiser de 78% même avec un dollar CDN de moins de 30% de baise , faite le calcul

De « baise »??? Vous y êtes allé un peu fort sur la bibine à Noël?

Sérieusement…il n’y a pas que le pétrole qui influence la valeur de notre dollar.

http://www.canada.com/business/money/canadian+dollar+could+sink+cents+bond+with+grows+world/11612319/story.html?__lsa=9f07-7143
Il pourrait descendre à 68 cennes. Une monnaie de singe le CAD

Where the price of oil goes, so goes Canada’s dollar.

No other major currency is as closely tied to the value of its key commodity export as the loonie is to crude right now. The correlation between the Canadian dollar and the benchmark West Texas Intermediate oil price is about 0.56, meaning the two have a strong positive relationship. That’s the closest association among 16 of the world’s most-traded currencies including the Australian and New Zealand dollars, Norway’s krone and Brazil’s real.

http://www.canada.com/business/money/canadian+dollar+could+sink+cents+bond+with+grows+world/11612319/story.html?__lsa=9f07-7143

Je me souviens que lorsque le prix du pétrole ainsi que notre dollar étaient élevés, nos séparatistes parlaient de la « maladie du Hollandais » et tentaient de nous convaincre de nous séparer du Canada et ainsi mettre le Québec à l’abri de cette « maladie » qui « détruisait l’économie du Québec ».

Depuis que notre dollar s’est affaibli et que presque tout nous coûte très…très cher, surtout nos aliments, silence radio de leur part…

C’est vrai que l’économie n’est pas leur force…

Depuis quelques années les hôteliers de vacances au Mexique et en Amérique centrale fixent le prix des hôtels en dollars US et si on veut payer en monnaie locale, ils font la conversion à partir de leurs prix en USD… Donc ces destinations ne sont pas nécessairement moins chers, du moins pour l’hébergement. Pour ceux qui veulent un hiver moins difficile mais en ayant quand même accès aux centres de ski, la région de Vancouver et le sud de l’île de Vancouver (Victoria – Comox-Courtenay) où les prix sont en dollars canadiens et le climat est agréable malgré la pluie occasionnelle (il y a des fleurs à l’année à Victoria… et bien des gens aiment aller observer les tempêtes du Pacifique sur la côte ouest de l’île à Tofino-Ucluelet).