J’ai réalisé à la dernière minute que mon plat offert à un végane n’était pas végétalien à 100 %. Devrais-je le lui dire ?

Je m’appelle Mathieu Charlebois et chaque mois, je réponds à vos grands questionnements existentiels.

Illustration : Stéphanie Aubin

Il faut avoir soi-même tenté le végétalisme pour connaître le nombre de pièges placés sur le chemin de ceux qui veulent éliminer les produits animaliers de leur assiette.

Quand on pensait pouvoir manger en paix au resto grâce à une de ces « Beyond Boulettes » de fausse viande dont on entend tellement parler… on découvre qu’elle est servie avec une tranche de fromage. À l’épicerie, ça se joue dans les détails alors que la poudre d’œuf fait une inexplicable apparition comme 48e ingrédient d’un produit qui semblait pourtant sans risque. Bref, s’il y a une personne bien placée pour comprendre votre gaffe, c’est bien votre ami végane.

Optez donc pour la transparence, vous pourriez être surpris de la réponse. Comme le rappelle l’auteure et conférencière Élise Desaulniers, les végétaliens ne le sont pas tous pour les mêmes raisons. « Plusieurs le sont pour des raisons environnementales ou pour leur santé. Mais on peut être très écolo et quand même prendre l’avion. Vouloir manger santé et se permettre des frites. » Votre repas sera peut-être une exception acceptable pour votre ami, ou sa tricherie de la semaine.

Si ses raisons sont plutôt d’ordre éthique et moral, sa réponse sera sans doute un peu plus tranchée. Mais qu’on vous réponde « Je vais en prendre quand même, ça a l’air trop bon » ou « Jamais vous ne me verrez cautionner la cruauté envers mes frères bovins, éloignez de moi cette assiette du diable ! », ne présumez jamais que cette attitude vaudra encore à la prochaine visite de votre invité. Les gens évoluent avec le temps.

Par exemple, Élise Desaulniers était plus « lousse » à ses débuts. Un peu d’œuf par-ci, un sous-produit du lait par-là… Pas grave ! Quatre livres sur le végétalisme plus tard, elle préférerait probablement gruger un bout de pain sec plutôt que de faire un écart. « Je ne deviens pas une mauvaise végane si je mange un produit animal sans le savoir, mais j’aimerais qu’on ne décide pas à ma place. » Ne soyez pas insulté par le refus de votre plat. Ce n’est pas vous personnellement qu’on rejette, c’est votre pointe de gâteau. Remerciez plutôt le végane, car ça en fait plus pour vous.

Mes amis insistent toujours pour que je tienne leur nouveau-né dans mes bras, ce qui est une source de stress incroyable pour moi. Comment refuser ?

Nul ne veut avoir l’air de la personne qui n’aime pas les enfants. Mais vous savez ce qui peut vraiment donner cette impression ? Échapper un bébé par terre. En parcourant le chemin qui sépare vos bras du sol, le poupon scellera pour de bon votre réputation de grincheux anti-enfants.

Mieux vaut prévenir que guérir, et mieux vaut dire « Je le trouve très mignon, mais je ne me sens pas à l’aise de le tenir » que de mélanger nouveau-né et gravité. Si vos amis tiennent tant à vous mettre entre les bras ce qu’ils ont de plus précieux, c’est qu’ils vous font confiance. Votre honnêteté sera la preuve qu’ils avaient raison.

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