Peut-on préciser dans une invitation à des amis que leurs enfants ne sont pas les bienvenus à la soirée ?

Je m’appelle Mathieu Charlebois et chaque mois, je réponds à vos grands questionnements existentiels.

Illustration : Stéphanie Aubin

Au fil des années, j’ai perdu plusieurs amis devenus parents. Oh ! j’adore les enfants. Ce sont les histoires à leur propos qui m’ennuient. Ton bébé fait ses nuits ? Continue à m’en parler et je risque de commencer la mienne très bientôt.

Si vous tenez à voir vos amis parents malgré tout, c’est votre affaire. Et si vous ne voulez pas qu’ils traînent leurs enfants, vous avez sûrement un bon prétexte. Il y a un tigre en liberté dans votre appartement ? C’est une orgie ? N’hésitez pas à préciser vos raisons. Les parents comprendront.

Mais soyons réalistes : la vraie raison est probablement plutôt du type « On peut-tu avoir la paix juste pour quelques heures, s’il vous plaît ? » Et pourquoi pas ? Ça se dit.

Si vous avez des enfants, il va sans dire que vous devez vous aussi vous en départir pour la soirée. Envoyez-les à l’orphelinat ou chez les grands-parents. Autrement, vous aurez l’air d’insinuer que ce sont les marmots des autres, le problème.

Vous vivez l’existence oisive de ceux qui n’ont jamais enfanté ? Ça se complique. Entre parents, on peut se le dire : les fruits de nos entrailles font du bruit et demandent de l’attention. Mais quand un non-parent dit ça à un parent… houla.

La parentalité vient avec mille sacrifices qu’on s’efforce du mieux qu’on peut de ne pas voir. Autrement, il y aurait une épidémie de bébés abandonnés dans les bacs à compost. C’est pourquoi, quand un non-parent qui n’y connaît rien nous rappelle que nous vivons dans une cacophonie permanente causée par deux tornades qui refusent de partager leurs jouets, on le prend si mal.

Pour adoucir le choc, faites-en un événement spécial. Promettez à vos amis une soirée qu’ils n’oublieront pas de sitôt, même s’ils vont commencer à bâiller vers 21 h 30, parce que le plus jeune a la grippe et que ce n’est vraiment pas facile avec l’horaire de la garderie et est-ce que je t’ai dit que Camille-Étienne faisait ses nuits ?

Et c’est à ce moment que vous découvrirez que ce ne sont pas les enfants, le problème : ce sont les parents.

* * *

Ai-je le droit de « flusher » les gens qui m’énervent de mon fil Facebook ?

Attendez, là… Vous êtes en train de me dire que vous ne le faites pas déjà ? Et vous avez survécu sur Internet jusqu’en 2019 ? Bien sûr que vous avez le droit ! La vie est trop courte pour manger du navet, camper devant un Ikea ou lire des commentaires qui nous font rouler des yeux.

Appliquez la règle des trois prises. Commentaire vaguement raciste ? Une prise. Blague sexiste ? Une autre prise. Fausse nouvelle qui prétend que Trudeau veut rendre le sirop d’érable halal ? Troisième prise. La connaissance avec qui on est allé au secondaire en 1982 et qu’on n’a jamais revue depuis est re-ti-rée (de notre liste d’amis) !

Le temps que l’on perd sur Facebook est trop précieux pour ne pas en prendre soin.

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