Se remet-on d’une peine d’amour quand on a perdu l’homme ou la femme de sa vie ?

Je m’appelle Mathieu Charlebois et chaque mois, je réponds à vos grands questionnements existentiels.

Illustration : Stéphanie Aubin

« Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours », chantait le poète. Et c’est vrai. Quelque part, je suis encore amoureux de Caroline, ma première blonde. C’était en 5e secondaire. Caro était une gothique qui aimait le noir et les orages. Elle écrivait son nom « Carolyne », avec un y, parce que « le y fait comme un éclair ». Je ne sortirais plus avec elle, mais je l’aime encore.

Attardons-nous un instant à l’expression « femme/homme de ma vie ». Elle sous-entend qu’il n’y a qu’une seule personne pour nous… mais aussi qu’on n’a qu’une seule vie. C’était peut-être vrai à l’époque où le paysan moyen perdait toutes ses dents avant 22 ans et mourait de la peste au milieu d’un champ de navets à l’âge avancé de 35 ans. Est-ce encore vrai aujourd’hui ? 

L’humain de 2020 multiplie les vies. Il collectionne les métiers et les employeurs. Il déménage souvent. Et il peut passer l’équivalent d’une vie de paysan du Moyen Âge avec la même personne, avant d’aller vivre « des rapprochements » avec quelqu’un d’autre, pour parler comme dans Occupation double.

Cette personne que vous avez quittée était-elle l’homme ou la femme de votre vie ? Oui. C’était la personne de votre vie à ce moment-là.

Les séparations sont des périodes charnières. On en sort toujours transformé. Ça fait partie du contrat : d’abord on pleure et notre appartement est un dépotoir à mouchoirs, puis on se transforme et on revit.

On aime encore, on va aimer toujours, mais c’est une ancienne version de nous qui aime une ancienne version de l’autre, et avec le temps c’est beaucoup plus facile à vivre. Sinon, imaginez comment Mathieu-de-2020 serait gêné d’aimer une Carolyne-avec-un-y.

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Je suis toujours gênée d’aller au restaurant toute seule. Pourquoi est-ce si mal vu d’être assise en solo à une table ?

Selon une étude scientifique menée par l’Université du J’ai-posé-la-question-sur-Facebook, il existe deux types de personnes : les gens qui ADORENT manger seuls au resto, et ceux qui aimeraient mieux mourir de faim que d’avoir l’air de Rémi sans famille au Toqué !

Ces derniers ont souvent eu une relation difficile avec la nourriture au cours de leur vie. Pour citer mon amie Manal, « pour aimer manger seul en public, il faut soit faire partie du groupe qui ne se fait pas juger sur ce qu’il mange, soit se foutre du regard des autres ».

Or, quand on y pense, ceux qui jugent les autres au restaurant… ce sont les personnes seules ! Elles n’ont que ça à faire en attendant leur assiette, alors elles zieutent autour, espionnent les conversations et jugent ce que le voisin a choisi pour souper. 

N’ayez pas peur d’être seule à table. Ayez plutôt peur de ceux qui le sont. 

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