Pourquoi pas le Jura ?

Une série de vins blancs et rouges du Jura fait son entrée à la SAQ. Pour bon nombre d’amateurs, cette mise en marché est un événement en soi.

Pourquoi tant d’attentes envers un petit vignoble qui représente moins de 1 % de la production viticole française ? Parce que le Jura offre une palette de saveurs unique, qui n’a pas d’égale en France ni ailleurs dans le monde.

Ce département niché entre la Bourgogne et la Suisse abrite l’un des vignobles les plus originaux de l’Hexagone. Grâce à sa mosaïque de terroirs, à sa biodiversité et à l’indépendance d’esprit de ses vignerons, le Jura est la source de vins variés, dont le tempérament affirmé se situe à des lieues des ten­dances internationales, qui favorisent l’opulence et la rondeur.

Représentant le plus célèbre du Jura, le vin jaune « n’est pas un vin pour novices », comme le rappelle l’auteur britannique Hugh Johnson. Antithèse parfaite d’un vin destiné à plaire à un vaste public, cette spécialité locale, composée du cépage savagnin et vieillie en fût pendant au moins six ans, présente une intensité peu commune, relevée de parfums de noix et de cari, semblables à ceux du xérès. C’est ce que l’on appelle le « goût de jaune ». Le territoire produit aussi des vins blancs secs – issus de chardonnay ou de savagnin -, tantôt frais et épurés, tantôt intenses, vineux et structurés. À l’opposé du spectre, les cépages poulsard, trousseau et pinot noir donnent des vins rouges légers, guillerets et fringants, souvent ponctués d’accents d’épices.

Rouges ou blancs, les vins du Jura ont en commun cette « buvabilité » (caractère très digeste) qui est le propre des grands vins de gastronomie. Une raison de plus pour apprécier leur sève authentique et une invitation renouvelée à sortir des sentiers battus.

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Domaine de Montbourgeau, l’Étoile 2008
(11557541 ; 21,90 $)

Les origines du nom de la commune de L’Étoile sont nébuleuses. Certains affirment qu’il s’agit d’une référence aux cinq collines qui l’entourent, d’autres disent qu’il serait plutôt attribuable aux fossiles étoilés que l’on retrouve dans les sols du village. Quoi qu’il en soit, ce vin blanc élaboré par Nicole Deriaux est impeccable! Sec, doté d’une agréable tenue en bouche, accentué de notes minérales distinguées et apte à vieillir en beauté.

Jean Bourdy, Côtes du Jura 2006
(11195747 ; 21,25 $)

La famille Bourdy veille depuis le 15e siècle sur ce domaine historique du village d’Arlay. Fruit d’un assemblage de pinot noir, de poulsard et de trousseau issus de l’agriculture en biodynamie, ce vin rouge de facture traditionnelle est vif, friand et léger (12,5 % d’alcool), mais pourtant doté d’une assez bonne tenue en bouche et relevé de parfums de sous-bois et de poivre. Avec une assiette de charcuteries, c’est le bonheur assuré !