Bien plus que des bulles !

Quasi marginale jusqu’à tout récemment, la production de vins effervescents se pratique maintenant dans la plupart des régions viticoles du Québec. La chroniqueuse Nadia Fournier en présente trois.

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Photo : Getty Images

Il y a quelques années, la SAQ avait convié plusieurs chroniqueurs en vins à rencontrer une poignée de vignerons du Québec, histoire de déguster le fruit du travail accompli, mais aussi d’échanger sur les forces et les faiblesses de l’industrie, ses perspectives d’avenir, etc.
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Je me souviens que, à l’époque, quelques-uns de mes collègues et moi-même avions suggéré aux vignerons présents — pour ne pas dire les implorer — de tenter l’expérience des vins effervescents. Cinq années plus tard, j’ai l’impression que nos souhaits sont en voie d’être exaucés.

Quasi marginale jusqu’à tout récemment, la production de vins effervescents se pratique maintenant dans la plupart des régions viticoles du Québec. Pourtant, l’idée coule de source lorsqu’on sait que l’acidité joue un rôle primordial dans l’équilibre de ces fines bulles et que, avec son climat frais, la Belle Province est plutôt bien servie en matière d’acidité.

Ève Rainville et Marc Théberge, du Domaine Bergeville, croient farouchement au potentiel des vins issus de la méthode traditionnelle — autrefois appelée méthode champenoise — au Québec. Comme une profession de foi viticole, le couple a donc choisi de s’y consacrer exclusivement lorsqu’il s’est établi à North Hatley, dans les Cantons-de-l’Est. Aucun vin de glace ni de vin tranquille au Domaine Bergeville. Élaborés dans les règles de l’art, les trois vins mousseux — un blanc, un rosé et… un rouge ! — de leur premier millésime laissent entrevoir un avenir plus que florissant pour leur vignoble et, de manière générale, pour ce pan encore sous-exploité du terroir québécois.

Pour vous initier à cette effervescence toute boréale, voici trois suggestions de vins originaux au rapport qualité-prix tout à fait honnête.

Château de Cartes, Rosé 2012

(12357453 ; 30 $)

Élaboré par Stéphane Lamarre à Dunham selon la méthode traditionnelle, ce vin, vendu à la SAQ, est issu essentiellement de sainte-croix. Jolie couleur saumon, bon équilibre et tenue notable ; délicatement vineux et brioché, et surtout très sec (trois grammes de sucre par litre). Le nez est relevé, singulier et attrayant. Très belle réussite dans la catégorie des effervescents rosés.

Domaine Bergeville, Blanc 2012, brut

(30 $ — à la propriété)

Pour produire des vins fins, vibrants et équilibrés, Ève Rainville et Marc Théberge ont choisi de cultiver leur vignoble selon les principes de la biodynamie. Issu de frontenacs blanc et gris de la vendange 2012, ce mousseux blanc est élevé sur lies pendant plusieurs mois et peu dosé (quatre grammes de sucre par litre), ce qui permet d’apprécier toute la pureté du fruit et la finesse de la bulle. Finale savoureuse aux goûts de fleurs, de poire, de lime et de pain grillé.

Orpailleur, Brut

(27 $ — à la propriété)

Premier domaine viticole d’importance au Québec, l’Orpailleur élabore un très bon vin effervescent, lui aussi selon la méthode traditionnelle. Vif et vibrant, avec de fines saveurs de pomme verte et de citron. Judicieusement dosé, juste assez pour tempérer la vigueur du cépage seyval sans sacrifier son caractère désaltérant.

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À propos de Nadia Fournier

Chroniqueuse vin à la télévision et pour le magazine L’actualité, Nadia Fournier collabore également depuis 2007 au Guide du vin Phaneuf, un best-seller annuel. On peut la suivre sur Twitter : @NadiaFournier.

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