Des vacances de luxe, gratuites et forcées pour des activistes chinois

Les vacances forcées sont réservées aux activistes plus tenaces, et surtout ceux qui sont les plus connus. Une façon de les museler et de les tenir à l’écart sans risquer de soulever l’indignation populaire…

Art_de_vivreSi des dissidents chinois purs et durs croupissent en prison ou sont éliminés, il n’en va pas ainsi de certains activistes de l’empire du Milieu, rapporte l’AFP: pour les empêcher de manifester lors de grands événements officiels ou de commémorations, le gouvernement préfère les envoyer… en vacances.

Des vacances forcées, toutes dépenses payées et sous escorte, souvent dans des hôtels de luxe avec repas gastronomiques et vins fins, séjours à la plage sur une île tropicale ou visite des hauts lieux du tourisme chinois, comme l’armée de terre cuite du mausolée de l’empereur Qin, à Xi’an.

C’est ce qui est arrivé à une quinzaine d’activistes, lors du 25e anniversaire du massacre de la place Tiananmen, et c’est ce qui arrive de plus en plus souvent depuis l’accession au pouvoir du président Xi Jinping, en 2013.

Selon une porte-parole de Human Rights Watch citée par l’AFP, les Chinois qui se rendent à Beijing pour protester lors de semblables événements (les « pétitionnaires ») sont souvent envoyés dans des « prisons noires », des lieux de détention illégaux où ils sont interrogés, battus et humiliés avant d’être renvoyés chez eux.

Les vacances forcées sont réservées aux activistes plus tenaces, et surtout ceux qui sont les plus connus. Une façon de les museler et de les tenir à l’écart sans risquer de soulever l’indignation populaire…

Pour lire cette étonnante dépêche de l’AFP, reprise par le Nouvel Observateur, cliquez ici.

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À propos de Gary Lawrence

Journaliste indépendant, Gary Lawrence a foulé le sol des sept continents de la planète et de plus de 80 pays. Ex-rédacteur en chef d’un magazine spécialisé en tourisme, il a aussi été rédacteur en chef francophone d’un service de presse touristique et a signé à ce jour des centaines d’articles portant sur les voyages, dont plusieurs dans L’actualité. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @LawrenceGary.

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Mais qu’attendent les dissidents pour devenir des activistes?
Sérieux, c’est vrai ce que vous nous raconter?

Ah ben tiens, comme on se retrouve ! Le totalitarisme de marché à la chinoise ne fait que reprendre là une bonne vieille technique du fascisme italien. C’est un aspect du totalitarisme fasciste dont j’ai entendu parler pour la première fois à la télévision, dans un super bon téléfilm de la RAI (en version française bien sûr): « La villégiature » (1975). J’étais ado à l’époque et bien entendu ça se passait à une époque où l’audiovisuel italien connaissait encore une distribution normale ici, sur le marché francophone – comme ailleurs dans le monde, du reste – c’est-à-dire avant que le « domestic market », décrété au milieu des années 80, ne nous coupe du monde extérieur aussi sûrement que si nous étions un marché anglophone (USA, Angleterre, Canada anglais).

« La villégiature », ça racontait comment un antifasciste (excellent Adalberto Maria Merli, pour une fois dans un premier rôle) appréhendé par le régime et condamné au « confino » (résidence surveillée aux îles Lipari) voyait ses conditions carcérales s’améliorer continuellement, au point de se retrouver comme en vacances – d’où le titre « La villegiatura » – et même, entouré de sa petite famille, que le régime l’autorise éventuellement à faire venir auprès de lui.

Évidemment, il s’agit là d’une habile méthode du fascisme pour essayer de « ramollir » le dissident, voire de l’amener à lui, éventuellement de le convertir au fascisme « qui n’est pas si mal au fond ». Car Mussolini adorait les abjurations, les conversions publiques, à la différence d’Hitler pour qui tout était une question de « sang » et de naissance.

Alors voilà, monsieur Lawrence: ça n’a rien de nouveau. Ça veut juste dire que le totalitarisme des communistes chinois devient plus subtil – donc, en un certain sens, plus dangereux. Et je soupçonne qu’avec ces vacances de luxe, le régime chinois a le même but prosélytique qu’avait le fascisme italien : obtenir au moins une spectaculaire conversion publique, une abjuration, tellement « payante » pour la propagande du régime.