Chronique vénitienne

Une sélection de valpolicella pour les amateurs de vins plutôt légers et faciles à boire, faits dans les règles de l’art.

Vignoble vénitien
Photo: S. Lubenow/Alamy

Tout buveur de vin connaît le nom « valpolicella ». Pas besoin d’être un expert, ce rouge est au vin italien ce que la pomme de terre est aux légumes : hyper-consommé, mais peu valorisé. Vous en avez probablement bu à quelques reprises, sans en garder de souvenirs bien précis, sinon celui d’un petit rouge léger, souvent insipide.

C’est que, depuis la fin des années 1960, les grandes entreprises de cette appellation qui s’étend au nord de la ville de Vérone ont amorcé un virage commercial, multipliant les rendements de la vigne par deux, sinon par trois.

En parallèle, alors que la planète éclusait des tonnes de ces vins dilués et bon marché, l’amarone prenait du galon. De curiosité locale relativement inconnue en dehors de la Vénétie, ce vin issu de raisins partiellement déshydratés est devenu la boisson de prédilection des amateurs de sensations fortes. Et comme les deux vins — valpolicella et amarone — partagent la même zone d’appellation, le succès de l’un se fait systématiquement au détriment de l’autre. Ainsi, de 2005 à 2013, la production annuelle de valpolicella est passée de 41 à 19 millions de bouteilles. Une chute de 50 % en moins de 10 ans !


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Malmené par une production industrielle et par la vogue de l’amarone, le valpolicella a pourtant tout pour séduire la nouvelle génération de buveurs, souvent amateurs de vins plutôt légers et faciles à boire. De plus en plus de vignerons véronais l’ont compris (heureusement !) et consacrent désormais une partie de leur récolte à l’élaboration de cuvées de valpolicella « tout court ». Des vins simples, mais faits dans les règles de l’art, qui ressemblent un peu à ceux du Beaujolais : coulants, gouleyants, joliment fruités et pleins de vitalité.

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Voici deux bons exemples de valpolicella fidèles à leurs origines et dignes de leur nom. Tout frais et parfaits pour profiter des derniers beaux jours de l’été !

Marion, Valpolicella 2014, Borgo Marcellise (12328311 ; 20,65 $)

Renfermant à peine 12,5 % d’alcool, gourmand, juteux et misant à fond sur l’expression fruitée des cépages locaux corvina et rondinella, ce valpolicella « tout court » a de la tenue en bouche. Les goûts de fruits rouges sauvages sont ponctués de notes d’herbes séchées, qui apportent une fraîcheur aromatique et laissent en finale une impression drôlement rassasiante.


Zýmé, 
Valpolicella 2015, Rêverie (12328417 ; 21,95 $)

Celestino Gaspari signe un très bon valpolicella dont le parfum de raisins frais exerce un charme immédiat. Lui aussi tout léger (11,5 % d’alcool), mais loin d’être insipide, ce vin regorge de saveurs de fruits acidulés et fait preuve d’une longueur appréciable et de beaucoup de caractère. À boire dès maintenant, en n’oubliant pas de le servir frais.

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