La sortie de la semaine : Jouer aux joyeux naufragés dans l’archipel d’Hochelaga

À l’est de Montréal, les pagayeurs accostent en toute légalité sur des îles privées en vue de pique-niquer, d’observer les bêtes à plumes et de contempler ce joyau national qu’est le fleuve Saint-Laurent.

Photo : Simon Diotte

Cet été, notre collaborateur, spécialiste du plein air, propose une sortie par semaine pour emprunter de nouveaux sentiers tout en découvrant les splendeurs de la nature du Québec.

L’île de Montréal fait partie de l’archipel d’Hochelaga, qui compte plus de 300 îles et îlots, du lac des Deux Montagnes jusqu’à l’extrémité est de l’île de Montréal. La plupart de ces îles sont occupées depuis longtemps, mais il en reste encore à l’état sauvage.

Entre Pointe-aux-Trembles, Repentigny et Verchères, Conservation de la nature Canada, un chef de file en protection des milieux naturels, rend accessibles aux kayakistes, canoteurs et autres explorateurs non motorisés quatre de ses propriétés insulaires. De courts sentiers, des plateformes d’observation et des panneaux d’interprétation lèvent le voile sur les richesses écologiques de ces réserves naturelles situées au confluent de la rivière des Prairies et du fleuve Saint-Laurent. De la grande nature à seulement quelques coups de pagaie des zones urbaines.

À 300 m de la rive de Pointe-aux-Trembles, l’île Bonfoin est la plus accessible. Elle se compose d’une prairie naturelle où grouillent un nombre impressionnant de couleuvres rayées. Des hirondelles de rivage nichent dans ses pentes sablonneuses et plusieurs espèces de poissons frayent dans ses chenaux. Des biologistes croient même que la tortue géographique pondrait ses œufs sur la plage.

Située en face du parc montréalais du Bout-de-l’Île, dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, l’île à l’Aigle propose deux plateformes d’observation reliées par un sentier linéaire. Interdiction de marcher hors sentier, car cette prairie insulaire constitue l’habitat de prédilection du goglu des prés, dont le chant ressemble aux sons émis par R2-D2, célèbre robot de La guerre des étoiles. Ce volatile en fort déclin niche à même le sol au printemps.

Un peu plus au nord, l’île aux Cerfeuils possède aussi son sentier et sa plateforme offrant une vue à 360 degrés. On se trouve ici dans l’univers du hibou des marais, un des rares oiseaux de proie qui chassent en plein jour. Ce rapace niche sur la terre voisine, l’île aux Asperges, une autre propriété de Conservation de la nature Canada, qui demeure inaccessible pour cette raison.

Plus en aval, à la hauteur de Verchères, l’île Beauregard constitue une autre escale intéressante, dotée d’un petit sentier à son extrémité sud. Ce territoire protégé sert de refuge à l’arisème dragon, une plante menacée qui pousse presque exclusivement le long du Saint-Laurent.

Comment fait-on pour visiter ces îles ? L’organisme Conservation de la nature vient de lancer une carte détaillée, baptisée le Circuit nautique, qui indique les points de mise à l’eau, les endroits où accoster sur les îles, les sites d’intérêt et le sens recommandé de la navigation.

Ceux qui possèdent leur propre embarcation peuvent la mettre à l’eau à partir des parcs riverains qui se trouvent à proximité, comme le parc du Bout-de-l’Île, à Montréal, ou le parc Saint-Laurent, à Repentigny.

Sinon, La Route de Champlain loue des kayaks et organise des visites guidées de cet environnement à partir de son camp de base de la plage de l’Est, dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles. Ces excursions procurent une autre perspective de Montréal et du Saint-Laurent. À l’abordage !

Information sur les îles : Conservation de la nature Canada

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