Montréal-Senneterre: voyage dans un train mythique

L’auteure Jocelyne Saucier raconte son voyage au pays des lacs et des forêts, dont elle est originaire.

Galerie d’images

Infos
Fermer
Plein écran

      Durant le trajet de Montréal à Senneterre, en Abitibi, les heures s’étirent à la cadence des paysages et des arrêts dans les gares, où l’arrivée d’un train est toujours un événement. L’auteure Jocelyne Saucier, lauréate de plusieurs prix pour son roman Il pleuvait des oiseaux, raconte son voyage au pays des lacs et des forêts, dont elle est originaire.

      À LIRE AUSSI SUR L’ACTUALITÉ.COM :
      Le dernier tronçon encore vivant d’un train mythique >>

      Dans la même catégorie
      6 commentaires
      Les commentaires sont fermés.

      Le monde est petit !
      J’ai beaucoup aimé le texte de Madame Saucier. Je suis une fille de la ville, ayant habité six ans à Parent (et toujours en amour avec ce petit village qui est si précieux pour moi, nous y retournons à chacune de nos vacances). Ma famille et moi habitons à Montréal depuis 2003, nous y sommes revenu, entre autres, pour les études de notre fille. Elle est étudiante au Cégep, et elle a eu la chance de rencontrer madame Saucier à Québec, pour un concours littéraire, où justement, son livre « Il pleuvait des oiseaux » a été choisi (http://www.ledevoir.com/culture/livres/347437/salon-du-livre-de-quebec-la-romanciere-jocelyne-saucier-remporte-le-prix-des-collegiens). Merci à madame Saucier d’avoir si bien décrit son voyage. Entendre parler de mon coin de paradis me fait toujours chaud au coeur.
      La « Parentaise » (Parentoise de coeur et Montréalaise par obligations).

      Le Curé Labelle rêvait d’unir les Francos-Manitobains, les Francos-Ontariens et les gens du nord, avec ce train.

      Les photos et les textes sont admirables. Ayant vécu èa Amos durant mes annnées de jeunesseet ayant emprunté le train d’Amos èa Québec de facon régulièere je me suis reconnu. Petite anecdote;; J’ai commencé èa voyage èa 6 ans. Mon pèere me confiait au chef du train èa Amos vers 13 ou 14 hre et je partais pour Québec oèu j’arrivais le lendemain matin vers 7.00. J’étais recu par mes oncles et mes tantes èa la gare du Palais. J’avais dormi sur un banc toute la nuit sous la surveillance du chef de train. Quel beau souvenir…

      Oui comme le dit madame Garret, le monde est petit et j’ajouterais le passé mêlé au présent est si riche !

      Ce reportage me plonge dans plusieurs beaux souvenirs qui illuminent comme feux d’artifice ma mémoire. D’abord me vient celle de mon oncle Fernand et de ma tante Rita. Il a été longtemps avec sa fidèle compagne chef de gare à Senneterre. Sa famille ne pouvait se déplacer facilement pour se joindre à la grande famille élargie qui se retrouvait réunie dans le Temps des Fêtes chez mes grands parents à St-Boniface de Shawinigan. Fernand pour moi c’était la sagesse et ses enfants à la fois de mystérieux et magnifiques « étrangers » du Nord. Ces magnifiques cousines et cousins me faisaient si chaud au coeur quand on pouvait les retrouver chez grand-papa Bourassa. Dans ma tête d’enfant ils étaient ceux qu’on voyait rarement qui restaient très très loin au bout de la grande forêt.

      Le train Montréal-Senneterre ça représente aussi cet inoubliable voyage que j’ai fait quand j’étais scout à Oskélanéo en Haute Mauricie. Imaginez ! Mon premier contact avec les Amérindiens dont notre guide pendant notre camping d’une semaine fin juin sur le bord du grand lac à la recherche des traces du passage de Radisson et Des Groseillers. Vous vous rappelez, les gens de mon âge, l’émission Radisson à Radio-Canada ? Mon identité québécoise et mon amour profond pour la forêt viennent aussi de là.

