Mon kayak, ma canne à pêche

Plus économique, plus sportive et moins pépère que la pêche en chaloupe, la pêche en kayak soulève un enthousiasme monstre dans le monde. Et le Québec n’échappe pas à la vague.

Les kayaks de pêche se distinguent de ceux destinés à la promenade et son plus stables. (Photo: Pélican)

Cet été, partez à l’aventure dans les archives de L’actualité pour (re)découvrir les grands classiques estivaux du Québec.

Après quelques jours sans pluie, le niveau de la rivière du Nord, entre Val-David et Val-Morin, dans les Lau­rentides, est à son plus bas. Un faible débit qui fait redouter les hauts-fonds aux adeptes de bateau à moteur. Mais la profondeur de l’eau, Ronald Raymond n’en a cure. Car ce pêcheur à la mouche devant l’Éternel pratique son sport à bord de son kayak, qui ne craint ni les écueils ni le faible tirant d’eau. À lui les brochets, les maskinongés et les achigans !

Ex-fervent de la chaloupe, Ronald Raymond s’est converti à la pêche en kayak il y a quatre ans, même s’il n’avait à peu près jamais pagayé de sa vie. «J’avais essayé une fois, il y a longtemps, mais j’avais peur de renverser», se rappelle-t-il. Cette fois-ci, la donne a changé. Les coûts d’accès aux rampes de mise à l’eau pour les bateaux à moteur ne cessent de grimper depuis quelques années au Québec, au nom de la protection contre les espèces envahissantes. Un seul passage peut coûter jusqu’à 300 dollars, au grand désespoir des pêcheurs.

Mais en kayak, nul besoin de telles rampes. Donc, pas de frais à payer. C’est par la force des choses que ce résidant de Saint-Jérôme est devenu pêcheur-kayakiste. Et contre toute attente, il en est maintenant mordu. «Dans mon kayak, je n’entends plus le pout-pout-pout du moteur et je ne sens plus l’odeur d’essence. Je n’ai jamais connu un tel sentiment de détente. En plus, je me sens en meilleure forme !» confie ce retraité tout en lançant sa ligne dans la rivière du Nord.


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Ronald Raymond n’est pas le seul à «défroquer» de la chaloupe. Un nombre grandissant de pêcheurs se convertissent aux vertus de la pêche en kayak. Plus silencieuse, plus écologi­que, plus sportive et moins coûteuse, cette façon de taquiner la faune aquatique séduit autant de jeunes kayakistes qui veulent ajouter du poisson au menu de leur expédi­tion que de pêcheurs émérites en quête de nouvelles expériences.

«Les pêcheurs en ont assez des bateaux qui coûtent une fortune, des moteurs qui brisent tout le temps et de tous les gadgets électroniques qu’on leur vend pour pratiquer leur loisir. De plus en plus d’entre eux aspi­rent à un retour aux sources», constate René Boily, gérant d’Aerosport Oka, une boutique qui vend désormais autant de kayaks destinés à la pêche que de modèles de promenade.

Si les pêcheurs-kayakistes sont encore marginaux au Québec, il en va autrement au sud de la frontière. Selon l’Outdoor Foundation, regroupement américain de l’industrie du plein air, la pêche en kayak, en hausse de 17 %, constitue la troisième activité en plus forte crois­sance aux États-Unis depuis trois ans, derrière la planche à rame et les triathlons. On compte aujour­d’hui 2,3 millions de pêcheurs à pagaie au pays de Barack Obama, en voie de dépasser le nombre de surfeurs (2,7 millions).

Ronhald Raymond a «défroqué» de la pêche en chaloupe. Fini le pout-pout du moteur! (Photo: Simon Diotte)
Ronhald Raymond a «défroqué» de la pêche en chaloupe. Fini le pout-pout du moteur! Photo: Simon Diotte

Et on n’est qu’au début de la vague. «Avec la fibre écologi­que qui se manifeste davantage et la prise de conscience des bienfaits de l’activité physique, on sent une transition des bateaux à moteur vers les petites embarcations non polluantes», observe Vincent Bédard, directeur des communications et du marketing de Pelican International, un leader mondial dans la fabrication de véhicules nautiques en tout genre.

Comme la plupart des pêcheurs québécois, Laurent Dupré, 50 ans, a découvert la pêche en kayak par hasard, chez un grand détaillant d’articles de sport. De façon impulsive, il a acheté une embarcation avec porte-canne intégré, lui qui n’avait jamais fait de kayak de sa vie. Dès la première sortie, c’est le coup de foudre. «En kayak, on est à la surface de l’eau, dans l’arène du poisson. Quand ça mord, on livre un véritable combat !» affirme ce passionné établi sur la Rive-Sud, près de Montréal.

C’était en 2010, époque où Laurent Dupré était seul au monde dans son kayak. Depuis, ce kayakiste a été témoin de l’évolution spectaculaire de ce sport. Car les embarcations de pêche se perfectionnent et elles se distinguent de plus en plus des kayaks traditionnels. Dans certains esquifs, la pagaie devient même un équipement facultatif, comme dans celui de Ronald Raymond, de marque Hobie. Le pêcheur le propulse en actionnant, par l’intermédiaire de pédales, des palmes placées sous le bateau, ce qui libère ses mains pour lancer la ligne.


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D’autres fabricants mettent en avant des technologies similaires qui transforment l’expérience de pêche. «Ce sont des produits de luxe, qui coûtent de 3 000 à 8 000 dollars, mais qui demeurent moins chers qu’une chaloupe à moteur, dont le prix oscille entre 5 000 [d’occasion] et 35 000 dollars , dit Laurent Dupré, qui a quitté depuis peu son travail dans le domaine de la sécurité industrielle afin de devenir vendeur de kayaks à temps plein.

Les kayaks de pêche se distinguent aussi par leurs sièges plus larges et plus confortables que la moyenne, qui facilitent les longues sorties, et leurs compartiments plus volumineux pour ranger les agrès. «Les embarcations sont aussi plus stables que jamais, explique Vincent Bédard. Certaines permettent d’y pêcher debout.» Résultat : la peur de chavirer devient de moins en moins présente chez les pêcheurs, dont la plupart ne suivent pas de formation sur les techniques de navigation en kayak.

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, organisme qui promeut les activités de prélèvement faunique, voit de façon positive l’arrivée de cette tendance. «Ça donne une nouvelle image de la pêche, plus active, qui pourrait intéresser un autre public», affirme Stéphanie Vadnais, conseillère en communication et elle-même adepte de la pêche en kayak. Parmi ce nouveau public, on compte les femmes, qui apprécient l’aspect physique de cette pêche vraiment sportive. «On remarque que les hommes convainquent plus facilement les femmes de les accompagner en kayak», constate Jeff Rivest, représentant québécois de Hobie.

Mesdames, allez-vous finalement mordre à l’hameçon ?

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1 commentaire
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Ces quand j entend dire le vieillissement de la population ont a engager des statisticiens a gros salaire depuis 50 ans et nous le répétez Ont demande une politique du troisième enfants depuis 40 ans ,criss de gouvernement qui se suivent t qui aide pas bientôt sa va prendre du poisson Halal dans nos lac .