Art de vivre

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Tout le monde tout nu à l’aéroport

Il y a deux semaines, j’ai enfilé ma tenue d’Adam, à l’aéroport de Los Angeles. Bras en l’air d’abord, bras devant ensuite, j’ai tout dévoilé : torse, jambes, aisselles, arrière-train… Il paraît que la seule personne qui ait alors scruté de pied en cap ma nudité n’a cependant jamais décelé ne serait-ce que les contours de mon intimité, pas plus qu’elle aurait pu me reconnaître plus tard dans la rue : mon visage et mon aine étaient brouillés par ordinateur, comme si j’avais enfilé un bas de nylon, y compris sur la tête. Depuis l’an dernier, plusieurs aéroports du monde – dont une dizaine aux États-Unis – ont commencé à mettre à l’essai, voire à implanter le ProVision Whole Body Imager, un appareil qui permet de tout voir sous les vêtements des passagers. Enfin, tout ce qui doit être vu : arme blanche, pistolet en métal ou en matériau composite, stupéfiants… Lors de cette fouille à nu virtuelle, tout se passe très vite : on entre dans une sorte de cabine téléphonique vitrée et un scanneur balaie 180 degrés du corps. On effectue ensuite une rotation de 90 degrés, et le scanneur balaie le reste du corps. Bref, rien à voir avec ce que devait subir Joe 90. Contrairement à ce qui est souvent répandu, ce ne sont pas des rayons X qui sont utilisés mais des ondes millimétriques. En gros, la technologie de ce système fonctionne un peu comme celle d’un sonar : le corps est bombardé de millions d’ondes qui se répercutent à sa surface avant d’être récupérées par un capteur. Celui-ci crée en une fraction de seconde une image holographique du corps analysé, révélant tout ce qui ne devrait pas s’y trouver. Le résultat ressemble à une sorte de grande radiographie, et l’impact des ondes sur le corps serait 10 000 fois moins dommageable que ce qu’entraîne l’utilisation d’un téléphone cellulaire, assure le fabricant. Il faut admettre que ce scanneur corporel comporte plusieurs avantages : plus besoin de retirer ses souliers, sa ceinture et ses breloques ou de se faire palper par un douanier mal léché, et exit le détecteur de métal. Conséquemment, le processus de contrôle à l’embarquement s’en trouve accéléré : dans le meilleur des cas, son fabricant assure que le ProVision peut analyser jusqu’à 600 personnes à l’heure. En revanche, depuis la mise en service de ce système, les critiques fusent de toutes parts pour dénoncer ce que plusieurs considèrent comme une grossière intrusion dans la vie privée des particuliers. En France, la simple évocation de la mise à l’essai du ProVision, l’an dernier, a créé tout un tollé, et le Parlement européen a même décrété un moratoire sur son implantation. Pour s’en défendre, ses promoteurs rappellent que les images ainsi créées sont relativement floues et que l’opérateur qui les examine est situé dans une pièce distincte, ce qui l’empêche de faire le lien entre ce qu’il voit sur son écran et cette pulpeuse passagère ou ce bel éphèbe en train de se faire numériser. Ensuite, on assure que les images sont immédiatement détruites. N’empêche que pour l’heure, ce scanneur corporel est plus souvent qu’autrement utilisé de façon complémentaire aux méthodes traditionnelles de contrôle, ce qui a pour effet de ralentir le processus d’embarquement. Au surplus, la mise à l’essai du système a révélé des failles quant à son efficacité, surtout en ce qui a trait à sa rapidité. Rien de tout cela n’a cependant empêché l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) de donner son aval à l’implantation du ProVision dans certains aéroports canadiens, après une période d’essai qui ne s’est pourtant pas avérée concluante, à l’aéroport de Kelowna, en Colombie-Britannique. L’organisme fédéral a même prévu se procurer sept appareils au coût de 200 000 $ pièce, d’ici le mois de mars. Le hic, c’est qu’on ne compte pas, pour le moment, doter ce système du logiciel qui permet de brouiller le corps des passagers, là où il se doit… On peut donc officiellement déclarer les paris ouverts : combien de temps faudra-t-il à un passager canadien pour intenter un recours pour violation du droit à la vie privée et fouilles abusives, après la mise en service de ces appareils?

