Je déteste que des animaux souffrent pour que je me nourrisse, mais… pas assez pour être végane. Suis-je une mauvaise personne ?

Je m’appelle Mathieu Charlebois et chaque mois, je réponds à vos grands questionnements existentiels.

C’est facile, manger de la viande. Une simple côtelette de porc dans la poêle avec un peu d’huile et vous avez un repas décent. Faites la même chose avec une tranche de tofu, et vous répondrez plutôt à la question : si on pouvait manger une dépression, qu’est-ce que ça goûterait ?

Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que l’alimentation, c’est comme l’attirance sexuelle ou le genre : c’est un continuum, un spectre sur lequel on peut se déplacer au fil de notre vie.

À un bout du spectre, il y a les véganes intenses, qui s’interrogent sur la souffrance du céleri qu’ils croquent. À l’opposé, il y a les supercarnivores, qui petit-déjeunent aux cretons en calant un smoothie de T-bone. Entre les deux, il y a mille et une positions qu’on peut adopter.

Si devenir 100 % végane est un trop gros engagement pour vous en ce moment, vous pouvez simplement devenir… une personne ordinaire qui mange moins de viande.

Vous pouvez être végane le lundi, végétarien du mardi au vendredi et omnivore les fins de semaine. Vous pouvez être végane, mais seulement à la maison. Vous pouvez tout abandonner et vous nourrir exclusivement de Dr Pepper. Diète, parce que c’est plus santé.

Ce qui est certain, c’est que vous devez faire un choix. Vous êtes conscient de la souffrance animale : qu’allez-vous faire de ce savoir ? Réorienter votre vie entière en conséquence, l’ignorer complètement, ou trouver un compromis ?

Vivre en 2019, c’est aussi apprendre à gérer sa culpabilité. Comme il est impossible de s’extirper complètement d’un système économique basé en grande partie sur la souffrance des autres, il faut choisir nos aveuglements et nos combats.

J’écris ces lignes sur un ordinateur qui a du sang sur les puces, en portant un chandail potentiellement cousu par de trop petites mains. Une larme mouille-t-elle mon t-shirt à chaque touche de clavier que j’enfonce ? Non.

Je fais mon possible en achetant peu de vêtements et en étirant la durée de vie de mes appareils électroniques. Pour le reste, je range ma culpabilité dans une boîte étanche que j’ouvre le moins souvent possible. À long terme, ça va probablement me donner le cancer. Tout comme manger de la viande.

* * *

Je me fais regarder bizarrement parce que je traite mon chien comme d’autres traitent leurs enfants. Mais l’amour, c’est l’amour, non ?

Êtes-vous certain de traiter Fido comme s’il était votre enfant ? Parce que généralement, ceux qui disent le faire se comportent plutôt… comme des grands-parents. Le genre de grands-parents gagas, constamment en mode chouchoutage, et pour qui chaque gribouillis du petit ange mérite sa place sur le frigo.

Vous reconnaissez-vous ? Prenez-vous constamment Lassie en photo, même (surtout) quand elle ne fait rien ? Laissez-vous Jappy Toutou lécher votre visage ? Ou pire : léchez-vous Vagabond ?

CESSEZ ! L’amour, c’est l’amour. Mais trop, c’est trop.

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