Costa Rica : chronique d’une journée ordinaire à Nosara

À l’horaire du blogueur Gary Lawrence et de sa famille : des singes hurleurs, quelques plages… et même une rivière à traverser (ou pas) en 4 x 4 !

Art_de_vivreDimanche matin, comme tous les matins depuis plusieurs jours, je me suis réveillé au son du cri rauque des singes hurleurs, bien plus exotique que celui des sempiternels coqs de basse-cour.

©Gary Lawrence
Photo : ©Gary Lawrence

Puis, en ouvrant les rideaux de notre pied-à-terre de Guiones — petit village de surfeurs et d’adeptes de yoga de la région de Nosara, sur la côte Pacifique du Costa Rica —, j’ai eu envie d’aller virailler un brin dans les environs.

«Et si on allait à Playa Samara ? Ce n’est qu’à 24 km, et il paraît que la plage est super !» dis-je à ma troupe.

Mais dans la péninsule de Nicoya, où est située Nosara, on calcule les distances en heures plutôt qu’en kilomètres, surtout le long du littoral. Les routes y sont asphaltées par intermittence et, par endroits, elles semblent avoir été la cible d’une pluie de météorites. Tellement que certains des nids-de-poule qui les criblent sont si grands que des tapirs pourraient s’y tapir.

©Gary Lawrence
Photo : ©Gary Lawrence

En cette saison des pluies, il y a cependant bien pire que le louvoiement sur une route défoncée : selon le degré des précipitations, le niveau de certaines rivières monte, monte et monte encore, coupant parfois les routes en deux. C’est ce qui est arrivé avec le río Buenavista — que nous avons rebaptisé «río Bruno», vu la couleur de ses eaux. Pas question de traverser ça sans savoir ce qu’il y a en-dessous.

©Gary Lawrence
Photo : ©Gary Lawrence

Tout juste après avoir rebroussé chemin, nous avons croisé un gros 4 x 4, qui se dirigeait vers le río Bruno. «Vous croyez qu’on passerait avec notre camion-jouet ?» ai-je demandé à la vieille conductrice et à ses trois gros chiens. «Suivez-moi, je vais vous montrer par où passer», a-t-elle répondu en français, avec un bel accent du Midi.

Mais en entendant le «bloubloubloublou» de son pot d’échappement sous l’eau, et en voyant à quel point la grosse camionnette s’enfonçait dans la rivière, j’ai préféré m’abstenir. «Si jamais vous voulez essayer, sachez que les crocodiles sont plus haut, en amont !» de signaler la gentille dame. On en prend bonne note.

©Gary Lawrence
Photo : ©Gary Lawrence

En retournant vers Guiones, nous recroisons bientôt une famille qui marche au milieu de nulle part, sur la route poussiéreuse. «Bonjour, y a-t-il une plage digne de ce nom dans les environs ?» demande-je au père, qui arbore en permanence un sourire grand comme ça. Il nous suggère Playa Quelquechose, deuxième route boueuse à gauche, devant la quincaillerie au coyote hurleur. Il en profite pour nous dire qu’il vient de Colombie-Britannique ; que lui, sa femme et ses deux enfants de 8 et 10 ans sont partis pour un périple de 12 ans autour du globe ; et qu’il gère ses entreprises à distance. Y en a qui ont une de ces chances…

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Photo : ©Gary Lawrence

Un peu plus loin, nous repassons devant Playa Garza, une immense plage en forme de croissant, où dodelinent une douzaine de bateaux de pêcheurs ancrés au large. En tout et pour tout, il doit y avoir… deux personnes en train de se baigner, dans un rayon de quelques kilomètres. «T’imagines ? En plus, c’est dimanche, le soleil tape dur, et on crève de chaleur», fais-je remarquer à ma moitié. Même au plus fort de la fin de semaine, même sur la plus fréquentée des plages, on ne marche jamais sur la serviette des autres dans la péninsule de Nicoya.

