Greta a rendu mon enfant éco-anxieux. Que faire, à part tenter de le convaincre qu’elle n’existe pas ?

Je m’appelle Mathieu Charlebois et chaque mois, je réponds à vos grands questionnements existentiels.

Illustration : Stéphanie Aubin

Quand j’étais jeune, dans les années 1980, on nous montrait des images d’un futur où il faudrait porter des combinaisons en amiante pour se protéger des pluies acides et du soleil rendu dangereux par le trou dans la couche d’ozone. Bien qu’excité à l’idée que ma mère cesserait un jour d’insister pour que j’aille jouer dehors, j’étais également un peu angoissé à la vue de ces images.

Mon éco-anxiété-avant-qu’on-invente-le-mot a cependant été tuée dans l’œuf par les efforts des gouvernements, qui sont arrivés à ramener la couche d’ozone et les pluies acides à des niveaux moins inquiétants. Mon premier conseil pour aider votre fils serait donc de convaincre nos dirigeants de sauver la planète. Allez-y, je vous attends. 

Ça n’a pas fonctionné ? Voilà qui est fâcheux. Prochain conseil, alors : l’action et l’engagement.

Ce que l’éco-anxiété de votre enfant témoigne, c’est son impression de n’avoir aucune influence sur son avenir. L’inaction tue la planète, mais elle tue aussi l’espoir, parce que tout semble dépendre des autres. 

Or, s’il est vrai qu’il n’a pas autant de poids que certaines industries (sa chambre est peut-être en désordre, mais ce n’est quand même pas comme s’il exploitait des sables bitumineux), il reste bien des choses qu’il peut faire, surtout avec votre soutien.

C’est l’occasion pour votre famille de s’engager pour l’environnement. Changez votre régime alimentaire. Écrivez à vos députés. Participez aux activités de nettoyage des berges dans votre coin. Allez dans les marches et les manifestations. Si votre adolescent est en âge d’avoir son permis de conduire, refusez de lui prêter la voiture en lui rappelant les ravages du CO2 sur le climat. 

Faites de l’environnement un projet collectif impliquant toute la famille. Votre petite cellule familiale ne peut pas tout changer, mais elle peut au moins donner espoir que tout n’est pas perdu à un enfant qui a peut-être tendance à penser le contraire. 

Avez-vous des trucs pour réduire le temps que je passe sur mon téléphone ?

J’en ai plusieurs ! 

L’échapper dans l’eau. Le perdre. Le vendre sur Kijiji. Le lancer au bout de vos bras en criant : « Liberté ! » Le donner à un sans-abri. La seule limite est votre imagination, pourvu qu’elle n’ait pas été trop détruite par le temps passé en ligne.

Vous voulez des idées moins radicales ? D’accord, d’accord. Désinstallez les applications qui vous bouffent du temps. Cessez de toujours garder votre appareil dans vos poches. Interdisez-vous de le charger en cours de journée.

Ces trucs peuvent marcher, mais ils doivent aller de pair avec une réflexion sur notre mode de vie. Une partie de notre dépendance au téléphone tient au fait qu’on a organisé notre quotidien autour de ses fonctions. Pour s’extirper de son orbite, il faut alors remettre des habitudes en question et parfois effectuer des changements fondamentaux.

Ça vous tente ? C’est bien ce que je pensais. Je disais donc… L’enfouir au milieu de la forêt un soir de pleine lune. L’échapper du troisième étage. L’échanger contre un jambon. Etc.

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6 commentaires
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J’ai été attiré par le titre, je croyais pouvoir lire un article intéressant. Malheureusement, le sujet n’était qu’un support à petites blagues et tournures de phrases amusantes. Comment combattre l’éco-anxiété chez les enfants ? Par l’action et l’engagement….Mince je n’y avais vraiment pas pensée. D’ailleurs je ne vois jamais cette alternative (trop choquante?) écrit partout dans les journaux. Pour ma part, je dirais seulement que c’est l’action et l’engagement qui ont décuplés l’éco-anxiété de ma fille.

