Ai-je le droit de demander le statut de vaccination des enfants que ma fille fréquente ?

Je m’appelle Mathieu Charlebois et chaque mois, je réponds à vos grands questionnements existentiels.

Vous avez le droit. La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez peut-être même pas à le demander : les antivaccins sont rarement discrets.

Au Texas, par exemple, des militants antivaccins ont commencé à porter une étoile jaune, pour faire un parallèle entre la discrimination qu’ils disent subir et le sort des Juifs dans l’Allemagne nazie. C’est une idée qui mélange habilement le mauvais goût, le manque de jugement et le risque de mourir d’une maladie d’un autre siècle.

Un tour sur le profil Facebook des parents a donc de bonnes chances de vous donner votre réponse, sous la forme d’articles clamant que manger 32 melons d’eau par jour peut guérir le diabète, mais que l’industrie pharmaceutique ne veut pas qu’on le sache.

Vient ensuite la vraie question : que faire de cette information ? Voulez-vous vraiment expliquer à votre enfant que vous aimeriez mieux la voir lécher un poteau dans le métro que de la laisser jouer avec son amie Alice ? « De toute façon, Alice va probablement mourir bientôt », ce ne sont pas des paroles particulièrement réconfortantes.

La solution idéale pour tous, ce serait de convaincre les parents du bien-fondé de la vaccination. Tout un défi, à une époque où la désinformation se répand aussi facilement que la rougeole. (Saviez-vous qu’on peut attraper la rougeole simplement en étant dans une pièce où une personne contagieuse est passée récemment ? Avant les médias sociaux, c’est ce qu’on voulait dire par « c’est viral ».)

Au lieu d’en appeler à la science, misez plutôt sur la propension de l’antivaccin à se méfier des institutions. Présentez-lui un complot où « ils » ont intérêt à ce que certains parents ne vaccinent pas leurs enfants. Ne voit-il pas qu’« ils » veulent nous diviser ? Ne voit-il pas que pendant qu’on débat des vaccins, « ils » nous en passent de petites vites ?

Bref, injectez l’antivaccin d’un peu de théorie du complot, afin de le protéger des théories du complot. Si ça marche pour la polio…

Si on appelle pour prévenir qu’on sera en retard, est-ce que ça excuse notre retard ?

Ça montre qu’on se soucie des répercussions de notre retard, ce qui est déjà pas mal, mais c’est tout. Le pardon, c’est à l’autre de décider s’il nous l’accorde ou pas.

Vous l’obtiendrez sans doute la première fois. Peut-être aussi la deuxième. Au troisième retard, par contre, on commencera à comprendre que ce n’est pas le métro toujours en panne ou les « eh ! je vous dis, le trafic, hein ? » le problème. Le problème, c’est vous.

Il n’existe pas de carte « Sortez de prison sans frais » pour les retards. Le monde ne tourne pas autour de vous et de votre fuseau horaire personnel. Je pourrais épiloguer longtemps sur le manque de respect des retardataires. Je pourrais, mais je devais remettre ce texte hier et les réviseurs de L’actualité me regardent d’un air mauvais, alors ce sera pour une autre fois.

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