La biodynamie, ça se goûte!

Les produits issus de la biodynamie sont recherchés par un nombre croissant d’amateurs de vins.

Photo: Ed Buziak/Alamy Stock Photo
Photo: Ed Buziak/Alamy Stock Photo

Perçue comme une pratique marginale il y a une quinzaine d’années, la biodynamie est maintenant largement reconnue. Sur le site Internet français de Demeter, l’organisme de contrôle et de certification de l’agriculture biodynamique, on la définit comme « un mode d’agriculture biologique qui considère que des aliments de qualité ne peuvent être produits que sur une terre en pleine santé ».

Concrètement, la pratique de la biodynamie demande la pulvérisation de différentes préparations, dont les fameuses 500 et 501, composées respectivement d’humus naturel issu de bouse de vache et de silice cristallisée et réduite en poudre, qui visent à enrichir l’activité microbienne des sols et à renforcer les mécanismes de défense naturels de la plante. Ce n’est pas tout : il faut aussi ajouter les pulvérisations de tisanes pour soigner la plante, ainsi que le respect du calendrier lunaire pour les interventions à la vigne et au chai. Selon ce calendrier, mis au point dans les années 1960 par l’Allemande Maria Thun, certains jours seraient plus propices à la plantation, d’autres à la taille de la vigne, à la vendange, au soutirage, à la filtration, à la mise en bouteille, etc.


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Farfelu, tout ça ? Les principes de cette viticulture de troisième type inspirée des travaux du philosophe autrichien Rudolf Steiner ne font pas l’unanimité au sein des vignerons, qui réfutent parfois son utilité, faute de preuves scientifiques. « Ce n’est peut-être pas scientifiquement prouvable, mais c’est facilement observable dans les champs et dans le verre », soutient Alain Bélanger, enseignant de sommellerie à l’École hôtelière de Laval, pour qui la biodynamie « n’est pas tant une fin en soi qu’un outil pour parvenir à faire de grands vins ». Une opinion que semblent partager nombre de vignerons respectés. Curieux de goûter comment la biodynamie se traduit dans le verre ? En voici deux bons exemples.

LAT19_VINS_deuxbouteilles-21. Domaine des Huards

Cheverny 2015, Le Pressoir (11154021 ; 24,25 $)

Dans ce vignoble situé près de Chambord, Jocelyne et Michel Gendrier signent cette cuvée majoritairement issue de pinot noir et de 20 % de gamay. Le 2015 est vigoureux, mais porté par des tanins soyeux, pur, très expressif et riche d’une vaste palette de saveurs. À retenir parmi les vins rouges les plus achevés de l’appellation Cheverny.

2. Ferrer-Ribière

Carignan 2013, Vignes de plus de 100 ans, Côtes catalanes (12212182 ; 19,85 $)

Beaucoup d’intensité dans cette cuvée élaborée par Denis Ferrer et Bruno Ribière, au sud-ouest de Perpignan. Le 2013 est ouvert, vibrant, et séduit par son empreinte toute méditerranéenne, sa mâche et son registre aromatique complexe, qui marie le cassis à la pivoine et à la garrigue. Un excellent achat à moins de 20 dollars.

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2 commentaires
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Qu’est-ce qu’un article comme â fait sur l’Actualité? La biodynamie se base sur les croyances ésotériques théosophique. La théosophie est cette religion qui glorifie Lucifer et qui mélange des croyances occultes avec l’astrologie et des croyances tirées de l’hindouisme. On parle ainsi d’équilibrations de forces éthériques et astrales, pour ce que ça veut bien dire!

Sur le plan commercial, ça marche. Avec tout ce qui ce dit bio on peut augmenter les prix. Ce n’est pas nécessaire que ce soit meilleur; il suffit juste de croire que le bio donnera meilleur goût. Mais bio et biodynamique sont très loin d’être équivalents, puisque la biodynamie se base sur l’ésotérisme et l’occultisme.

Michel Onfray, auteur à l’origine de L’université Populaire du goût, mentionne que les vins biodynamiques ne sont pas meilleurs que les autres vins. L’extrait suivant d’une article de Corinne Evanesse, publié dans le numéro 89 du Québec sceptique, en donne un aperçu. « S’étant plaint à des partisans de la méthode biodynamique de la mauvaise qualité de ses vins, il lui a été répondu qu’il n’aurait pas dû ouvrir cette bouteille-là à ce moment-là. Le vin « steinérien » étant fabriqué en conformité avec les lois astrales, il est nécessaire de le déguster sous un ciel favorable… »

Pour plus de renseignement, je recommande: Le mythe de l’agriculture biodynamique http://www.charlatans.info/agriculture-biodynamique.php et agriculture biodynamique sur Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_biodynamique

Bref, la biodynamie, une autre post-vérité issue du charlatanisme.

Michel Belley
Chercheur retraité dans le domaine pharmaceutique (M Sc Chimie)
Membre du conseil d’administration des Sceptiques du Québec

Monsieur Belley,

La France compte près de 1 500 viticulteurs bio, dont 10 à 15 % suivent aussi les préceptes de la biodynamie. La superficie du vignoble français certifiée en biodynamie se situe aujourd’hui autour de 1 %, soit un peu plus de 8 000 hectares, et elle progresse d’environ 15 % chaque année.

Par conséquent, il me semblait tout à fait pertinent d’aborder le sujet de la biodynamie dans les pages de L’actualité, ne serait-ce que pour expliquer aux lecteurs en quoi consiste concrètement ce type d’agriculture en pleine croissance.

Je vous invite à consulter le site Demeter, organisme de certification avec lequel collaborent la plupart des vignerons en biodynamie. Vous serez à même de constater qu’on n’y fait en aucun cas mention de théosophie ou de «glorification de Lucifer».

Bien à vous,

Nadia Fournier