Comment voulez-vous ne pas créer de l’anxiété chez les enfants, et même chez les adultes, alors qu’on entend des avertissements alarmistes partout, radio, télé, journaux, internet, partout. Et que dire de l’utilisation d’une enfant hypersensible souffrant d’autisme et par ses propres parents et par divers mouvements écologistes dans le but de mousser cet alarmisme climatologique à l’extrême ! Qui donc ne serait pas anxieux ? C’est d’ailleurs le but recherché par la religion climatique: ¨ crois ou meurs ¨ ! ¨I want you to panic ¨ disait Greta Thunberg avec les yeux révulsés aux membres de l’ONU. Se servir d’une enfant handicapée pour mener cette guerre relève de l’abus de pouvoir et d’abus tout court.
Avant qu’on ne me classifie, je vais le faire moi même. Je suis un climato-réaliste et non un sceptique. Ici au Québec, on se fait crucifier sur la place publique quand on ne rentre pas dans le moule des bien-pensants de la gauche. Jamais on invite d’autres scientifiques aussi réalistes que ceux du GIEC à des débats publics. On n’entend toujours que les mêmes; jamais de son de cloche discordant d’avec la pensée unique. C’est ce qu’on fait quand on a peur de se faire remettre en question, quand on ne veut pas que les gens se fassent une idée par eux même.
Le CO2 n’a jamais tué personne, c’est tout le contraire. Sans lui, nous ne serions pas là pour en parler. Le CO2 donne la vie, qu’on vienne me prouver le contraire. La vie a été créée sur terre alors qu’il y avait plus de 2000 PPM dans l’atmosphère comparé aux 417 PPm d’aujourd’hui. Et on veut me faire croire que c’est un gas mortel. Trouvez l’erreur !

Monsieur d’Anjou,

Je respecte votre droit à vous exprimer mais débattre dans un forum public m’autorise à vous répondre. Je vais donc vous expliquer une fois de plus (http://bit.ly/2SuAHaf) comment fonctionne la science. Je le fais surtout pour ne pas vous laissez écrire des demi-vérités et des sophismes, c’est à dire des raisonnements qui partent de prémisses vraies mais qui aboutissent à des conclusions fausses. Honnêtement, j’ai renoncé à vous convaincre car il semble bien que vous soyez réfractaires aux explications et aux faits scientifiques. Comme on dit, il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

Premièrement, sauf votre respect, la science n’est pas une question d’opinion ou de croyance. La science contrairement à la religion ne fait pas dans le «Crois ou meurs». Le changement climatique de cause anthropique est un fait prouvé scientifiquement.

Vous écrivez « Quand on ne veut pas que les gens se fassent une idée par eux même ». Vous avez droit à vos opinions, mais la science n’est pas pas une question d’opinion ni de foi, ni vos opinions, ni les miennes, mais bien de faits! Est-ce qu’on a besoin de l’opinion du quidam ou d’une religion pour constater que la Terre est ronde, que le mouvement perpétuel est impossible, que la rougeole peut tuer et que 1+1 fait 2? C’est la même science qui prédit le climat et fait fonctionner Internet, nos téléphones, nos frigos, soigne et guérit des malades.

Comme la science est ouverte, si vous avez des évidences scientifiques qui tiennent la route, publiez votre recherche dans un journal scientifique et si vous avez raison vous aurez le prix Nobel.

Quand vous affirmez que « Le CO2 n’a jamais tué personne, c’est tout le contraire. Sans lui, nous ne serions pas là pour en parler. Le CO2 donne la vie, qu’on vienne me prouver le contraire. », je vous prends aux mots avec vos raisonnements fallacieux et votre désinformation… J’en conviens, le CO2 n’est pas toxique et il est à la base de la photosynthèse des plantes donc nécessaire à la vie, mais il peut tuer. En 1986 au Cameroun, le lac Nyos a libéré environ un kilomètre cube de CO2 asphyxiant 915 personnes par privation d’oxygène. Source: http://bit.ly/35rl0Go et http://bit.ly/2PthG8n. Même l’eau essentielle à la vie peut tuer par noyade et même par déséquilibre des électrolytes provoqué par une surconsommation d’eau (Source: http://bit.ly/34qDZQ7).

