Des livres pour voyager sans bouger

Que ce soit pour offrir en cadeau ou pour partir vers d’autres ailleurs par procuration, voici cinq ouvrages qui valent tous leur pesant de pages.

101 sites exceptionnels à voir sur Terre

D’abord, il y eut les Sept merveilles du monde des anciens Grecs puis, plus récemment, les Sept nouvelles merveilles. Un peu moins d’une décennie plus tard, Lonely Planet dévoile sa propre liste en l’élargissant considérablement et en touchant chacun des continents du globe. Difficile exercice que celui-là, et il va sans dire que cette énumération de « trésors » d’origine tantôt naturelle, tantôt humaine sera loin de faire l’unanimité.

De grands classiques ou des sites archiconnus (le Grand Canyon, le grand canal de Venise, la Grande Muraille de Chine…) y côtoient des lieux moins communs (la place Naghch-e Djahan à Ispahan, en Iran, les ponts de racines du Meghalaya, en Inde, ou Calakmul, au Mexique). La liste inclut aussi des musées (le Rijksmuseum, l’Ermitage et le Louvre), une bibliothèque (Clementinum, à Prague), un institut (Smithsonian…), un continent entier (l’Antarctique, étrangement devenu ici sud-américain) et trois sites canadiens (le lac Louise, les chutes du Niagara et les îles Haïda Gwaïi).

D’autres choix demeurent pour le moins surprenants (le port de New York, le Lagon bleu de Reykjavik et le village fantôme namibien de Kolmanskop, vraiment ?), surtout si on les mesure à l’aune de ces remarquables oubliés que sont le Krak des Chevaliers (Syrie), le désert blanc d’Égypte ou les temples de Bagan (Myanmar). Cela dit, il faut saluer plusieurs inscriptions sur cette liste : la Sagrada Família de Barcelone, les bouches de Kotor (Monténégro), la cathédrale Saint-Basile de Moscou, le temple d’Abou Simbel (Égypte) et le Temple d’or d’Amritsar (Inde), pour ne nommer qu’eux.

Évidemment accompagné de photos bien léchées, l’ouvrage compte enfin des détails pratiques pour aider les voyageurs à planifier leur séjour ainsi que des itinéraires à envisager, une fois sur place.

Les 101 merveilles du monde – Les trésors de la planète à portée de tous les voyageurs, collectif, Lonely Planet, 2019, 368 p., 46 $

Le meilleur de l’Hexagone

Particulièrement agréable à feuilleter, ce lourd bouquin à l’alléchante mise en page et au graphisme bigarré dévoile une infinité d’aspects de la France en les regroupant non pas par régions, mais par thématiques. Celles-ci vont des parcs nationaux ou régionaux, itinéraires cyclables et routes scéniques jusqu’aux marchés, brasseries, routes des vins, ports pittoresques et plus beaux villages, en passant par les châteaux forts et abbayes, jardins, virées urbaines (ou city trips, en bon français de France dans le livre) et autres épatants panoramas. À chaque page, on saute d’une région à l’autre dans un perpétuel va-et-vient constellé de trouvailles, connues ou pas, et on en vient encore une fois à se dire combien une vie ne suffirait pas à découvrir tout ce que ce pays, le plus visité du monde, a à offrir. Dans la même collection, on trouve par ailleurs deux autres ouvrages, parus l’an dernier : l’un sur l’Italie, l’autre sur les road trips.

Voyages France, collectif, Guide du Routard, Hachette, 2019, 384 p., 50 $

Épopée écolo en Amérique du Sud

La plus vaste forêt (en Amazonie), le plus grand fleuve (l’Amazone), la chaîne de montagnes la plus longue (les Andes), le désert le plus aride (l’Atacama) et la terre la plus australe (Terre de Feu) : l’Amérique du Sud est, sans contredit, un continent de superlatifs, mais aussi d’extrêmes. Le journaliste Alfred de Montesquiou (prix Albert-Londres 2012) l’a traversé d’est en ouest et du nord au sud, pour les fins de reportages diffusés sur la chaîne ARTE, avant d’en tirer un ouvrage richement pourvu en images et en réflexions. Plus qu’un beau livre et qu’un récit de voyage engagé, celui-ci forme une sorte d’enquête écologique sur les méfaits subis par une planète meurtrie par l’activité humaine et les changements climatiques. Entre la « gangrène qui ronge la forêt amazonienne », les glaciers menacés de dissolution, les témoignages de scientifiques et des peuples amérindiens, la désertification rampante, la prolifération des bidonvilles et « l’injustice sociale corollaire de l’injustice écologique », l’auteur amène le lecteur à se demander quelle est la véritable place de l’humain sur cette Terre de moins en moins verte, de plus en plus menacée.

Sur la route des extrêmes – Une traversée de l’Amérique du Sud, par Alfred de Montesquiou, Gallimard, 2019, 256 p., 57 $

Pourquoi voyager ?

Le voyage est devenu une réalité beaucoup trop importante pour beaucoup trop de gens pour qu’on se permette, désormais, de mettre les bouts sans trop se poser de questions. Et des questions, Marie-Julie Gagnon en a à revendre et à revendre aux autres. Forte d’un vaste réseau de contacts liés au tourisme et d’une infatigable propension à bosser, cette autrice, journaliste et blogueuse voyage a colligé le meilleur de dizaines d’entrevues menées auprès de voyageurs aux horizons et aux intérêts variés, mais aussi auprès d’experts, qu’ils soient psychologues, professeurs ou gourous du marketing. Il en résulte un amalgame fouillé de réflexions et d’observations — y compris celles de l’autrice, après 25 ans de bourlingue professionnelle — ou à peu près tous les aspects et enjeux du voyage sont abordés : les raisons qui poussent à partir, l’influence et les conséquences des départs, le choc (ou les bienfaits) du retour, l’impact des réseaux sociaux, les pour et contre de certaines formes de tourisme, les éternels débats, le flygskam (la honte de prendre l’avion) et autres résultantes, bonnes ou mauvaises, du tourisme contemporain. À lire avant de (re)partir ou au retour, pour voyager toujours un peu mieux.

Que reste-t-il de nos voyages? — Réflexions pour aller plus loin, par Marie-Julie Gagnon, Éditions de l’Homme, 2019, 264 p., 27 $ (21 $ en format numérique).

Voyager dans l’histoire

Ceci n’est pas à proprement parler un livre de voyage — enfin un peu, mais de voyage dans le temps. Succession d’images commentées et justement décrites, ce fort bel ouvrage fait parcourir à la fois le monde et l’histoire à travers 200 photographies croquées entre 1850 et 1960, jadis monochromes et par la suite colorisées grâce aux bons soins d’une experte mondiale en la matière. Chacune d’elles fait revivre un élément historique marquant et « devient un tableau saisissant de vérité […] qui acquiert une dimension presque troublante et propose un panorama inédit » sur cette époque. Que ce soit par des clichés portant sur des personnages célèbres (Napoléon III, Soljenitsyne, Sarah Bernhardt, Sitting Bull, la reine Victoria…) ou sur des événements-charnières (les guerres de l’opium, la Commune de Paris, la grande famine de Russie, les essais nucléaires de Bikini…), l’ouvrage se parcourt rondement, comme un long périple historique qui « rend son éclat à un monde délavé ».

La Couleur du temps — Nouvelle histoire du monde en couleurs — 1850-1960, par Dan Jones et Marina Amaral, Flammarion Québec, 432 p., 50 $

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