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Les lundis du livre (3)

Jusqu’à Noël, le blogue Voyage vous présente tous les lundis une sélection de livres qui méritent autant de se retrouver entre vos mains que sous le sapin. En 2007, quand Jean Lemire a publié Mission Antarctique, les choix ont été déchirants, pour lui et les membres de l’équipage du Sedna IV : colliger 100 photos parmi les 75 000 qui ont été prises lors des 430 jours d’expédition de ce célèbre voilier d’exploration. Deux ans plus tard, le biologiste-communicateur-chef de mission récidive avec Le dernier continent, un ouvrage plus volumineux (254 pages contre 160 pour la première édition) qui couvre l’intégrale de cette équipée vouée à l’étude de l’impact du réchauffement climatique sur le continent le plus austral de la planète. Illustré par 350 photos qui sont au mieux exceptionnelles, au pire superbes, Le dernier continent aborde davantage la dimension humaine de l’aventure du Sedna IV, mais aussi la géopolitique, l’histoire et la faune antarctiques, à travers de nombreux extraits du journal de bord de Jean Lemire. À l’heure de l’omniprésence et de l’omnipuissance de la Grande Toile, on peut se demander si le livre Où et quand partir en 2010 a sa raison d’être, puisque l’essentiel de l’information qu’on y dévoile se trouve aisément dans Internet. En fait, ce qui rend cet ouvrage intéressant, c’est sa façon de classer cette information. Dans les premiers chapitres, on peut choisir sa destination en parcourant un tableau qui indique les meilleures et les pires périodes pour voyager, pays par pays, qu’on penche pour le tourisme balnéaire ou culturel. L’ouvrage aborde ensuite les variations d’ensoleillement et de température de la mer, mois après mois, avant de traiter des saisons des ouragans, des grandes migrations animalières (pour les adeptes de plongée et de safaris) ainsi que du prix moyen pour une nuitée et un repas, de Minsk à San Salvador. Enfin, la santé en voyage, la durée des vols, le niveau de sécurité et d’autres aspects logistiques du voyage sont brièvement traités avant que l’ouvrage dévoile en détails des informations pratiques sur près de 200 destinations. C’est là une lapalissade, mais le monde n’est vraiment plus ce qu’il était : la pollution, la surpopulation, le tourisme de masse et, il va sans dire, les changements climatiques menacent une foule de sites naturels et culturels, partout sur la planète. À preuve, la récente publication de 500 places to see before they disappear, une sorte de guide de la dernière chance où on signale l’urgence d’aller voir du côté de Pompéi, de la forêt de Sherwood, des cèdres du Liban ou de Fallingwater, chef-d’œuvre de l’architecte Frank Lloyd Wright, avant que leur état ne s’aggrave. Mi-alarmiste, mi-réaliste, ce livre-requiem édité par Frommer’s sert autant à informer le voyageur en partance qu’à éveiller les consciences sur le sort de la planète tourisme. La Molvanie, vous connaissez? Non, évidemment. Sauf si vous êtes familier avec la loufoque collection Jetlag, traduite et adaptée par Flammarion. Celle-ci compte trois guides de voyage fictifs sur des destinations imaginaires : Phaic Tan, San Sombrèro et la Molvanie, « le pays que s’il existait pas, faudrait l’inventer ». La facture de ces ouvrages est digne des guides les plus sérieux, tandis que leur phrasé emprunte au pire des clichés de rédaction touristique pour décrire des lieux, des gens ou des situations généralement drôles, souvent désopilantes ou absurdes. Le tout est illustré à l’avenant, avec des photos dont on ignore la provenance, mais qui collent parfaitement au propos. Extrait du guide : « Une fois, j’ai fait [la route] Lublova-Dzrebo […] par un sentier à chèvres abandonné. Un des paysages les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné d’admirer. Si le brouillard s’était levé, j’en aurais eu des souvenirs impérissables. »