Le plus important, et que vous négligez d’expliquer dans vos sophismes, c’est que le dioxyde de carbone (CO2) est un gaz qui piège la chaleur (i.e. les radiations infrarouges) et c’est cette propriété du CO2 qui représente un danger pour notre climat. En effet, le CO2 est un gaz à effet de serre qui piège la chaleur qui s’accumule petit à petit. Cela fait plus de 200 ans que cela a commencé. De nos jours, les 7,6 milliards d’humain et leurs 1,2 milliards de véhicules, sans compter les centrales au charbon, au gaz et les usines émettent des milliards de tonnes de CO2, plus précisément 37,1 milliards de tonnes (Gt) en 2018 (Source: http://bit.ly/36zvfJ0). On estime qu’environ 2000 milliards de tonnes de CO2 ont été émises vers l’atmosphère par les activités humaines depuis 1750. Et la tendance n’est pas encore à la baisse…

Contrairement à la religion, la beauté avec la science est que nous pouvons vérifier ce quelle affirme. Le réchauffement dû à l’effet de serre d’origine humaine a laissé un certain nombre de traces. Je vais vous en énumérer trois mesurées par les satellites, mais il en existe beaucoup d’autres. Une première trace est mesurée par les satellites qui mesurent depuis plus de 40 ans une diminution de la chaleur sortante qui est retenue par les gaz à effet de serre. Puisque moins de chaleur s’échappe dans l’espace, une deuxième trace est la mesure de davantage de rayonnement infrarouge (ou de chaleur) à la surface de la Terre. Une troisième trace vient d’une prédiction faite dans les années 1960. Puisque les gaz à effet de serre retiennent la chaleur dans la basse atmosphère, nous devrions observer un refroidissement dans la haute atmosphère. C’est exactement ce que les satellites ont observé.

Enfin, vos divagations sur les taux de CO2 dans le passé très lointain sont du grand n’importe quoi. Vous écrivez « La vie a été créée sur terre alors qu’il y avait plus de 2000 PPM dans l’atmosphère comparé aux 417 PPm d’aujourd’hui. Et on veut me faire croire que c’est un gas mortel. Trouvez l’erreur ! »

Voici, non pas l’erreur mais les erreurs… La dernière fois que la Terre a connu un taux de plus de 400 ppm de CO2, c’était il y a plus de 3 millions d’années, au Pliocène. Les températures étaient alors 3 à 4 °C plus élevées et le niveau des océans était 15 à 20 mètres plus haut. Pas de calotte glaciaire dans l’hémisphère nord, ni de villes en bordure de mer ni aucun des 7.6 milliards d’êtres humains à la surface de la Terre à nourrir. Pour trouver 2000 ppm de CO2, il faut reculer au Trias (-250 millions d’années) juste au moment de l’apparition des dinosaures.

Oui, des formes de vie ont pu vivre à ces époques où le taux de cO2 était aussi élevé voir plus élevé qu’aujourd’hui, mais c’est un sophisme qui n’a rien à voir avec la situation actuelle. Par exemple, il y a de la vie près des sources hydrothermales à plus de 2 500 m de profondeur avec des jets d’eau dont la température frôle les 300 °C, mais aucun humain ne pourrait y vivre. Le problème n’est pas la disparition de la vie, elle est trop coriace, pas même la disparition de l’Humanité, mais bien le sacrifice de milliards de nos semblables à cause des conditions météorologiques extrêmes et de l’effondrement rapide des écosystèmes dont nous dépendons.

