Êtes-vous nomophobe en avion ?

«L’avion s’apprête à décoller. Veuillez éteindre vos téléphone, tablette, ordinateur et autres appareils électroniques». Ce message, certains passagers ne peuvent le supporter : ils souffrent de nomophobie (no-mobile-phone phobia).

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Photo : Getty Images

«Mesdames et messieurs, notre avion s’apprête à décoller. Veuillez éteindre vos téléphone, tablette, ordinateur et autres appareils électroniques».
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Ce sempiternel message, qu’on livre à chaque décollage de chaque avion commercial de la planète, certains passagers ne peuvent le supporter. Vraiment pas.

Pire : dès qu’ils l’entendent, ils transpirent, sentent un frisson leur traverser l’épine dorsale, ont des palpitations et le souffle court… Bref, ils souffrent de nomophobie — comme dans no-mobile-phone phobia —, rapporte Skift. Et ils sont de plus en plus nombreux.

Déjà, en 2008, une étude menée en Grande-Bretagne démontrait que 53 % des résidants britanniques souffraient alors d’anxiété lorsqu’ils «[égaraient] leur téléphone cellulaire, [étaient] à court de pile ou de crédit ou [n’avaient] pas accès à un réseau efficace».

De ce nombre, c’est la peur de perdre le contact avec leurs proches ou leur famille qui noue l’estomac, alors que 10 % des répondants affirment craindre ne plus pouvoir être joints par leur employeur.

Une autre étude, rapportée en 2012 par le Los Angeles Times, hissait le pourcentage de nomophobes — à divers degrés, s’entend — à 66 % des utilisateurs de téléphone, la grande majorité faisant partir des 18-24 ans, suivis de près par les 25-34 ans.

À Lyon, une unité du Centre de traitement de stress et de l’anxiété se spécialise même dans l’étude de ce nouveau mal contemporain. D’après l’un des psychologues en poste, le téléphone cellulaire peut créer une dépendance si on s’en sert trop pour se distraire — ou comme béquille pour «se rassurer et garder le contrôle sur son environnement» —, ou encore, si on l’utilise à outrance, comme bien des jeunes, pour organiser sa vie sociale.

À bord d’un avion, la façon la plus simple de venir à bout de la nomophobie demeure évidemment l’implantation de services Wi-Fi, une tendance croissante dans le monde du transport aérien. Mais de là à permettre l’utilisation du téléphone cellulaire en vol pour converser, et non pas pour simplement envoyer des textos ou des courriels, il y a un pas que bien des passagers et des membres de l’industrie ne veulent pas franchir, pour toutes sortes de raisons.

Et vous ? Est-ce que la perspective d’être en sevrage forcé vous fait aussi perdre les pédales ? Ou profitez-vous pleinement d’un vol en avion pour lire un bon roman, visionner un film ou vous couper, l’espace de quelques heures, de la réalité de votre quotidien?

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À propos de Gary Lawrence

Journaliste indépendant, Gary Lawrence a foulé le sol des sept continents de la planète et de plus de 90 pays. Ex-rédacteur en chef d’un magazine spécialisé en tourisme, il a aussi été rédacteur en chef francophone d’un service de presse touristique et a signé à ce jour des centaines d’articles portant sur les voyages, dont plusieurs dans L’actualité. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @LawrenceGary.

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