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Un paquebot rempli de couguars

C’est la semaine dernière qu’a eu lieu la toute première croisière internationale consacrée aux couguars, au départ de San Diego. Détrompez-vous : aucun félin n’a pris place à bord du Elation, immense paquebot de 2052 passagers de la Carnival Cruise Line. Car les couguars en question étaient plutôt des femmes célibataires d’âge plus ou moins mûr (les définitions varient) à la recherche d’hommes d’un plus jeune âge – les cubs, ou « petits animaux », littéralement. Si une telle croisière a été organisée, c’est parce que les couguars sont de plus en plus d’actualité, en Amérique du Nord : séries télévisées, création d’associations, publication de livres et d’un « guide de survie », élection d’une Miss Couguar (qui était l’invitée d’honneur de cette croisière)… En juin dernier, le magazine Newsweek a même décrété que 2009 était l’année du couguar. Pour sa part, le New York Times constate que la présence croissante des cougars correspond à la réalité de changements démographiques. Trop souvent victimes de dénigrement de la part des hommes célibataires de leur génération, « les femmes de plus de 40 ans [sont poussées] à redéfinir leur concept de partenaire satisfaisant », rapporte l’édition française du magazine Slate. Et pour trouver ce partenaire, les croisières s’avèrent tout indiquées, compte tenu de la promiscuité qui prévaut à bord. Surtout si c’est une croisière à thème. Qu’elles visent les œnologues, les nudistes, les ornithologues ou les échangistes, les croisières à thème sont offertes depuis que les croisières existent, et elles répondent à une demande. Il semble que les cougars (ainsi que leurs cubs) forment justement une niche prometteuse : les 300 places disponibles pour cette croisière ont trouvé preneur dès leur mise en vente. Celle-ci durait trois jours et deux nuits et était axée sur la nouba (danse, bonne chère, ripaille…), pour réduire à néant le peu d’inhibitions qu’il restait aux croisiéristes. Car dès le départ, ceux-ci savaient à quoi s’en tenir : la croisière s’adressait clairement aux cougars « qui savent ce qu’elles veulent, et surtout ce qu’elles ne veulent pas : des enfants, la cohabitation et l’engagement »…

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20 (autres) livres-cadeaux pour les Fêtes

