Hyperloop, le train d’un futur pas si lointain?

Imaginé par le milliardaire Elon Musk, ce nouveau moyen de transport terrestre pourrait entrer en fonction dès 2020.

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Le projet de train à ultra-haute vitesse lancé en 2013 par le milliardaire Elon Musk va… bon train.

Baptisé Hyperloop, ce mode de transport à part entière comprendrait deux tubes étanches dans lesquels circuleraient des navettes à des vitesses décoiffantes, jusqu’à 1 200 km/h. Ce qui permettrait de relier San Francisco à Los Angeles (551 km) en moins de 30 minutes, ou Québec à Montréal en moins d’un quart d’heure.

Pour y arriver, les navettes en forme d’ogive — ou «capsules» — évolueraient dans un environnement fermé, maintenu à très basse pression et quasi exempt d’air, et seraient propulsées par un champ magnétique suivant un principe similaire à celui du MAGLEV, un train qui atteint déjà 535 km/h, à Shanghai.

Afin d’arriver à ses fins et de stimuler la recherche et le développement, Elon Musk encourage le partage d’informations en donnant accès à toutes ses données (open source) pour exhorter les entreprises à participer à l’aventure. À ce jour, deux l’ont fait: Hyperloop Transportation Technologies et Hyperloop One.

Le milliardaire d’origine sud-africaine, cofondateur de PayPal et également propriétaire de Tesla Motors, a aussi lancé deux concours pour que des centres de recherche universitaires conçoivent des prototypes.

À la fin du mois dernier, 27 équipes ont pris part au plus récent de ces concours, organisé sur le vaste domaine où est située SpaceX, autre entreprise d’Elon Musk. Parmi elles, on comptait celle de l’Université de Waterloo, en Ontario — dont le projet n’a pas été retenu. Trois équipes se sont démarquées.

Celle de l’Université de technologie de Delft, aux Pays-Bas, a ainsi conçu une navette de 4,5 m de long et d’à peine 149 kg, qui pourrait relier Amsterdam à Paris en 30 minutes.

Le prototype imaginé par l’Université technique de Munich comporte pour sa part une turbine qui capte le peu d’air restant dans le tube, le compresse et le rejette vers l’arrière, pour réduire presque à néant la friction de l’air.

Moins abouti et plus modeste, le projet du MIT, près de Boston, a néanmoins été retenu pour sa sécurité et sa fiabilité.

Tandis que se multiplient les tests et essais, de nouveaux investisseurs sautent dans l’arène, comme la SNCF, ou se montrent intéressés, comme les Émirats arabes unis, qui voient d’un bon œil l’idée de passer de Dubaï à Abu Dhabi en 12 minutes.

Si tout se déroule comme prévu, les premiers tronçons opérationnels d’Hyperloop pourraient voir le jour vers 2020. Ceux qui hésiteraient à monter à bord de ces navettes subsoniques sans fenêtres auront quelques années supplémentaires pour y réfléchir: les premières capsules qui circuleraient seraient affectées au transport de marchandises, ce qui contribuerait déjà à désengorger les autoroutes et les voies ferroviaires. Mais d’autres entrevoient une expansion rien de moins que planétaire pour ce nouveau moyen de transport, y compris pour les passagers, s’il s’avère efficace.

Une histoire à suivre… très rapidement.


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4 commentaires
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Pour le moment et à ma connaissance, aucun de ces projets n’est parvenu à atteindre 1200 km/h. Même si en test la vitesse peut sembler encourageante. Quelle vitesse techniquement dans les premiers temps en phase commerciale ?

Je dois dire que si ces beaux projets sont amusants, ils me laissent passablement un peu froid. C’est vrai que c’est l’hiver ! Quand je lis que nous pourrions rejoindre Montréal à Québec en quinze minutes. Je frémis… d’impatience ! — Et tout cela pour quelle modique somme ?

Là où je deviens sceptique, c’est lorsque l’intérêt de me rendre à Québec en un quart d’heure finit par me sembler un peu plus négligeable s’il me faut prendre mon char pour aller à la gare. Manger 60 minutes et plus d’embouteillages, auxquels il faudrait ajouter au moins 30 minutes de plus, une fois rendu à Québec. Sans compter des contrôles peut-être pour avoir accès à la navette, ce qui nécessiterait un peu comme pour l’avion, de se présenter entre une heure et trois heures avant l’embarquement, surtout s’il s’agit de liaisons transfrontalières.

Même pas le temps de manger un sandwich et de boire un coup. Peut-être même qu’avec la vitesse, le sandwich serait collé à mon palais sans qu’il me soit possible de déglutir la moindre bouchée. Il faudra, penser à observer une diète de type spatial pour pouvoir s’en sortir vivant !

Suivant donc la destination, le gain appréciable de temps ne semble pas si considérable que ça, lorsque confronté à l’épreuve du réel.

Pendant ce temps, cela fait bien un demi-siècle ou presque qu’on nous promet un prolongement de la ligne jaune du métro lorsque le moindre investissement se compte désormais en centaines de millions.

C’est un peu dommage que la Création n’ait pas donné des ailes aux humains. Cela simplifierait quelque peu… et plutôt pas mal tous nos déplacements.

Serge Drouginsky, ton réponse est très réfléchi. Je l’aime lire. Je suis d’accord que les projets de trains qui sont décrit semble très formidable. Juste pense… le transportation va inclure un train super vite, les voitures sans chauffeur, les hélicoptères sans pilotes. Mon dieu tous ces projets vont créer des moyennes plus efficaces pour voyager.

Technologie condamnable parce qu’elle va ainsi créer des populations de malades mentaux psychiatrisés. C’est ça l’avenir de l’espèce humaine ? Alors qu’en voyageant par le train actuellement, ça permet aux usagers d’admirer l’environnement tout en faisant la jasette avec son voisin assis à côté et partager et ouvrir des connaissances sur d’autres horizons. C’est souvent très enrichissant. Personne ne s’en plaint.

Bonjour, je suis ingénieur civil et j’ai été impliqué dans plusieurs projets de transport par rail et je trouve tout à fait désolant qu’autant de fausse déclarations soient prises au sérieux.
Il est indéniable que ce type de transport soit attirant car nouveau mais il faut compte que les problèmes du transport public ne sont pas lié à la technologie utilisée mais bien aux défis politiques , légaux et aux conflits avec les installations existantes . Il est déraisonnable de croire que cette technologie sera fiable et sécuritaire avant au moins une décennie. Qui plus est , tous les problèmes actuels auxquels se butent les projets de rail ne sont pas adressés par cette technologie.
Les coûts de développement sont largement sous-estimés ce genre de véhicule est immensément complexe à développer .
Les temps de transitt estimé dans l’article sont l’équivalent des temps de vols pour les avions : ils ne comptent pas le temps requis pour se rendre à l’aéroport, passer le contrôle de sécurité et embarquer dans l’appareil.Tandis que les japonais voyagent depuis 40 ans dans des TGV qui relient toutes les grandes ville nipponnes avec des services fiables , fréquents et sécuritaires .

De grâce, concentrons nous sur des technologies éprouvées , fiables et déjà interconnectables , il est aujourd’hui possible de voyager en train à 300 km/h sans problèmes. Il s’agit juste de mettre en place les infrastructures.