      Cet amérindien silencieux, efficace, magnifique interprète de la nature, nous ouvrait sans échanger un mot le chemin pour nos canots sur ces vastes lacs peu profonds de la Haute Mauricie. Il m’avait tellement fasciné ! Pendant cette semaine là, J’ai le souvenir de ne pas l’avoir entendu une fois ouvrir la bouche mais sa présence à nos côtés était immense. Il a été pour moi une invitation à m’ouvrir à tout un univers, inconnu et grandiose. J’avoue ne pas avoir terminé cette découverte de mon frère amérindien.

      Je revis en mémoire le trajet de ce train transsibérien bien à nous avec lequel nous avons flotté pendant des heures au dessus des eaux, des forêts et des nappes de brume, partageant notre wagon avec ces familles amérindiennes embarquées à La Tuque à la fois si loin et si proches de moi le jeune blanc pour la première fois en contact avec ce grand peuple malheureusement trop encore ignoré de nous les blancs.

      Je me souviens comme si c’était hier et je revis aussi comme si c’était hier – j’ai 65 ans aujourd’hui – la fascination et la tristesse qui m’ont envahi quand je suis entré dans la salle d’attente de la gare de Fitzpatrick lieu d’embarquement pour Oskalanéo. Nous sommes rendus plus tard. Mon oncle et sa famille se sont rapprochés de nous pour notre plus grand bonheur. Il avait été choisi comme chef de gare à Fitzpatrick près de La Tuque. Je revois tous ces amérindiens sagement assis sur les banquettes, silencieux, qui plongeaient le regard vers le sol quand nous les regardions dans les yeux…

      Cet article de la revue Actualité a ému mon coeur pour une raison additionnelle et plus actuelle: le rôle qu’a joué Jocelyne Saucier dans sa rédaction. Cette écrivaine est merveilleuse. « Jeanne la brune » et « Il pleuvait des oiseaux » m’ont profondément touché. Merci madame Saucier.

      Je sais cher lecteur et chère lectrice. J’ai été long mais les torrents du coeur et du passé sont parfois incontrôlables.
      En ce lendemain de la Saint-Jean, je réalise que mon identité québécoise s’est aussi nourri de ce vécu immortel. Et là encore je ne vous ai pas parlé de cette grande Abitibi qui m’est entré dans les veines pour toujours après ce séjour que j’y ai fait il y a quelques années avec mon fils. À un moment donné nous sommes arrivés à la fin de notre séjour le nez de notre automobile devant une grande route piquant vers le Nord. Nous étions encadrés de part et d’autre de la route par deux immenses haies d’épinettes noires. Devant: le Nord. Gabriel: Papa je veux y aller – Non Gabi, pas cette fois il faut retourner à Montréal…Nous étions à des kilomètres et des kilomètres de Matagami.

      Michel Filion
      Montréal

      Beaucoup de souvenirs refont surface. Natif de Senneterre, on prenaient le train pour visité ma grand-mère a Québec. Pour moi c’était un voyage extraordinaire. Prendre ce train qui scindait Senneterre en 2 paroisses et nous faisait ragé par journée froide a attendre que le train passe et libéré l’autre moitié de la ville. Outre le voyage avec l’équipe de hockey pee-wee pour un tournoi à Montréal, le souvenir qui me suis resté le plus fort est nul doute celui du wagon-resto qui en faite ne vendait que des sandwich mais pour moi à ce jeune âge c’était un resto 5 étoiles. Oui de beaux souvenirs de nuits blanches à regarder les paysages.

      Bonjour,
      Vous savez ca na pas changer non plus au Saguenay, vous partez le matin a 9.00 pour arriver en soirée à Montréal.
      A l’époque de mon enfance, ca se fesait la nuit, c’était très romantique quand on avait un wagon restaurant mais de nos jours il y en a plus et les départ sont au 2 jours.