À Noël, j’offre des livres. Toutes sortes de livres. Dont des livres de cuisine : des livres de recettes ou des livres avec des recettes, comme il s’en fait de plus en plus. Je vous ai proposé il y a quelques jours mon livre coup de cœur de cette fin d’année, Mon dernier repas, 50 grands chefs et leur repas ultime, par Melanie Dunea (Éditions AdA, 222 p., $ 14,95). Je maintiens ma suggestion, bien sûr. Au cours des derniers mois, je vous ai parlé de livres d’ici qui, ma foi, feraient de délicieux cadeaux de Noël. Je les rappelle à votre mémoire : le nouveau livre de Stefano Novello, Entre cuisine et bambini (éditions du Trécarré, 192 p., $ 39,95), l’adorable Mystère insondable du pâté chinois de Jean-Pierre Lemasson (éditions Amérik Média, 140 p., $ 22,95), le très original PachaMama : Cuisine des Premières Nations de Manuel Kak’wa Kurtness (éditions du Boréal, 184 p., $ 39,95), le rafraîchissant, si l’on peut dire, Sexy, cuisiner pour deux, de Louis-François Marcotte (Flammarion Québec, 128 p., $ 24,95.) et le dépaysant Baguettes et fourchette, de Lilly Nguyen et Robert Beauchemin (éditions La Presse, 192 p., $ 34,95). Je ne voudrais pas non plus oublier un livre non pas de cuisine, mais sur les ingrédients dont on se sert en cuisine, l’indispensable Les 1 001 saveurs qu’il faut avoir goûtées dans sa vie (éditions du Trécarré, 960 p., $ 34,95). Vous trouvez que vous avez déjà l’embarras du choix ? Pour vous « aider », voici 20 autres suggestions de livres-cadeaux… Encore des livres d’ici… puisqu’il en est des livres comme des produits du terroir, il faut les acheter près des lieux de production ! Cuisiner avec Maria Loggia, par Maria Loggia (éditions Cardinal, 176 p., $ 34,95) : un beau livre grand format, abondamment illustré, appétissant, et qui apporte l’Italie dans votre cuisine de façon irrésistible ; les recettes, classiques, sont toujours très bien expliquées – on n’en attendait pas moins de la fondatrice et âme de l’École de cuisine italienne Tavola Mia. Thé, Histoire, Terroirs, Saveurs, par l’équipe de la Maison de thé Camellia Sinensis (éditions de l’Homme, 272 p., $ 39,95) : un autre cadeau de choix ; textes, photos, mise en page, invitation à la dégustation et aux voyages, tout y est, y compris des recettes pour marier thé et aliments, imaginées par quelques grands chefs d’ici – un petit bijou. Les secrets des desserts, par Jérôme Ferrer (éditions La Presse, 128 p. $ 22,95) : ni photos, ni illustrations, ni anecdotes sur la vie de l’auteur… rien que des recettes, il y en a 200, présentées avec simplicité et professionnalisme par le sympathique chef du restaurant Europea, à Montréal. Gourmands de nature, la cuisine en plein air, de la petite à la grande aventure, par Nathalie Le Coz (Fides, 216 p., $ 29,95) et Gourmet nature, par Marie-José Lefebvre et Julie Aubé (éditions Michel Quintin, 208 p., $ 29,95) : deux livres pour nous faire voir la nature d’un autre œil et nous la faire apprécier d’une autre papille ; celui de Nathalie Le Coz est un véritable vade-mecum pour les gourmets amoureux de plein air. Quelques livres de référence… pour enrichir la bibliothèque gourmande de ceux et celles qui aiment (ou qui aimeraient un jour) faire bonne figure en cuisine. Tout le monde peut cuisiner, par Jamie Oliver (Hachette, 360 p., $ 49,95) : le célèbre jeune chef anglais poursuit sa campagne en faveur d’une cuisine simple, populaire et savoureuse… et ses recettes illustrent parfaitement le titre de son livre. . Le grand livre Marabout de la cuisine facile, collectif (Marabout, 640 p., $ 34,95) : pour certains ou certaines, la bible fut le grand livre de Monique Chevrier ; pour d’autre, celui de Pol Martin ; ce livre-ci, avec ses 900 recettes, pourrait devenir la bible d’un ou d’une jeune qui commencerait à faire la cuisine chez lui… . Légumes vite prêts et Poissons & fruits de mer vite prêts (Marabout, 384 p., $ ) : la formule est simple (une recette, une photo), mais efficace ; des recettes pour avoir vite les pieds sous la table, ce qui n’est pas un mal les soirs de semaine. Mon cours de cuisine, les basiques… (Marabout, environ 200 pages, $ 24,95) : une jolie collection qui vous mène par la main, étape après étape, photo après photo, pour réussir des mets ma foi fort appétissants ; vous avez les choix, parmi les derniers nés de la collection, entre Les basiques vapeur, Les basiques orientaux et Les basiques pasta. Un voyage au Portugal… puisque le Portugal est le « pays à l’honneur » du volet Plaisirs de la table du prochain Festival Montréal en lumière. Cuisine comme à Lisbonne, par Tessa Kiros (Marabout, 256 p., $ 34,95) : après avoir ouvert ce livre, vous risquez deux choses, ou aller au Portugal si vous n’y êtes jamais allé, ou y retourner si vous y êtes déjà allé ; par exemple pour y déguster ce mets national qu’est la morue salée aux pommes de terre et aux œufs. Pour les becs sucrés… puisqu’offrir un livre sur la pâtisserie et les desserts est toujours (ou presque) une bonne idée. Petit Larousse pâtissier, collectif (Larousse, 448 p., $ 34,95) : les gâteaux, galettes, tartes, crèmes, biscuits, flans, macarons, mousses, soufflés et autres péchés les plus classiques ; 200 recettes, 200 délices. .La petite bibliothèque du chocolat, collectif (Larousse, 8 petits volumes de 60 p. dans un coffret, $ ) : il est « bon enfant », puis « glaçant », puis « gourmand » et ainsi de suite jusqu’à être « extravagant », en résumé il est chocolat dans tous ses atours ; la présentation est originale, parfaite pour un cadeau remarqué. Biscuits, sablés, cookies, la bible des tout petits gâteaux, par Martha Stewart (Marabout, 320 p., $ 34,95) : amusant, les recettes sont classées par texture (légers, tendres, moelleux sablés, croquants…) ; par l’auteure bien connue. Livres objets… puisque la tendance est à ces mini-livres de cuisine présentés dans des coffrets qui contiennent aussi les plats ou moules pour réaliser les recettes. Foie gras, terrines & Cie (Larousse, 4 livrets et une terrine, $ ) : sans oublier les confits et autres canardises. Petites crèmes craquantes (Hachette pratique, 1 livret et 4 petits plats à four, $ ) : crème catalane, brûlée, caramel, bref, les classiques du genre. Mini madeleines (Marabout, 1 livret et deux plaques à madeleines, $ ) : elles sont sucrées, elles sont salées, elles sont à la menthe, au chocolat, au prosciutto, au boudin… Proust lui-même y perdrait ses souvenirs d’enfance. Mon kit de cuisine moléculaire, par Anne Casor et Christine Liénard (Marabout, 1 petit livre et une mini-trousse à outils) : tout, y compris une seringue, pour réussir ses émulsions, ses gels fondants, cassants ou élastiques et ses indispensables sphérifications… des heures de plaisir.

