Chardonnay : chercher la fraîcheur

On connaît le Festival de la gibelotte ou de la galette de sarrasin, mais saviez-vous qu’il existe un Festival du chardonnay ? Aussi : trois suggestions de la chroniqueuse vin Nadia Fournier.

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Photo : Getty Images

Du 18 au 20 juillet 2014, la péninsule du Niagara accueillera la quatrième International Cool Climate Chardonnay Celebration (i4c), un rassemblement international de vignerons qui se consacrent à la mise en valeur du cépage chardonnay sous des climats frais.
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Le chardonnay est l’un des cépages les plus multifacettes qui soient. De Chablis, en France, où il traduit la minéralité proverbiale de l’appellation, jusqu’à la vallée centrale californienne, où il revêt une allure plus enrobée, le chardonnay — entendre « tchar-donné » avec l’accent américain — offre un monde de saveurs et de textures.

Mais ce croisement de pinot et de gouais blanc n’atteint des sommets de complexité que lorsqu’il est cultivé dans des zones tempérées. En fait, l’histoire a prouvé que les vins fins et subtils provenaient de régions où le climat n’avait rien d’excessif. Juste ce qu’il faut de chaleur pour que le raisin mûrisse lentement. Dans les régions torrides, le mûrissement rapide du fruit se traduit par une générosité en alcool, souvent au détriment de la subtilité et de la complexité. Voilà pourquoi la Bourgogne donne des chardonnays infiniment plus fins que ceux de la péninsule de Basse-Californie, au Mexique.

Et pourquoi avoir choisi de célébrer le chardonnay ? Parce que de tous les cépages cultivés dans la péninsule du Niagara, le chardonnay est certainement le plus fédérateur et le plus prometteur. Déjà considérés par nombre de prescripteurs internationaux comme les nouvelles stars viticoles canadiennes, les vins de chardonnay sont les seuls qui, à Niagara, font preuve d’une personnalité distinctive et affirmée.

En plus des quelque 24 producteurs locaux, la rencontre réunira une trentaine de vignerons de divers horizons, depuis la Colombie-Britannique jusqu’à la Tasmanie en passant par la Bourgogne, le Chili et la côte ouest américaine. Comme avant-goût de la programmation, voici trois beaux exemples de chardonnays produits chez nos voisins ontariens.

Norman Hardie

Chardonnay 2010, Niagara Peninsula (11638501 ; 38,75 $)

En plus des cuvées de Prince Edward County, le sommelier Norman Hardie élabore quelques vins dans le secteur de Niagara, dont ce chardonnay qui conjugue dans d’heureuses proportions la minéralité caractéristique des meilleurs vins de la région et la vinosité attribuable à l’élevage et à la générosité du millésime 2010. Bel équilibre. À boire au cours des trois prochaines années.

Le Clos Jordanne

Chardonnay 2009, Village Reserve, Niagara Peninsula (11254031 ; 31,25 $)

L’œnologue bourguignon Sébastien Jacquey continue de mener avec rigueur ce domaine appartenant maintenant au géant Constellation. Même le chardonnay courant a une identité qui va au-delà des simples arômes du cépage. Sec, franc de goût, suffisamment vineux et doté d’une trame minérale qui, conjuguée à une saine acidité, donne au vin une tenue en bouche digne de mention.

Tawse

Chardonnay 2011, Niagara Peninsula (11039736 ; 23,20 $)

Amoureux de la Bourgogne, Moray Tawse profite des conseils du Québécois Pascal Marchand, anciennement du domaine de la Vougeraie, à Nuits-Saint-Georges. Dans une bouteille à capsule vissée, ce vin offre une expression variétale, mais très franche, du chardonnay. Pas de parfum boisé envahissant, mais des saveurs nettes de fruits blancs. À boire entre 2014 et 2016.

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À propos de Nadia Fournier

Chroniqueuse vin à la télévision et pour le magazine L’actualité, Nadia Fournier collabore également depuis 2007 au Guide du vin Phaneuf, un best-seller annuel. On peut la suivre sur Twitter : @NadiaFournier.

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