La sortie de la semaine : à la pêche comme les coureurs des bois

Des lacs isolés et totalement sauvages, sans accès routier, où nagent des poissons indigènes. Voilà la promesse invitante de la pêche aventure dans certaines réserves fauniques.

Photo : Simon Diotte

Cet été, notre collaborateur, spécialiste du plein air, propose une sortie par semaine pour s’éloigner des sentiers battus tout en découvrant les splendeurs de la nature du Québec.

La pêche sportive, est-ce réellement un sport ? Quand on se rend au plan d’eau en 4 x 4, qu’on embarque à bord d’une chaloupe à moteur et qu’on repère avec un sonar les poissons ensemencés, que reste-t-il de l’esprit d’aventure ? Peut-être pas grand-chose, à vrai dire.

D’où le plaisir de faire les choses autrement. De renoncer à la chaloupe, au quai et au gros véhicule à quatre roues motrices pour aller taquiner les poissons dans leur milieu naturel sur des lacs isolés, non exploités, et inaccessibles en camionnette. Voilà ce que proposent trois réserves fauniques de la Sépaq — Mastigouche, Papineau-Labelle et Rouge-Matawin — avec leur forfait « Pêche aventure ».

Le concept : le pêcheur réserve 48 h à l’avance un lac difficile d’accès, sans signalisation, qu’il choisit sur une longue liste fournie par la réserve faunique. Dans certains cas, aucune route ne dessert le plan d’eau ; d’autres fois, le chemin qui y menait est abandonné depuis des lustres et la réserve faunique ignore son état. Le potentiel de pêche de ces lacs est inconnu.

La récompense du pêcheur-aventurier, si jamais il atteint le plan d’eau, car aucune garantie n’est offerte à ce sujet : la possibilité de pêcher des truites, dorés ou brochets indigènes, peut-être même des spécimens de grosse taille. Et le calme absolu. À nous les zones « inaccessibles » !

L’important, ce n’est pas la destination, mais la route, dit-on souvent. En pêche aventure, rien n’est plus vrai. Si des lacs sont situés relativement près des chemins forestiers, d’autres exigent de longues marches pour s’y rendre, en passant par de vieux chemins forestiers ou pistes de VTT, ou carrément en plongeant dans la forêt dense. Carte, boussole et GPS sont recommandés. La seule garantie que fournit la réserve faunique, c’est que ce sera une aventure. J’en parle en connaissance de cause, ayant déjà réservé un lac que je n’ai jamais trouvé…

À moins de vouloir pêcher à gué, les explorateurs doivent portager leur embarcation, comme un canot, une planche à pagaie ou un kayak gonflable. Bye-bye moteur, vive la rame ! Certains lacs sont accessibles en VTT. Mais rien ne vaut une marche hors sentier qui ouvre l’appétit pour du poisson frais.

La réserve faunique Mastigouche autorise le camping sauvage sur le bord d’un plan d’eau. Par contre, dans la forêt profonde, trouver un espace suffisamment grand pour y déposer une tente, même de petite taille, n’est pas chose aisée. Les plages de sable font de bons campements, encore en faut-il une qui soit dégagée. Mais ce léger détail ne freinera pas l’enthousiasme d’un pêcheur-aventurier !

Info pratique

Les pêcheurs doivent réserver leurs lacs faisant partie du plan « Pêche aventure » en téléphonant aux postes d’accueil des réserves fauniques Mastigouche, Papineau-Labelle et Rouge-Matawin. Aucune réservation en ligne. Les droits d’accès sont de 20,17 $ par personne.

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