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Mon livre coup de coeur

Que voudriez-vous manger et boire pour votre dernier repas ? Avec qui ? Où ?La photographe new-yorkaise Melanie Dunea a joué à ce jeu avec 50 chefs-vedettes des quatre coins du monde. Pour l’un, ce serait un cochon rôti avec des pâtes maison et des copeaux de truffes noires. Pour l’autre, un simple poulet rôti à l’ail et au citron. Ou des tiges de lotus croustillantes. Ou du maquereau et brocoli grillés avec chiles et ail. Pour Martin Picard, seul chef d’ici dans la brochette d’invités, ce serait, entre autres, un kilo de caviar et du foie gras cru au sel sur une tarte de boudin. Certains prendraient du champagne, mais pas tous. La plupart mangeraient à la maison. Il y aurait des repas très simples et des festins. On trouve tout ça dans Mon dernier repas, livre aussi surprenant par sa facture que par son contenu — dont 50 photos, parfois remarquables. En outre, les chefs vous offrent 50 superbes recettes. À cuisiner et à déguster entre amis, en jouant à imaginer soi-même son dernier repas. Mon dernier repas?: 50 grands chefs et leur repas ultime, par Melanie Dunea, Éditions AdA, 222 p., 14,95 $.

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Les lundis du livre (2)