Pour terminer, à titre de père de famille et d’humain à humain qui partageons cette planète malheureusement bien mal en point, je vous invite à réfléchir sur l’éthique de votre comportement. Car semer le doute ou détourner l’attention du problème des émissions de GES contribue à donner «bonne conscience» à ceux qui veulent continuer à vivre leur petit confort dans l’indifférence. La chose ne date pas d’hier et les cigarettiers ont jadis utilisé cette redoutable technique qui consiste à semer le doute. Je ne le vous demande pas pour moi mais bien pour vous, ou plutôt pour votre conscience, ou votre souci pour les autres personnes et de leurs enfants. Pour vivre en société il faut avoir un minimum d’éthique et de souci des autres à moins de se voir intrinsèquement le centre du monde et que les autres aillent se faire foutre.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments. » – Nicholas Klein 1919 (parfois faussement attribué à Gandhi)

Monsieur Coulombe,
je n’écrirai pas un roman ici. Juste vous dire que je n’ai jamais dit que je ne croyais pas aux bouleversements climatiques, mais que j’y croyais pour d’autres raisons que celle en quoi vous croyez. Et quand je dis ¨croire¨, je ne parle pas nécessairement de ¨foi¨, même si, pour certains fanatiques, le climat est véritablement devenu une religion.
Quand vous me dites que je sème le doute dans la tête des gens, est-ce dire que vous ne voulez pas qu’ils aient des doutes, qu’ils ne se posent pas de question ? La science c’est quoi alors s’il n’y a pas de doutes ? Vous ne vous fiez qu’aux données du GIEC et aux seuls scientifiques qui y sont admis; c’est votre droit le plus stricte. Il n’y a pas que mille ou deux mille scientifiques dans le monde; il y en a des milliers d’autres qui ont des théories différentes et ça ne veut pas dire qu’ils ont tout faux non plus.
Je ne suis pas un ¨scientifique¨ moi monsieur, mais je ne suis pas non plus un sombre imbécile qui gobe tout sans se poser de questions. Et ça ne veut pas dire non plus que parce que je pense autrement, cela fait de moi un pollueur ou un sur-consommateur à outrance, et encore moins un partisan négationniste à la solde des pétrolières ou un adepte de la ¨terre plate¨ . Ce sont ces arguments, ces amalgames des totalitaristes climatiques qui font que j’ai de plus en plus de doutes sur le sérieux de tout ça.
Je voudrais bien être là dans 30 ou 40 ans pour VOIR (ou non) la réalisation , même partielle, de tout ce qui est annoncé. Mais je doute fort d’y être, peut-être à votre grand plaisir.
Alors, vous avez vos convictions, j’ai les miennes. Restons en là.
Je continuerai d’émettre mes opinions, qu’elles soient ou non scientifiques.

Cher Monsieur d’Anjou,

Je suis sincèrement désolé si je vous ai froissé, mais vous ne m’avez pas laissé le choix. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour que vous puissiez vous exprimer librement, mais je me battrai également pour la vérité scientifique.

En ce qui concerne l’urgence climatique, nous en ressentons déjà les effets… Très honnêtement, je préférerais que la science se trompe et je serai le premier à m’en réjouir et à passer à autre chose.

L’heure est grave et nous devons nous mettre tous ensemble pour faire face à la crise environnementale, les scientifiques et les autres. C’est une invitation au dialogue et au partage pas à la division et au sectarisme.

Maintenant, si vous avez des arguments raisonnables et vérifiables, je suis prêt à en discuter avec ouverture et grand plaisir.

Humainement et scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments. » – Nicholas Klein 1919 (parfois faussement attribué à Gandhi)

Nous devrions tous être éco-anxieux!

Quand des milliers de scientifiques annoncent une catastrophe, arrêtons le déni et agissons.

Bravo aux jeunes activistes qui tentent peut être trop « gauchement » 😉 au goût de certains de nous sortir de notre confort et de notre indifférence!

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments. » – Nicholas Klein 1919 (parfois faussement attribué à Gandhi)