Des photos qui peuvent sauver des vies

TraffickCam permet de prendre des photos de sa chambre d’hôtel et de les téléverser dans une base de données nationale. Les enquêteurs peuvent par la suite effectuer des recoupements avec des photos mises en ligne par les trafiquants.

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Crédit: Pexels

Prendre une photo de sa chambre d’hôtel peut-il contribuer à enrayer le trafic d’êtres humains, enrôlés contre leur gré dans des réseaux de prostitution? Oui, si l’on en croit Exchange Initiative, un organisme qui vise à combattre l’exploitation sexuelle des jeunes.

En collaboration avec des chercheurs du Media and Machines Lab, de l’université Washington de St. Louis, Missouri, Exchange Initiative a récemment lancé TraffickCam, une appli gratuite qui permet de prendre des photos de sa chambre d’hôtel avec un téléphone et de les téléverser dans une base de données nationale.

Ces images géolocalisées sont préalablement étiquetées et accompagnées de descriptifs (couleur du tapis et des rideaux, détails sur le mobilier, etc.) avant d’être intégrées dans une banque de photos qui en compte déjà 1,5 million, prises dans 145 000 hôtels des États-Unis. Grâce à un algorithme spécial, les enquêteurs peuvent par la suite effectuer des recoupements avec des photos mises en ligne par les trafiquants.


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Ceux-ci « publicisent » souvent de la sorte les « services » de leurs victimes, et ils fréquentent régulièrement les hôtels à ces fins. Dès qu’un trafiquant rendra publiques de telles photos, les enquêteurs seront alors à même de localiser les victimes et d’éventuellement intervenir, si la chambre figure dans leur base de données. Selon ce que rapporte Fast Company, l’algorithme a un taux d’efficacité de 85 % après une vingtaine de recherches.

Pourquoi ne pas demander aux hôtels de fournir eux-mêmes les photos ? D’une part, les plus miteux d’entre eux ne voudraient pas collaborer; d’autre part, les images corporatives des établissements hôteliers tendent à dévoiler des angles toujours similaires des chambres, alors que l’algorithme est plus efficace avec une variété de prises de vue d’un même endroit, poursuit Fast Company.

Pour l’heure, le système n’en est qu’à l’étape des essais, et uniquement à St. Louis, mais il devrait être accessible à l’ensemble des corps policiers états-uniens dès le mois de septembre. Aux États-Unis, au Canada et en Australie, l’UNICEF estime que pas moins de 1,5 million de personnes sont victimes de trafic humain, à ce jour.