Jusqu’à Noël, le blogue Voyage vous présente tous les lundis une sélection de livres qui méritent autant de se retrouver entre vos mains que sous le sapin. Pour la deuxième année consécutive, les éditions Lonely Planet publient leur Best in Travel, une brique de 208 pages où sont recensés les destinations montantes, les dernières tendances du monde du voyage et quelques-uns des plus trépidants périples à réaliser au cours de l’année qui approche. Entre autres endroits suggérés, on compte par exemple la Nouvelle-Zélande, pour ses décors naturels spectaculaires, et le Surinam, de plus en plus couru par les écotouristes. L’ouvrage dresse également plusieurs listes, dont celle des destinations qui offrent le meilleur rapport qualité-prix, en plus de fournir un planificateur de voyages, qui permet de choisir sa destination en fonction du climat ou des événements annuels des pays. Rédacteur en chef du magazine Nature Sauvage et auteur de plusieurs ouvrages, le biologiste, conférencier et vulgarisateur scientifique Michel Leboeuf est aussi père à temps plein et conscient des bienfaits que la nature apporte aux jeunes. Pour inciter ces derniers à se dégourdir les jambes, il lançait l’an dernier Famille Nature, un recueil fort complet réunissant 200 idées de sorties de plein air en famille, partout au Québec. Très bien illustré, bourré de détails pratiques et foisonnant de suggestions à essayer toute l’année, il forme un indispensable compagnon de route pour les familles actives. En voyage, il y a ceux qui ne pensent qu’à leur nombril – et c’est très bien ainsi –, mais aussi ceux qui ont envie de se rendre utiles. Du volontourisme au tourisme solidaire, de la participation à des projets de développement jusqu’à l’aide humanitaire, le guide 500 Places Where You Can Make a Difference fournit assez d’idées pour s’occuper toute une vie, qu’on soit ou non en vacances. L’ouvrage décrit différents projets et la façon d’y prendre part, que ce soit enseigner la nage aux enfants fidjiens, restaurer un village médiéval en Italie ou travailler dans un orphelinat en Inde. Vous êtes à la recherche d’un restaurant en pleine campagne polonaise, mais personne ne parle votre langue? Vous devez consulter illico un médecin alors que vous sillonnez l’Azerbaïdjan, mais vos gesticulations n’y font rien? Pas de problème : sortez votre g’palémo, et toutes les portes s’ouvriront devant vous. Amusant petit recueil qui se glisse aisément dans la poche, g’palémo (comme dans « j’ai pas les mots ») recense et reproduit en dessins 200 situations fréquemment vécues en voyage. Regroupées par thèmes (hébergement, transports, restauration, etc.), ces illustrations simples et efficaces viennent d’être reprises pour une application iPhone du Guide du Routard; elles prouvent qu’une image vaut mille mots… et peut éviter bien des maux.

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Internet à bord des avions : ce billet vous parvient du ciel

Je suis présentement à 36 000 pieds d’altitude, quelque part au-dessus du Midwest, et je vous écris ce billet depuis un avion d’Air Canada. Comme c’est le cas d’un nombre croissant de transporteurs aériens qui offrent une connexion Internet sans fil à bord de leurs appareils, Air Canada a commencé à tester ce service, le mois dernier, sur plusieurs vols reliant Toronto et Montréal à Los Angeles. Très simple à utiliser, ce service est accessible à quiconque possède un ordinateur ou un téléphone portable muni d’une antenne Wi-Fi, dès lors que s’éteint le signal des consignes de sécurité. On se connecte alors aussi aisément que dans n’importe quel lieu public où une telle connexion est disponible. Une fois en ligne, ce service s’avère plutôt efficace si on utilise Internet pour des actions simples, comme lire des pages Web, envoyer ou recevoir des courriels ou des microbillets sur Twitter, mettre à jour sa page Facebook ou effectuer une transaction. J’ai ainsi payé mon compte de téléphone du haut des airs, ce matin. J’ai aussi téléchargé des programmes et des photos sans problème, écouté Christiane Charette, Paul Arcand, CKRL (une radio communautaire de Québec) et Radio France International sans interruption, et j’ai même pu me rendre jusqu’à la fin des 68 minutes de La vie heureuse de Léopold Z, de Gilles Carles (en qualité intermédiaire), simplement en allant sur le site de l’ONF. Contre toute attente, je me suis même fait un nouvel ami, à bord de l’avion : un journaliste/blogueur de La Presse, que j’ai rencontré après que quelqu’un nous ait signalé, sur Twitter, que nous étions sur le même vol! Bienvenue au 21e siècle! Cela dit, la puissance du signal varie selon l’endroit où l’on se trouve dans le ciel, ce que confirment plusieurs vérifications effectuées sur le site Speedtest, en cours de vol. En outre, certaines actions qui requièrent une plus haute vitesse de transfert sont plus fastidieuses à exécuter. Si j’ai pu voir plusieurs vidéos sans interruption sur You Tube, je n’ai pu me rendre à la fin d’un des courts-métrage du palmarès des meilleures vidéos d’aventure de National Geographic, ni écouter un épisode de Chez Jules. Et lorsque j’ai tenté de visionner cette vidéo de Moscou au ralenti, elle était vraiment au ralenti… Enfin, jamais je n’ai pu téléphoner à la maison en utilisant les services de Skype: même quand la sonnerie retentit, la friture a tôt fait de prendre le dessus. Jusqu’au 29 janvier, le service Internet à bord des avions d’Air Canada est gratuit, mais à l’instar des autres transporteurs, il deviendra par la suite payant et il faudra alors débourser 9,95 $US par segment de vol avec un ordinateur, et 7,95 $ avec un téléphone. Pour un autre banc d’essai, rendez-vous sur En Transit, le blogue de Marie-Julie Gagnon, qui a récemment mené une « entrevue Twitter » avec un utilisateur qui surfait lui aussi du haut des airs.

