La sortie de la semaine : marcher entre deux pays

Le vaste réseau pédestre des Sentiers frontaliers chevauche la frontière canado-américaine et mène aux plus hauts sommets du Québec méridional.

Photo : Simon Diotte

Cet été, notre collaborateur, spécialiste du plein air, propose une sortie par semaine pour s’éloigner des sentiers battus tout en découvrant les splendeurs de la nature du Québec.

Fondé par quelques amateurs de randonnée pédestre en 1995, le club des Sentiers frontaliers gère aujourd’hui un vaste réseau de plus de 140 km qui va du parc national du Mont-Mégantic jusqu’à la municipalité de Woburn, en passant par une série de montagnes frontalières. Plus de 75 km de ce réseau sillonnent littéralement la ligne de démarcation, une emprise de 6 m de large séparant le Canada des États-Unis, envahie par les fougères et ponctuée de bornes frontières.

Ce réseau majoritairement linéaire, on le doit à une poignée de bénévoles qui y ont investi corps et âme à partir de 1995, ouvrant les pistes et construisant des abris à la force de leurs bras. Son initiateur, André Blais, toujours actif, voulait créer un réseau de longue randonnée comparable aux longs sentiers des États-Unis, tirant profit de la présence de quatre sommets de plus de 1 000 m dans la région de Mégantic, avec refuges, abris et emplacements de camping en chemin. Mission accomplie depuis 2009.

L’objectif suprême de son idéateur : relier son réseau au mythique Appalachian Trail (AT) américain, qui ne passe pas très loin du poste-frontière de Woburn, dans le secteur du mont Bigelow. Rêve qui demeure inachevé. Mais André Blais ne lâche pas et se console à l’idée d’avoir réussi à atteindre un autre sentier américain, le très rustique Cohos Trail, à partir du poste-frontière de Chartierville. Le Cohos Trail rejoint ensuite l’AT, 275 km plus loin, dans les montagnes Blanches.

Un réseau panoramique

Les Sentiers frontaliers en mettent plein la vue. Le secteur le plus populaire est celui du mont Gosford, où 40 km de pistes sillonnent la montagne et les reliefs avoisinants. Au sommet de cette merveille se dresse une tour d’observation exposée aux quatre vents qui permet d’embrasser du regard toute la région. Au nord, le mont Mégantic se dévoile. Au sud, ce sont les montagnes des États-Unis.

Les randonneurs fuyant les foules au sommet du mont Gosford poursuivent leur trajet vers le cap Frontière (1 154 m) et le pic Frontière (1 175 m), sur la ligne de démarcation entre le pays à la feuille d’érable et celui de l’Oncle Sam. Ces deux postes d’observation procurent des vues dégagées sur la mer de montagnes au sud de la frontière. L’accès aux Sentiers frontaliers, situés sur des terres publiques, est gratuit. Cependant, l’organisme Gestion Mont-Gosford impose des frais d’accès à son territoire (5 dollars par personne, par séjour, gratuit pour les moins de 18 ans), et la totalité de cet argent finance l’entretien des lieux. Résultat : la seule manière de soutenir les Sentiers frontaliers et leur réseau est de devenir membre (40 dollars par personne, 60 dollars par famille) de cet organisme (inscription en ligne) ou de faire une contribution volontaire. Un geste important, car la petite équipe de bénévoles des Sentiers frontaliers ne peut pas accomplir continuellement des miracles.

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