Un proche ne cesse d’insister pour que j’essaie l’homéopathie. Comment le convaincre que ça ne marche pas ?

Je m’appelle Mathieu Charlebois et chaque mois, je réponds à vos grands questionnements existentiels.

Illustration : Stéphanie Aubin

Si les tenants de l’homéopathie étaient vraiment cohérents, ils en parleraient le moins possible. Ils ne diraient le mot qu’une fois par million de phrases et dilueraient leurs arguments au maximum, pour appliquer à leur rhétorique les principes mêmes de l’homéopathie.

Malheureusement, ils insistent souvent pour en parler. Ils citent alors l’exemple de ce bébé qui a cessé de faire des coliques grâce à de petites granules pour prouver que ça ne peut pas être que l’effet placébo. Moi, j’ai un grand-père qui a fumé trois paquets par jour toute sa vie et qui s’est quand même rendu à 98 ans. C’est pour ça que je sais que la cigarette est bonne pour la santé. C’est la magie de l’anecdote.

La solution facile serait de hocher la tête en disant « han han, bien sûr », et même d’essayer l’homéopathie pour ne pas avoir à en débattre. Après tout, le plus grand risque que vous courez, c’est de souffrir de caries à cause du sucre dans les granules. On s’inquiétera toutefois que l’homéopathe convaincu troque un jour un traitement médical important contre un traitement « alternatif » dangereusement inefficace.

Est-il possible de l’amener à changer d’idée seulement avec des faits ? Probablement que non. Du moins, pas d’emblée. 

Bien des gens délaissent la médecine moderne parce qu’ils ne s’y sont pas sentis écoutés et compris. Les promesses de l’homéopathie sont peut-être diluées dans des litres de faussetés, mais elles viennent avec une reconnaissance des maux qu’on tente de traiter. « Tu as mal, je te crois », ce sont des paroles assez puissantes pour convaincre que deux atomes d’oignon dans une piscine d’eau, c’est un médicament efficace contre le mal de dos.

Si vous voulez faire entendre les arguments de la science à votre proche, il vous faudra d’abord de l’empathie et de l’écoute, et dans des quantités tout sauf homéopathiques. 

À cause d’une bronchite, j’ai les sinus continuellement congestionnés à moins de me faire régulièrement un rinçage nasal. Est-ce que je peux faire ça au bureau, ou je dépasse les bornes ?

Au travail, tout ce qui concerne le corps humain, ce qu’il ingère autant que ce qu’il expulse, est un terrain miné. Personne n’aime aller aux toilettes en même temps qu’un collègue, et on raconte que la Première Guerre mondiale a eu comme déclencheur quelqu’un qui avait fait chauffer du poisson dans le micro-ondes.

Pleurer au boulot, devant le patron ? Plutôt mourir ! (Et, idéalement, ailleurs qu’au bureau.)

Devant un milieu de travail qui veut nous déshumaniser et nous transformer en robots sans émotions, mais aussi sans fluides corporels, se faire un rinçage nasal au bureau est un acte de résistance d’une profonde humanité. Un geste nécessaire. Un geste essentiel… mais que vous devriez quand même aller effectuer seul aux toilettes. Personne n’a envie de voir ça.

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La « science » est très loin de tout savoir… tout comprendre… ! Le veut-elle vraiment ?
En revanche, le poids des laboratoires, lui, sonnant et trébuchant, l’est beaucoup plus… !
Alors, parfois, entre une « médecine » peut coûteuse, et un médicament agissant vite et bien – et
pourtant pas toujours en adéquation avec la santé -, le choix, malheureusement, ira évidemment
vers le réflexe conditionné et… conventionné !
Certaines libertés et réflexions font encore partie de nos choix. Et heureusement !

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