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Les lundis du livre (1)

À compter d’aujourd’hui, et ce jusqu’à Noël, le blogue Voyage vous présente à chaque lundi une sélection de beaux livres et d’ouvrages pratiques qui méritent autant de se retrouver entre vos mains que sous le sapin. Après bientôt 15 ans de périples à titre de reporter voyages pour Le Devoir, et plus récemment pour Elle Québec et Vita, Carolyne Parent lance Ambiance des Caraïbes, un fort joli ouvrage alliant récits, images ainsi que recettes d’apéros et de bouchées glanées dans une dizaine d’îles du Sud. Preuve qu’elle garde encore bien du matériel dans son escarcelle de bourlingueuse, l’auteure annonce déjà la parution d’autres titres de la même trempe, dans les années à venir : Ambiances urbaines d’Europe, Ambiances de la rizière, Ambiances des mille et une nuits… De son côté, le journaliste et photographe Lionel Astruc (L’Express, Libération, etc.) s’intéresse aux voyages écologiques et équitables. Dans son inspirant ouvrage Écotourisme, paru plus tôt cette année chez Glénat, il cherche à savoir comment se traduisent, concrètement, les engagements écolos et sociaux de certains voyagistes. Du voyage solidaire à Bombay jusqu’à l’écovolontariat chez les bergers alpins, l’auteur décrit en quoi un séjour responsable diffère d’un séjour traditionnel. En confrontant ce qu’il lit dans les brochures et ce qu’il vit sur le terrain, il démontre les limites des promesses des voyagistes et propose ses propres solutions. Réputée pour ses guides allumés et éclairants, la maison d’édition Rough Guides publie aussi une foule d’ouvrages sur le voyage en général. Avec Earthbound, elle propose un vaste tour du monde tel que vu par les photographes de ses guides. Souvent percutantes, jamais insignifiantes, les images en grand format sont toutes accompagnées d’une courte description, mais aussi de leur latitude et de leur longitude. Mieux : grâce à un code QR qu’on numérise sur un téléphone multifonctions, on peut retrouver l’endroit exact où à été prise chaque photo. Enfin, dans un registre plus marginal, Yannick Monget publie Terres d’avenir – De l’urgence bioclimatique aux rêves de demain, aux Éditions de La Martinière. Avec cet ouvrage-choc, l’auteur nous convie à un effroyable voyage dans le futur, un futur où rien ne va plus : Buenos Aires rasée par les conflits qui ravagent l’Amérique latine, Pékin suffoquant sous les tempêtes de sable, La Havane, Miami et la Nouvelle-Orléans rayées de la carte après le passage du plus puissant cyclone de tous les temps. Toutes ces catastrophes découlent, directement ou non, du réchauffement climatique, qui a pris des proportions démesurées dans l’avenir pas si lointain imaginé par l’auteur. Pour en arriver là, ce dernier a épluché une foule de données scientifiques, dont celles du GIEC (prix Nobel de la Paix 2007). Puis, après nous avoir bien secoués – notamment par de percutantes images de synthèse -, l’auteur nous rassure en proposant plusieurs pistes et solutions pour l’avenir.