Glissements de terrain, routes impraticables et les limites de Google Maps

En voyage au Costa Rica, le blogueur Gary Lawrence a pu constater que les bons vieux itinéraires recommandés par des humains valent souvent mieux que ceux que le service Google Maps propose…

Art_de_vivreCes dernières semaines, les précipitations ont été fortes sur certains secteurs du Costa Rica. Très fortes, même : en juillet 2014, il était tombé environ la moitié des pluies enregistrées à pareille date, ce mois-ci, dans le centre et l’est du pays. Résultat : routes fermées, ponts emportés, glissements de terrain, fermetures préventives de certains parcs…

Tandis que l’eau monte dans les champs des basses terres de la côte caraïbe — ruinant des récoltes entières —, des routes déjà peu accessibles sont pour leur part devenues carrément impraticables. Un couple de Français l’a appris à ses dépens, en début de semaine, quand il a emprunté un itinéraire suggéré par Google Maps pour gagner Orosi, petit village niché au creux de la vallée centrale, au départ de la côte Pacifique.

«Ils nous ont appelés pour nous dire qu’ils avaient enlisé leur 4 x 4 quelque part en montagne, et puis nous n’avons plus eu de nouvelles d’eux», dit Andreas Veit, propriétaire du joli Orosi Lodge, situé dans ce village.

Je lui ai montré la route que j’envisageais de prendre pour faire le même trajet, mais en sens inverse, comme me le suggérait Google Maps. C’était la même. «Eux aussi se sont fiés à Google Maps, de rajouter Andreas Veit. Mais le dernier tronçon n’est pas une route : c’est un chemin… pour les chevaux.»

En bleu: première suggestions de Google Maps; en gris: deuxième suggestion; en bas à droite: l'itinéraire que j'ai choisi (routes 2, 243 et 34) - Crédit: capture d'écran de Google Maps
En bleu : première suggestion de Google Maps ; en gris : deuxième suggestion ; à droite : l’itinéraire que j’ai choisi (routes 2, 243 et 34) – Crédit : capture d’écran de Google Maps

Comme bien des automobilistes, je jette souvent un œil sur Google Maps avant de prendre la route, quand je veux aller du point A au point B en voiture. Mais je réserve toujours une part de doute quant à l’efficacité de ce service. Je vais continuer à le faire, surtout en terrain totalement inconnu : l’autre suggestion d’itinéraire que me proposait Google Maps pour rallier la côte Ouest depuis Orosi me faisait passer par San José, la capitale.

«Surtout, ne faites pas ça : c’est un véritable cauchemar, et vous serez pris dans de terribles bouchons de circulation, avant d’emprunter une nouvelle route si mal conçue que les glissements de terrain y sont fréquents, durant la saison des pluies — c’est-à-dire maintenant», de poursuivre Andreas Veit.

Remarquez que dans un proche registre technologique, le GPS de ma voiture ne s’est pas toujours montré à la hauteur. Alors que j’avais choisi d’emprunter la Panaméricaine pour un tronçon de 100 km, celui-ci n’a pas cessé de me suggérer toutes sortes de voies d’évitement, à plusieurs reprises, sans aucune raison. Pire : selon mon GPS, je me trouvais sur une route en terre battue, alors que le bitume venait d’être refait à neuf sur de longues portions. En cours de route, j’ai vérifié à deux reprises auprès de commerçants plantés sur l’accotement: «Si, si, señor, continuez tout droit pendant une heure, vous êtes sur la bonne voie !»

Bref : Humains 2, Technologie 0.

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À mon réveil, jeudi matin, un 4 x 4 couvert de boue était stationné devant l’Orosi Lodge. Les Français avaient réussi à s’en sortir, après avoir marché trois kilomètres en pleine nuit, les pieds dans la fange et sous des pluies diluviennes, et après avoir trouvé un signal pour leur téléphone cellulaire. Ils avaient alors pu contacter de nouveau Andreas Veit, avant de lui indiquer leur position… grâce au GPS de leur téléphone.

Pour ma part, j’ai quitté Orosi vers 9 h, et quatre heures plus tard, je suis arrivé à destination à mon hôtel de Quepos — le splendide Arenas del Mar, sur la côte Pacifique. Pour ce faire, j’ai utilisé mon GPS avec parcimonie, et j’ai emprunté un itinéraire spectaculaire qui m’a fait grimper à 3 500 m d’altitude, au-delà des nuages, sur une route impeccable à 90 %, et où il n’y avait presque pas de camions ralentissant la circulation — une plaie au Costa Rica.

Un itinéraire recommandé par un humain, et que Google Maps ne m’avait pas proposé.

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Le blogueur Gary Lawrence parcourt présentement le Costa Rica en famille. Il relatera plusieurs de ses expériences ici, au cours des prochaines semaines.

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Il y a des histoires d’horreur à propos des GPS qui vous amènent dans des chemins impraticables ici même en Amérique du Nord – prenez ce couple du nord de la Colombie-Britannique s’en allant en Arizona et qui s’est retrouvé pris sur un chemin de terre aux ÉU et dont l’épouse a été retrouvée encore vivante mais en piètre santé une semaine plus tard dans la voiture enlisée alors que le corps du mari n’a été retrouvé qu’un an plus tard – il avait tenté de retourner à la civilisation à pied en passant à travers les montagnes, il espérait probablement que ce serait plus court que de suivre la route… Vous avez bien raison – il ne fait pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et ne pas seulement se fier au GPS mais avoir des cartes topo et/ou routières et demander aux locaux en cas de doute!