Lunenburg, perle architecturale de la Nouvelle-Écosse

Une des deux villes canadiennes, avec Québec, figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, Lunenburg mérite le détour, à une heure de route de Halifax. Voici quatre bonnes raisons de s’y rendre.

Photo : Gary Lawrence

L’arrondissement historique regroupe 403 bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles pour la plupart, formant un ensemble architectural remarquablement bien conservé. Avec ses façades colorées en bois typiques des villages de pêcheurs, ses maisons sur pilotis et son long quai sur lequel on se plaît à flâner, le Vieux Lunenburg constitue le « meilleur exemple encore existant d’un établissement colonial britannique aménagé en Amérique du Nord », déclare l’UNESCO. Un foisonnement de styles architecturaux y sont représentés : victorien, édouardien, géorgien, Second Empire, néogothique, néoclassique, etc., le tout avec de nombreux éléments vernaculaires, comme la lucarne à cinq côtés appelée « Lunenburg bump ».

L’essentiel des bâtiments visés forme un périmètre dense et compact qui s’étend sur quelques rues au nord du vieux port vers les hauteurs de la ville, légèrement en pente. Parmi les adresses à ne pas manquer figurent l’Académie, un peu excentrée (97-101, rue Kaulbach) ; l’église anglicane St. John, reconstruite en 2001 après un incendie (64, rue Townsend) ; ainsi que la maison-musée Knaut-Rhuland (125, rue Pelham), l’une des demeures géorgiennes les mieux conservées au pays. Pour le reste, il suffit d’arpenter Bluenose Drive et les rues parallèles ainsi que leurs artères perpendiculaires pour s’en mettre plein la vue. Pour des visites guidées à pied : Lunenburg Historic Walking Tour.

Le Musée des pêches de l’Atlantique

On y apprend qu’après avoir été habité par des Micmacs et des Acadiens, le lieu actuel de Lunenburg a vu débarquer, en 1753, 1 400 colons qui y ont fondé ce qui allait être le deuxième établissement britannique en Nouvelle-Écosse, après Halifax. Ce groupe de paysans protestants (surtout allemands et suisses, mais également des huguenots français) ont alors prêté serment à la couronne d’Angleterre pour recevoir des terres en échange. Mais celles-ci se sont avérées peu fertiles, et bien vite les paysans se sont faits pêcheurs et constructeurs de bateaux, des activités pour lesquelles la petite ville d’environ 2 300 âmes est encore connue aujourd’hui. En plus de tout dévoiler sur les belles années de la pêche et de la construction navale à Lunenburg, la visite de ce musée permet de rencontrer des pêcheurs et des capitaines retraités, et aussi d’avoir accès à une goélette de 1937, la Theresa E. Connor, ainsi qu’au célèbre Bluenose II.

Le Bluenose II                                                              

Il est la réplique exacte du plus célèbre voilier canadien, le Bluenose, fierté nationale qui a remporté l’International Fishermen’s Race 17 années consécutives, de 1921 à 1938, avant de sombrer dans les eaux des Antilles. Lorsqu’elle est amarrée au quai de Lunenburg, en face du Musée des pêches de l’Atlantique, cette goélette de compétition — qui figure sur les pièces de 10 cents — peut être visitée.

Sur les traces des rum runners

Pour arrondir leurs fins de mois durant la prohibition, de nombreux pêcheurs de Lunenburg (mais aussi d’un peu partout le long des côtes néo-écossaises) se livraient à la contrebande d’alcool, essentiellement du rhum. Cette activité clandestine a donné une certaine impulsion aux chantiers navals néo-écossais, y compris à Lunenburg. Si bien qu’on donna bientôt au littoral sud de la Nouvelle-Écosse le nom évocateur de Rum Row, et aux contrebandiers qui le fréquentaient celui de rum runners.

De nos jours, on peut longer cette côte et revivre un peu cette époque en empruntant à pied ou à vélo la Rum Runners Trail, qui s’étend sur 119 km de Halifax à Lunenburg. Une fois à destination, on conclut le tout par une visite de la distillerie Ironworks, établie dans une ancienne ferronnerie de 1893, où l’on déguste à petites doses les spiritueux produits sur place, dont des gins, vodkas et rhums, il va sans dire. Et après quelques verres, il arrive qu’on remonte légèrement le temps…

À savoir

  • Lunenburg est située à environ une heure de route de Halifax. Flair Airlines relie cette dernière à Montréal en vol direct et sans escale toute l’année, pour de 50 à 200 dollars l’aller simple.
  • Un bon pied-à-terre sur place : le Brigantine Inn, avec ses chambres donnant sur le port et des appartements entiers à louer dans l’Annexe, une demeure ancestrale attenante.
  • Renseignements touristiques : nouvelle-ecosse.com
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