Pour des vacances plus vertes

Vous rêvez de repartir à la découverte du monde, mais l’empreinte carbone des voyages en avion ralentit vos ardeurs ? Une fois à destination, il est possible de choisir un hôtel écoresponsable. Voici quelques suggestions.

Inkaterra

Inkaterra, au secours de la nature péruvienne

Selon Green Initiative, un organisme de certification reconnu par les Nations unies, Inkaterra est la première enseigne hôtelière au monde affichant un bilan « climat positif ». Cela signifie, en vertu de la définition de Plan A Academy, que son activité vise la cible de zéro émission nette de carbone tout en éliminant du dioxyde de carbone supplémentaire de l’atmosphère. 

Mais son engagement pro-environnemental va bien au-delà de l’atteinte de cet objectif, à l’automne 2021. Pionnière de l’écotourisme au pays des Incas, Inkaterra a fondé, en 1978, l’Inkaterra Asociación (ITA). Depuis, cette ONG mène plusieurs projets de conservation et protège des milliers d’hectares de forêt amazonienne et andine.

En répertoriant le vivant dans les différents écosystèmes où le groupe établit ses petits hôtels, l’ITA a notamment identifié 29 nouvelles espèces fauniques et botaniques. Dans la forêt de la région de Madre de Dios, son Palmetum réunit 19 des 23 essences de palmiers connues dans le monde afin de préserver cette diversité génétique. En collaboration avec le laboratoire ornithologique de l’Université Cornell, aux États-Unis, elle veille de plus à la conservation des oiseaux (903 espèces inventoriées sur ses terres).

C’est sans compter qu’Inkaterra s’est associée avec d’autres acteurs du secteur touristique local pour faire du sanctuaire du Machu Picchu la première merveille du monde neutre en carbone.

Anantara et le bien-être des éléphants de Thaïlande

Montures royales et guerrières, bêtes de trait, véhicules d’urgence tout-terrain… Les éléphants ont joué des rôles de taille dans l’histoire du royaume. Retraités de l’industrie forestière à partir de 1989, année où la déforestation a été interdite, la plupart d’entre eux ont été recrutés par le secteur touristique.

Ainsi, en 2003, le groupe hôtelier thaïlandais Minor a institué la Golden Triangle Asian Elephant Foundation afin d’assurer le bien-être des éléphants captifs et la protection des individus sauvages. (Soulignons que relâcher les pachydermes domestiqués dans la nature n’est pas une panacée, car tous n’y survivraient pas.)

À Chiang Rai, aux confins de la Thaïlande, du Laos et de la Birmanie, dans le fameux « triangle d’or » du tourisme, le même groupe a aussi créé un luxueux camp, l’Anantara Golden Triangle Elephant Camp & Resort. Il est certifié Green Growth 2050, et c’est l’un des deux seuls camps au pays ayant obtenu une note parfaite à l’audit de Global Spirit Animals in Tourism, qui évalue le bien-être des pachydermes.

Sur 65 hectares vivent 20 éléphants, pour la plupart loués à leurs gardiens, appelés des mahouts, ce qui leur assure un revenu. De plus, 19 d’entre eux travaillent sur place et y résident, certains avec leur famille, dans des logements qui leur sont fournis, précise John Roberts, directeur du développement durable et de la conservation pour les hôtels Minor, société mère d’Anantara.

Le camp comprenant un hôtel-boutique et deux chambres-bulles posées dans l’habitat des animaux pour en favoriser l’observation, nous avons demandé à John Roberts dans quelle mesure Babar y est instrumentalisé au profit des touristes. « On trace la ligne bien avant que l’interaction lui soit préjudiciable », assure-t-il.

À titre de coprésident de l’Asian Captive Elephant Working Group et de membre du groupe de travail Éléphants et tourisme au sein de l’Union internationale pour la conservation de la nature, John Roberts s’estime à l’avant-garde des connaissances relatives aux besoins des pachydermes.

« Par exemple, bien que nos éléphants aient grandi avec des humains, tous ne sont pas nécessairement à l’aise en leur présence, explique-t-il. Cinq d’entre eux ne l’étant pas du tout, nous trouvons des façons de leur faire faire de l’exercice et de les stimuler différentes de celles proposées dans le cadre de l’expérience offerte à nos clients. »

Cette expérience consiste en une marche dans la jungle. « Nos hôtes accompagnent les éléphants, leurs mahouts et un biologiste jusqu’à la rivière, observent les animaux grignoter des feuilles en chemin, s’amuser dans l’eau, mais ils ne sont pas autorisés à les monter », poursuit John Roberts.

Pour ces touristes, selon le directeur, c’est l’occasion de se familiariser avec le passé, le présent et « l’avenir plein d’espoir » des éléphants thaïlandais.

Green Pearls et le tourisme durable

Contrairement à Biosphere Tourism, Clef verte, EarthCheck, Gîte Panda, Green Globe ou Green Growth 2050, Green Pearls n’est pas un label vert. Il s’agit plutôt d’un réseau d’hôtels (dont Inkaterra), de restaurants et de destinations (parmi lesquelles Whistler, en Colombie-Britannique) qui s’engagent à respecter les bonnes pratiques du tourisme durable.

« Green Pearls a été créé en 2012, à une époque où le voyage durable était encore une niche », explique Stefany Seipp, la fondatrice, établie en Allemagne. Mme Seipp, qui a travaillé dans le secteur de l’audit environnemental, a défini les prérequis d’admission à son réseau en s’inspirant en partie des critères du Global Sustainable Tourism Council, qui accrédite les certifications. Les membres de son regroupement doivent respecter au moins 80 % de ses exigences, et montrer que leurs pratiques correspondent à ses attentes. Ils sont présentement au nombre de 82, répartis dans 14 pays.

« Par exemple, La Vimea n’est pas seulement le premier hôtel végétalien holistique de toute l’Italie [c’est-à-dire qu’il adhère à cette philosophie dans l’assiette comme dans sa construction et son aménagement intérieur], il répond également à 92 % des exigences de Green Pearls en matière d’architecture, de gestion de l’eau, de l’énergie et des déchets, ainsi que pour ce qui est de la provenance des denrées alimentaires », dit la fondatrice.

Stefany Seipp croit de plus qu’une offre d’expériences locales signifiantes doit faire partie de l’équation. « Voyager de façon plus respectueuse implique un changement d’état d’esprit, et cela inclut apprendre à connaître les habitants, découvrir différentes philosophies culinaires durables (cuisine végétarienne, végétalienne ou “du nez à la queue”) et aussi s’informer de ce que font les hébergements pour fonctionner de manière durable. » Le tout sans devoir renoncer aux plaisirs que procure le voyage, dont celui d’environnements exotiques et d’une architecture à l’avenant, comme à l’hôtel Keemala, sur l’île de Phuket, en Thaïlande. « C’est effectivement ce que nous essayons de démontrer ! » conclut Mme Seipp.

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