Quand la marée est bien basse, on peut même rouler en voiture sur le sable durci sans déranger personne, dans le secteur sud de l’interminable et admirable Playa Guiones. Et contrairement à Daytona Beach et à New Smyrna Beach, en Floride, on n’est ici confronté à aucun bouchon de circulation.

©Gary Lawrence
Photo : ©Gary Lawrence

Mais la route et les rencontres, ça creuse. Cap sur le Olga’s Beach Bar, que nous avons repéré quelques jours plus tôt, à Playa Pelada. Juste avant d’y arriver, une quinzaine de vautours se disputent une carcasse, dans les buissons du bord de la route. «Euh, j’espère que ce ne sont pas les restes du resto», de s’inquiéter la mère de mes enfants.

Vérification faite, les ceviche, salade d’avocat et doigts de poulet sont impeccables, dans ce petit boui-boui de bord de plage fréquenté par une jolie galerie de personnages, et autour duquel gravitent plusieurs familles venues des environs.

©Gary Lawrence
Photo : ©Gary Lawrence

Plus loin, des ados jouent au soccer sur la plage, un papa-poule lance sa fillette dans les grosses vagues, et des enfants se laissent éclabousser par les immenses gerbes d’eau que crée la mer en se fracassant sur les récifs.

Gary
Photo : Gary Lawrence

Voilà cependant que le ciel s’obscurcit, et pas qu’un peu, vers le milieu d’après-midi de cette saison des pluies. Nous plions bagage et rentrons nous réfugier dans notre lumineux condo, dont la moitié du périmètre est vitrée.

©Gary Lawrence
Photo : ©Gary Lawrence

En plus de nous donner l’impression de vivre dehors en permanence, celui-ci forme aussi un excellent cadre pour s’adonner au storm watching. Car des trombes d’eau s’abattent maintenant sur la forêt tropicale environnante, de l’autre côté des parois de verre.

Aujourd’hui, nous n’irons donc pas profiter de la piscine, nichée en contrebas, dans un foisonnant écrin de verdure. Mais avec un peu de chance, ce sera pour demain après-midi, comme on le fait tous les après-midis depuis plusieurs jours, en écoutant les singes hurleurs s’éclaircir la voix.

©Gary Lawrence
Photo : Gary Lawrence

À savoir
La région de Nosara est située à environ une heure de route de Nicoya, dans la péninsule du même nom, et à environ deux heures de Liberia, où se trouve un aéroport international. Plus on se rapproche de la côte, plus on s’éloigne de la civilisation, et plus les routes sont cahoteuses. C’est un mal pour un bien : ce n’est pas demain la veille que les touristes débarqueront à Nosara par autocars entiers.

Pour séjourner dans les environs, plusieurs petits établissements à échelle humaine ont vu le jour, comme le Harmony Hotel, membre de l’excellente chaîne écolosensible Cayuga Collection. Sur Airbnb, on trouve également de très bonnes adresses, comme ce condo, dont nous avons négocié le tarif à la baisse (95 dollars américains de moins que le prix quotidien demandé de 244 dollars américains), en réservant une fois sur place, deux jours à l’avance.

D’innombrables petits restos ont également essaimé dans la région, comme le Olga’s Beach Bar, le Beach Dog Café (tenu par Mike, un Canadien originaire de Windsor, en Ontario), le Tacos Tacos et le Café Luna, dans un registre plus chic.

La location de voiture n’est pas à la portée de toutes les bourses au Costa Rica, mais en traitant avec le sympathique et efficace réseau solidaire francophone Tout Costa Rica, on peut s’en sortir à moindre coût.

Pour plus d’infos sur Nosara et la péninsule de Nicoya, cliquez ici.

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Le blogueur Gary Lawrence parcourt présentement le Costa Rica en famille. Il relatera plusieurs de ses expériences ici, au cours des prochaines semaines.

 

 

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