Omerto, un vin… de tomate !

La recette de ce vin unique au monde est peut-être secrète, mais il semble que l’Omerto, produit à partir de tomates, soit en voie de conquérir la planète.

omerto

Le rang Saint-Antoine, à Baie-Saint-Paul, s’inscrit comme un incontournable dans la Route des saveurs de Charlevoix. Au Domaine de la Vallée du Bras, Pascal Michel y cultive, transforme et met en marché, de façon artisanale, une rareté : un vin apéritif de tomate.
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Un vin de tomate, est-ce possible ? «Les sceptiques seront confondus», rigole le Québécois d’origine belge, installé dans Charlevoix depuis sept ans. «C’est ici que j’avais envie de mettre au point la recette secrète de mon arrière-grand-père, Omer», enchaîne celui qui se rappelle la longue bataille qu’il lui aura fallu livrer pour faire accepter, du côté des hautes instances, que la tomate est bel et bien un fruit et non un légume.

Son Omerto est en train de conquérir la planète. Seul le marché de la France résiste encore : pour les cousins français, un vin doit exclusivement provenir de la production de raisins.

Outre le Québec, Pascal Michel vise donc le marché américain et asiatique. Il rentre d’ailleurs de Hongkong, avec un carnet de commandes plutôt bien garni. «Plus de 30 pays, incluant la Malaisie et l’Australie, attendent que nous puissions répondre à la demande.»

Qu’a-t-il donc de spécial, ce vin de tomate ? Peut-être le fait… de ne pas goûter la tomate ? On aimera ses notes de fruits et son côté un peu miellé, voire épicé.

Rouge tomate ?

D’entrée de jeu, Omerto étonne. Ni blanc ni rouge, le vin affiche plutôt une robe claire, légèrement ambrée, qui rappelle la couleur du blé.

Le produit a ce petit-je-ne-sais-quoi de liquoreux, d’onctueux au palais. Il accompagne à merveille les charcuteries, les fruits de mer ou l’un des 450 fromages du Québec — par exemple, il est sublime avec un chèvre ou un Migneron de Charlevoix.

Omerto existe en trois versions : sec, moelleux et demi-sec vieilli neuf mois en barrique d’acacia. Un quatrième produit sera lancé à l’automne, soit une version de l’Omerto moelleux qui, lui, sera vieilli en barrique de cerisier et de châtaignier. Attention : on parle de 16 % d’alcool, quand même !

Avec ses 6 200 plants de tomates bios, Pascal Miche produit 45 000 bouteilles par année, qu’il écoule principalement au Québec et, pour le moment, dans cinq pays. Par ailleurs, Omerto a récemment fait belle figure à l’étranger : il a remporté trois médailles de bronze au Cathay Pacific International Wine & Spirit Competition de Hongkong, ainsi qu’une autre au Finger Lakes International Wine Contest, aux États-Unis.

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À propos de Diane Laberge

Diane Laberge a fait ses premières armes dans les médias à titre de rédactrice en chef pour un magazine dédié au plein air et l’aventure. Depuis 2008, elle prête sa plume à diverses publications (Web et imprimées) spécialisées en tourisme, en culture et en art de vivre, au Québec et en France. On peut la suivre sur sur son blogue dianelaberge.com.

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Je suis surpris d’apprendre que : « pour les cousins français, un vin doit exclusivement provenir de la production de raisins »

Il n’existe pas à ma connaissance de définition spéciale (hormis celle du dictionnaire) pour définir qu’un vin serait spécifiquement élaboré à partir de raisin. Un « vin de table » est conventionnellement estimé comme étant produit à partir du raisin. En contrepartie il existe diverses dénominations pour ce qui relève de l’élaboration des produits alcoolisés. Il y a une réglementation Européenne adoptée en 2009 qui vise à protéger les désignations d’origines géographiques et toutes sortes d’appellations propres à tous ces breuvages : (Regulation (EC) No 607/2009).

Depuis toujours, il se concocte des boissons fermentées à partir de fruits et de céréales notamment. Ainsi le terme de « vin de riz » pour définir le Saké est-il couramment utilisé par les français… et que je sache, son importation n’en est pas prohibée.

Il existe même en France suivant la recherche que j’ai effectuée, quelques 8 catégories différentes connues pour désigner les vins de fruits, lesquelles sont les suivantes :

1 : Assemblage à base de fleurs doux.
2 : (Hydromel ou oenomiel) doux.
3 : Vin de ou assemblage à base de groseilles doux.
4 : Rhubarbe doux.
5 : Cerise sec.
6 : Tutti-frutti doux.
7 : Mousseux de création personnelle (sec ou doux).
8 : Apéritif (18 à 20 % d’alcool).
(Source : http://www.larvf.com/) La Revue du Vin de France.

La presse française rend d’ailleurs hommage à ce breuvage encore unique au monde, mais déplore que le titre (niveau d’alcool) de cet apéritif ne soit seulement que de 16 degrés. Il semblerait que l’Omerto était initialement de 18 degrés contre 16 maintenant. En pratique la définition la plus appropriée pour ce produit issu de l’agriculture biologique serait : « Vin doux naturel » élaboré à partir de tomates.

J’en déduis que si ce produit n’est pas commercialisé en France, ce ne sont pas pour des raisons réglementaires et que « les cousins français » seraient des personnes rigides pour ne pas dire obtuses. Lorsque la chose relève uniquement de considérations commerciales. Le produit n’étant pour le moment pas positionné sur le marché français qui dispose déjà d’une offre abondante de toute sorte de breuvages alcoolisés.

Finalement avec une production relativement modeste de 45 000 bouteilles dont beaucoup de flacons de seulement 375 ml qui se vendent ici au Québec au détail pour 24 dollars l’unité et jusqu’à 181,32 dollars pour une caisse de 6 bouteille de 750 ml. Il est facile de comprendre que ce produit est positionné « haut-de-gamme » particulièrement la « Barrique Accacia », qu’il s’adresse à une clientèle aisée ; lorsqu’il est difficile en raison du nombre d’unités produites, de répondre à une demande mondiale dans ces conditions. Surtout lorsqu’on est un producteur indépendant.

En France un tel produit devrait être vendu au minimum le double si le producteur tombe sur un négociant/importateur qui n’est pas trop glouton. Ce serait donc essentiellement un produit de prestige et non une boisson populaire.

— Alors, si vous étiez français qu’est-ce que vous prendriez comme apéritif ordinairement avant le repas : Un Pastis (qui vous coûte moins de 40 cents d’Euro ou un Omerto qui vous coûtera au minimum 6 à 10 fois plus, quand une flute d’un très bon Champagne pour les grandes occasions vous en coûtera presque moitié moins cher ?

« J’en déduis que si ce produit n’est pas commercialisé en France, ce ne sont pas pour des raisons réglementaires et que « les cousins français » seraient des personnes rigides pour ne pas dire obtuses. »

Je ne voie aucune mention de ces deux arguments dans l’article.