La solidarité par le tourisme

« Quand s’abat un fléau comme celui de Port-au-Prince, les gens nous téléphonent pour savoir s’ils peuvent partir avec nous pour offrir de l’aide sur place, dit Justine Lesage, porte-parole d’Oxfam-Québec. Mais seuls des coopérants bien entraînés peuvent être envoyés, du jour au lendemain, sur le site d’une catastrophe ».

Crédit: Gary Lawrence
Crédit: Gary Lawrence

On le voit, en matière d’aide humanitaire, certains ne se contentent pas de donner de l’argent : ils veulent bouger, agir, participer. Or, s’ils ne peuvent se transmuer en coopérant en un tournemain, le drame d’Haïti nous rappelle qu’il existe plusieurs façons de partir à l’étranger pour aider son prochain. C’est ce qu’on appelle le tourisme solidaire, communautaire ou volontaire, aussi décrit comme le tourisme social ou volontourisme.

Né de la volonté de voir le monde tout en aidant des communautés dans le besoin, le tourisme solidaire implique qu’on œuvre bénévolement pour une bonne cause : projet de développement, recherche scientifique, protection environnementale ou animalière, etc. Quand il vise le bienfait de l’humanité, le tourisme solidaire devient humanitaire : aide aux victimes d’une inondation, reconstruction de villes et villages à la suite d’un cataclysme, que ce soit un tsunami ou un séisme…

De façon générale, les gestes posés par le touriste solidaire se rapprochent du travail du coopérant, à cette différence près que le premier est mobilisé sur de courtes périodes et qu’il n’est généralement pas rémunéré; au contraire, il paie de sa poche la totalité de son périple, fait du bénévolat et sacrifie parfois sur le confort de ses vacances. Dans certains cas, une partie du montant du forfait payé est même versé à de bonnes oeuvres, sur place.

D’aucuns soulèvent cependant des doutes quant aux motivations profondes qui animent certains organismes, tandis que d’autres estiment que le tourisme communautaire ne sert qu’à donner bonne conscience à des touristes qui en font trop peu, trop tard. Cela dit, plusieurs agences méritent qu’on les considère.

Au Québec, Expéditions Monde propose ainsi une dizaine de « voyages communautaires » (rénovation d’une école en Tanzanie, développement de l’écotourisme au Laos, etc.).

 Mer et Monde offre des « initiations à la coopération internationale », avec des stages de 2 semaines à 3 mois, gratuits ou non, au Honduras et au Sénégal.

HorizonCosmopolite propose des stages de tourisme solidaire et d’immersion culturelle dans une vingtaine de pays sur quatre continents: travail dans un orphelinat au Ghana, enseignement dans une école primaire du Guatemala, etc.

Humanis Voyages allie aventure et travail communautaire en Asie et dans les Amériques: construction de petites maisons, travail dans une clinique, un hôpital ou une communauté, etc.

Toujours près de chez nous, la Canadian Alliance for Development Initiatives and Projects (CADIP) permet de prendre part à une foule de projets variés, partout sur la planète: reconstruction d’écoles détruites par un ouragan, sauvegarde des tortues géantes au Mexique, fouilles archéologiques…

Dans un créneau plus précis, le Earthwatch Institute verse dans le tourisme solidaire à vocation scientifique (impact des changements climatiques sur certaines régions, gestion durable de la forêt pluviale de Porto Rico, etc.)

Adventures in Conservation s’intéresse pour sa part à la sauvegarde du patrimoine architectural mondial (restauration de sites, reconstruction d’immeubles détruits par des séismes, etc.)

Enfin, le Réseau de veille en tourisme de l’UQAM, la Commission canadienne du tourisme (CCT), Les Amis de la Terre ainsi que le réseau Matador proposent d’autres exemples de tourisme solidaire/volontaire.

Pour d’autres suggestions de périples humanitaires, solidaires ou communautaires, consultez ce site ou procurez-vous l’ouvrage 500 places where you can make a difference, publié chez Frommer’s.

Pour prendre part à des séjours ou à des stages plus longs, ou pour devenir coopérant, consultez la liste de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) ou procurez-vous le guide Stagiaires sans frontières, publié chez Ulysse.

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Mise à jour: le réseau Matador, une communauté de voyageurs allumés, est en train d’organiser un voyage humanitaire pour tous ceux qui bénéficient d’une certaine expérience sur le terrain et qui voudraient donner temps et efforts pour Haïti.

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Excellent billet, vraiment très complet! Merci pour toutes ces informations. Je renvoie les lecteurs d’EnTransit.ca chez toi!

Nous aimerions consacrer notre été 2011 pour un voyage de tourisme humanitaire. Nous sommes un couple dans la cinquantaine avec un enfant de 10 ans. Nous aimerions partir avec notre campeur vers le Mexique. Pouvez-vous nous suggérez des adresses ? Par où commençez nos démarches ?

Merci
Denis Gauthier

Merci d’avoir fait cette recherche, vous allez certainement donner un coup de pouce à ceux qui veulent faire une différence et ne savent pas par où commencer. Je recommande fortement l’expérience qui est, soit dit en passant, beaucoup plus enrichissante qu’une semaine dans un « resort ».

Bravo à tous ces organismes qui nous permettent de vivre une vraie expérience inter culturelle et bâtir un monde meilleur en faisant de nous des êtres plus conscient du monde qui nous entoure!

p.s.: Je suis d’accord avec Lucie, Jeunesse Canada Monde a changé la vie de milliers de jeunes d’ici leur ayant appris à voyager différemment. Pour moi, tout à commencé avec eux… tout comme le fondateur de Horizon Cosmopolite.

Bonjour,

Très intéressant comme topo. Je suis certaine que ceci aidera plusieurs à orienter leurs démarches.

J’ajouterais aussi, comme mentionner dans d’autres commentaires, Jeunesse Canada Monde.

Pour avoir participé à un échange à la fin de mon baccalauréat avec cet organisme, je peux affirmer qu’il a changé ma vie et qu’il m’a ouvert à monde différent.

http://www.canadaworldyouth.org/en/Splash.aspx

En tant qu’ancienne participante au programme Jeunesse Canada Monde (Ontario-Honduras 2006-2007), je ne peux, moi aussi, que chaudement recommander ce programme. Bien que ce soit un programme d’échange culturel et de bénévolat plus que de tourisme en tant que tel, le programme nous permet, tout en nous impliquant dans une communauté au Canada et à l’étranger, de découvrir plusieurs lieux avoisinant ces communautés, de participer à différents événements et festivals locaux tout en bénéficiant des autres avantages qu’apporte la vie à l’étranger comme l’apprentissage d’une nouvelle langue, la découverte de nouveaux plats, une vie culturelle différente, etc. Lors de mon séjour au Honduras dans le cadre du programme, j’ai un le privilège de visiter une plantation de café ainsi qu’une usine où on sèche et emballe celui-ci, ainsi que petit atelier artisanal de transformation de canne à sucre. Et ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. À cela s’ajoute un apprentissage auprès des organismes que nous appuyons durant le programme et des réflexions amorcées grâce aux événements et réalités dont nous sommes témoins. Et tout cela se fait en collaboration avec des acteurs de la communauté, que ce soit des familles d’accueil ou différents autres intervenants. Le programme m’a bien fait prendre conscience des réalités des pays en développement et cela n’a fait que renforcer mon désir de m’impliquer ici et à l’étranger, en plus de confirmer mon choix d’étudier en développement international.
Pour plus de détails: http://www.jeunessecanadamonde.org/fr/