Le vif essor des «cafés mortels»

Sorte de croisement entre le café philosophique, le club de lecture et le groupe de discussion, les Death Cafés accueillent des clients qui ne se connaissent ni d’Ève ni d’Adam… et qui viennent y discuter de mort et de deuil.

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Photo : Getty Images

Ainsi donc, le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, «dit aux médecins québécois de respecter le Code criminel», et non la nouvelle Loi québécoise sur l’aide médicale à mourir (adoptée la semaine dernière).

Art_de_vivreAu-delà du «De quoi j’me mêle ?» que plusieurs sont tentés de lui lancer, on pourrait suggérer au brave politicien de participer à l’un des Death Cafés de Londres, de Portland ou d’ailleurs, lors de ses prochains déplacements officiels.

Sorte de croisement entre le café philosophique, le club de lecture et le groupe de discussion, les Death Cafés forment en fait des réunions sporadiques organisées dans des restaurants, des cafés ou tout autre lieu déjà existant.

Les participants — qui ne se connaissent ni d’Ève ni d’Adam — viennent y discuter de mort et de deuil, soulevant de façon informelle leurs questionnements sur «la vie après», la façon de vivre sans l’autre ou… les différentes façons de mourir dans la dignité, voire le sens de la vie. Et si les langues tardent à se délier, un modérateur peut distribuer de petits cartons avec des suggestions de sujets de discussion.

Nul besoin d’être mourant ou sur le point d’être endeuillé pour participer à ces rencontres : «Notre objectif est de sensibiliser les gens à la mort tout en les aidant à tirer le meilleur de leur vie», lit-on en substance sur le site des Death Cafés, décrits comme une «franchise sociale» à laquelle quiconque peut adhérer, à condition de suivre les lignes directrices du concept.

C’est au sociologue et ethnologue suisse Bernard Crettaz qu’on doit l’organisation de ces premiers «cafés mortels», dans les années 1990. Après avoir été repris ailleurs — en France, notamment —, le concept a été relancé par les Londoniens Jon Underwood et Sue Barsky Reid en 2011, et c’est depuis ce temps que les Death Cafés essaiment, rapporte Vice.

À ce jour, on a organisé près de 900 cafés mortels dans une vingtaine de pays d’Europe et d’Asie, ainsi qu’en Australie et en Amérique du Nord — y compris dans le ROC, depuis peu, et à Montréal, depuis 2013.

Après avoir expérimenté l’un des Death Cafés de Londres, le journaliste de Vice qui signe l’article précité a souligné à Jon Underwood que lors de son expérience, il avait autant parlé de la mort que de sujets divers, avec les autres participants. «C’est normal : la mort renvoie aux autres problèmes auxquels nous sommes confrontés dans la société», a répondu l’organisateur.

À quand un Death Café à New Glasgow, la ville néo-écossaise où est né Peter MacKay, ou à Calgary, fief de son parti ? On pourrait y parler non seulement d’aide médicale à mourir, mais aussi d’avortement, de droit à la vie privée et, pourquoi pas, d’un peu de créationnisme.

Pour lire l’article de Vice, cliquez ici.

Pour visiter le site Web des Death Cafés, rendez-vous là ; pour leur page Facebook, c’est par ici.

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À propos de Gary Lawrence

Journaliste indépendant, Gary Lawrence a foulé le sol des sept continents de la planète et de plus de 90 pays. Ex-rédacteur en chef d’un magazine spécialisé en tourisme, il a aussi été rédacteur en chef francophone d’un service de presse touristique et a signé à ce jour des centaines d’articles portant sur les voyages, dont plusieurs dans L’actualité. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @LawrenceGary.

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En espérant que ce ne soit pas noyauté par quelque groupe religieux que ce soit. Pas tant que l’aspect spirituel n’est pas d’importance (au contraire) mais plutôt afin d’éviter que ce ne soit récupéré par des recruteurs, les mieux intentionnés qu’ils soient. Les participants en recherche de réponses doivent demeurer vigilants.

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