«La notion de terroir a explosé»

Cultivant une passion pour l’alimentation, la comédienne, animatrice et restauratrice Chantal Fontaine constate qu’on ne mange plus de la même façon qu’il y a 15 ans à peine. Entretien.

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Chantal Fontaine – Image tirée d’une vidéo du MAPAQ

Comédienne, bien sûr, Chantal Fontaine est aussi animatrice d’émissions de télé sur l’alimentation — Par-dessus le marché (à TVA puis à V) et, bientôt, Les Chefs ! (à Radio-Canada). Sa passion pour les choses de la table, elle la vit également comme copropriétaire de deux restaurants montréalais, Accords et Accords – Le bistro, où elle s’implique personnellement au jour le jour. La nourriture et l’alimentation, on peut dire qu’elle… en mange.
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Nous ne mangeons plus comme il y a seulement 15 ou 20 ans. Qu’est-ce qui a changé dans nos assiettes ?

Nous nous sommes mis à aimer des produits ou des plats que nous ne mangions pas, ou que nous ne mangions que rarement. Le confit de canard, il y a quelques années, c’était chic, impressionnant, et on en prenait seulement au restaurant. Aujourd’hui, on fait ça le lundi soir quand on est pressé. L’alimentation est devenue un sujet porteur. Grâce aux émissions de télé, bien sûr, mais aussi avec les réseaux sociaux, les blogues, les foodies. Les arts de la table, le vin, la vaisselle, les outils de cuisine intéressent de plus en plus de monde. Le Thermomix est apparu, la mijoteuse est redevenue à la mode.

La demande a changé… car l’offre aussi a changé.

Et beaucoup. L’offre s’est bonifiée, et pas seulement dans les petites boutiques spécialisées. Il faut dire que les producteurs ont énormément innové. Le secteur agroalimentaire s’est diversifié, en quantité comme en qualité. Il n’y a pas si longtemps, les produits d’ici, c’était l’érable, les petits fruits d’été, le blé d’Inde. Aujourd’hui, on trouve partout toutes sortes de fruits, de légumes, de viandes, de produits préparés, de conserves, de surgelés. La notion de terroir a explosé.

Depuis quatre ans, vous êtes porte-parole de la campagne «Aliments du Québec, toujours le bon choix», du Conseil de promotion de l’agroalimentaire du Québec (CPAQ). Est-ce que cette campagne porte ses fruits ?

Il y a un engouement pour les aliments du Québec et pour les aliments préparés au Québec. Il y a quatre ans, 11 000 produits étaient homologués par le CPAQ. Il y en a 17 000 aujourd’hui. Les gens en demandent. Les épiciers en fournissent, et il faut souligner que toutes les grandes bannières participent à la campagne. Les restaurateurs aussi ont embarqué dans le mouvement. Selon un sondage, 92 % des consommateurs ont une perception positive de la marque Aliments du Québec. La prochaine étape, c’est le secteur institutionnel : ceux qu’il faut convertir, ce sont les cafétérias, les écoles, les hôpitaux.

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Dans le numéro de L’actualité présentement en kiosque et sur tablette (IOS et Androïd), Chantal Fontaine nous parle de la «crise» des restaurants à Montréal.

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À propos de Yanick Villedieu

Yanick Villedieu a effectué sa première incursion dans le monde du journalisme gastronomique en publiant, en 1999, un reportage sur les fromages du Québec dans le magazine L’actualité. Il anime le magazine scientifique radio Les Années lumière sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première et publie régulièrement des articles sur la médecine et la science dans L’actualité, en plus d’y signer la chronique «Plaisirs gourmands». On peut le suivre sur Twitter : @yanickvilledieu.

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