Meilleures villes où vivre au monde : Toronto première, Montréal deuxième

Même si elle a déjà connu des jours meilleurs, Montréal est la deuxième meilleure ville au monde où vivre, selon le plus récent «Safe Cities Index» de The Economist Intelligence Unit — tout juste derrière Toronto, mais devant des villes comme Stockholm et Barcelone, explique Gary Lawrence.

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Photo : Getty Images

Nous sommes en l’an de grâce 2015, à Montréal. Des geysers émergent de-ci de-là quand une canalisation lâche entre deux nids-de-poule béants, où un cycliste casse parfois sa roue avant. Le Plateau Mont-Royal ressemble à un champ de bataille avec ses tranchées de neige, et les cônes oranges sont tellement répandus qu’il faut porter des verres fumés en permanence pour ne pas être ébloui.
Art_de_vivre

Le métro a des hoquets et ses rames sont usées à la corde, l’aéroport et ses environs sont en chantier depuis 1891 et un vortex polaire gravite en permanence autour du mât du stade, celui-là même dont on ne sait trop quoi faire. Un mois après le dernier redoux, les trottoirs sont toujours recouverts d’une croûte de glace de trois pouces d’épaisseur, alors qu’au cours des dernières décennies, la corruption a gangrené le secteur de la construction (pour ne nommer que lui) — et la ville continue d’en pâtir.

Mais eh ! Qu’importe : Montréal est la deuxième meilleure ville au monde où vivre, selon le plus récent «Safe Cities Index» de The Economist Intelligence Unit (EUI). Tout juste derrière Toronto et devant Stockholm (3e), San Francisco (5e), Barcelone (17e) et Séoul (23e).

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Source : The Economist

Selon le centre d’études du célèbre magazine britannique, tout ce qui irrite au quotidien le Montréalais lambda ne serait donc que gnognotte et broutilles, puisque qu’ici, le coût de la vie, la sécurité (y compris la sécurité alimentaire), le degré élevé de démocratie et la qualité de vie en général se portent assez bien, merci — ce qui, convenons-en, se défend.

De la même manière, l’EUI estime que les conditions économiques et fiscales des classes moyennes aisées, l’environnement d’affaires et les réseaux informatiques de la métropole contribuent à en faire un lieu où il fait bon vivre — ne serait-ce que d’un point de vue professionnel.

Pour mieux comprendre comment l’EUI en est arrivé à pareils résultats, il faut souligner qu’à peine 50 villes du globe ont été sélectionnées pour cette étude, et qu’une quarantaine d’indicateurs ont été utilisés.

Ceux-ci se regroupent en quatre thématiques tournant autour de la sécurité, qu’elle soit numérique (vie privée, cybersécurité, etc.) ou reliée à la santé (coût et qualité des services, mais aussi qualité de l’environnement), aux personnes (taux de criminalité) et aux infrastructures.

À ce dernier égard, on se demande bien comment l’EUI a pu en arriver à déterminer que celles de Montréal sont les sixièmes plus sûres au monde. Pas grave si une pépine se fait avaler par le boulevard de Maisonneuve, qu’un paralume tombe de temps en temps sur l’autoroute Ville-Marie, que le pont Champlain ait besoin d’une poutre pour ne pas s’effondrer ou qu’un viaduc écrase quelque voiture égarée sur l’autoroute 15 : après tout, il faut bien que s’opère la sélection naturelle.

À moins que ce ne soit les infrastructures des autres villes qui soient en si piteux état qu’elles font bien paraître celles de Montréal ?

Quoi qu’il en soit, Montréal brille, aux yeux de l’EUI. Tant mieux pour les Montréalais qui ont le moral à plat et pour ceux qui ont besoin de ce type de palmarès pour attirer touristes, congrès et investisseurs — ce qu’on ne manquera sûrement pas de faire au cours de l’année. Comme le souligne Éric Grenier, dans le Journal de Montréal, «l’affaire est telle que […] CNN titrait sur son site web que le bonheur, visiblement, venait avec une assiette de poutine»…

Pour consulter le «Safe Cities Index 2015» de The Economist Intelligence Unit, cliquez ici.

* * *

À propos de Gary Lawrence

Journaliste indépendant, Gary Lawrence a foulé le sol des sept continents de la planète et de plus de 90 pays. Ex-rédacteur en chef d’un magazine spécialisé en tourisme, il a aussi été rédacteur en chef francophone d’un service de presse touristique et a signé à ce jour des centaines d’articles portant sur les voyages, dont bon nombre dans L’actualité. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @LawrenceGary.

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4 commentaires
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Il y a 2 problèmes importants à noter avec ce palmarès des villes où il fait le mieux vivre :

1- Le rang final est établit sur la base d’une moyenne de différents indices. Ces indices n’ont pas tous autant de villes évaluées et par conséquent, certains indices impactent davantage la moyenne que d’autre. Par exemple, les indices concernant la démocratie et la qualité de vie (« Liveability ») contiennent respectivement 167 et 140 villes évaluées.

Donc une ville comme Londres qui est 55è sur 140 pour la qualité de vie est impactée davantage dans son résultat moyen que d’autres villes qui performent bien dans cette catégorie, mais moins bien dans une autre catégorie avec moins de villes évaluées (comme l’environnement d’affaires : 82, ou encore la sécurité : 50 seulement).

Pour que ce soit « fair » pour tout le monde, il aurait ajuster le classement pour tous les ramener sur 50, soit le nombre de villes évaluées dans cet « indice des indices ».

2- En matière de sécurité, Montréal arrive seulement 14è sur 50, malgré une 6è place en infrastructure. La plupart des villes en-dessous sont reconnues pour un certain niveau de criminalité, voire des gangs de rue influents. Il y a quelques exceptions, mais qui s’expliquent avec certains classements spécifiques plus faibles : Francfort, Brusselles, Séoul, Milan, Rome.

Montréal serait la sixième meilleure ville au monde pour ses infrastructures!

Soit c’est une farce, de l’incompétence crasse ou le reste de monde est réellement en train de tomber en ruine…