Comment les médias sociaux ont tué la carte postale

Quand je pars seul en voyage, j’envoie toujours deux cartes postales: l’une à mon fils, l’autre à ma fille, et ce depuis qu’ils sont nés.

D’une part, ça me permet de marquer une pause, de faire le point sur une partie de mon séjour et de trouver une façon originale de partager un pan de mon périple avec les miens.

D’autre part, c’est ma façon de prouver à mes rejetons que j’aimerais qu’ils voient ce que je vois… tout en leur léguant une belle collection de souvenirs.

Mais quand ils seront ados – et peut-être même bien avant -, peut-être n’auront-ils plus rien à cirer de toutes ces délicates attentions.

D’après un sondage récemment mené par Skyscanner, à peine 6 % des voyageurs continuent d’envoyer une carte postale traditionnelle à leurs proches. Désormais, la grande majorité de ceux qui partent à l’étranger utilisent davantage les réseaux sociaux pour garder le contact.

Pour ce faire, 26 % des répondants disent utiliser Facebook, 24 % envoient des messages textes, 14 % préfèrent parler de vive voix au téléphone, 9 % utilisent Skype et 5 % se rabattent plutôt sur Instagram ou Pinterest. Enfin, 2 % des répondants « twittent » régulièrement des comptes-rendus de voyage alors que 14 % des voyageurs ne donnent aucun signe de vie, pour toutes sortes de raisons.

Parmi ceux qui utilisent les réseaux sociaux, 23 % le font à tous les deux ou trois jours, 17 % se commettent quotidiennement et 11 % se manifestent une fois par semaine. Les plus frénétiques se rapportent même deux fois (6 %), voir plusieurs fois (4%) par jour.

Parmi les raisons qui expliquent la suprématie des réseaux sociaux, signalons la rapidité et l’instantanéité de pouvoir les utiliser par l’entremise de son téléphone multifonctions ou d’une tablette numérique, la possibilité d’être créatif tout en gardant ses proches au fait de ses voyages, et bien sûr la capacité de rejoindre des centaines, voire des milliers de destinataires, ce que ne permettent évidemment pas les cartes postales de carton.

Bref, celles-ci n’ont pas fini de jaunir au soleil sur les présentoirs du monde, et ce n’est pas demain la veille que les facteurs seront contraints de faire du temps supplémentaire…

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Pauvre carte postale ! Je continue d’en envoyer (et d’en recevoir) et l’effet est toujours très agréable – d’en recevoir comme d’en envoyer, d’ailleurs… Quand je suis en reportage à l’étranger, j’envoie toujours à mon fils Stéphane, et depuis des années, des cartes postales avec le même texte : « D. M. » (pour « dur métier »).
J’ai vu récemment de vieilles cartes postales françaises du début du 20e siècle (autour de 1910), dont le texte se lisait comme suit ou à peu près : « Cher X, j’arriverai cet-après-midi par le train de 18 h. » Presque un télégramme ! La carte avait été envoyée tôt le matin (d’un endroit pas très éloigné sans doute) et livrée lors la 2e tournée du facteur, qui devait en faire une le matin, une autre l’après-midi…
Pauvre carte postale d’aujourd’hui… et pauvre services postaux…

je n’envoie malheureusement plus de cartes postales, mais il y a encore quelques années je demandais à mon fils d’en écrire à sa grand-mère quand nous étions en voyage. J’ai envoyé les dernières il y a 4 ans lors d’un séjour au Vietnam. Elles étaient adressées à ma mère alors très malade. Cette dernière m,avait transmis cette habitude, elle-même en expédiant systématiquement à la famille et aux amis à chaque vacances… Sinon, dans ma jeunesse j’habitais à Paris et c’est exact que le courrier nous était délivré 2 fois par jour (vers 11 heures et 17 heures) et même le samedi matin! maintenant, on parle de ne livrer le courrier qu’un jour sur 2. Facteur n’est vraiment plus un métier d’avenir!