Renaissance à flanc de volcan

Du haut de ses 3 300 m, l’Etna fume, crache et tremble encore chaque mois, mais on continuera d’y cultiver la vigne, même en sachant que ce qu’on a construit pourra être réduit en cendres à tout moment.

Photo: Allessandro Saffo / Simephoto
Photo: Allessandro Saffo / Simephoto

Depuis qu’il a élu domicile au pied de l’Etna, l’humain y a cultivé la vigne et l’olivier. Bientôt 4 000 ans qu’il brave les éruptions de l’un des volcans les plus actifs du monde. Pourtant, à lire les magazines spécialisés, on aurait vite fait de prendre les vins de cette région de Sicile pour de nouveaux venus. Avec raison.

Isolé à l’est de l’île et laissé à l’abandon pendant une bonne partie du XXe siè­cle, le vignoble de l’Etna est aujourd’hui en plein essor et est même devenu le symbole de la renaissance du vin sicilien. Cette résurrection, on la doit d’abord au Toscan Andrea Franchetti, du domaine-culte Passopisciaro, dans la commune de Castiglione di Sicilia, et à Marco de Grazia (Tenuta delle Terre Nere), un impor­tateur américain d’origine italienne établi à Randazzo, sur le versant nord de l’Etna, depuis 2002. Le succès de ces « étrangers » a inspiré des gens du coin, comme les Graci et les Planeta, qui s’y sont installés en 2004 et 2008.

Tous sont convaincus de l’immense potentiel de la région, ne serait-ce qu’en raison de la complexité des sols, mais aussi de la singularité des cépages nerello mascalese, nerello cappuccio et carricante (blanc), qui s’enracinent à flanc de montagne entre 600 et 1 100 m d’altitude.


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Particulièrement distinctifs sur le versant nord du volcan, les vins distillent une énergie et une personnalité peu communes. Ils se révèlent aussi près de la terre que du fruit, presque salés tant leur caractère minéral est prononcé. Ils sont profonds, élégants, vibrants de fraîcheur.

Du haut de ses 3 300 m, l’Etna fume, crache et tremble encore chaque mois, mais on continuera d’y cultiver la vigne, même en sachant que ce qu’on a construit pourra être réduit en cendres à tout moment. Car on a depuis longtemps compris que le jeu en valait la chandelle. Pour découvrir ce terroir unique, surveillez de près l’arrivée de ces deux vins en septembre et octobre.

LAT_12_vin1. Planeta, Etna Rosso 2015 (12473577; 25,95 $)

L’œnologue d’origine hongroise Patricia Toth peaufine son art et sa maîtrise du cépage nerello mascalese. Son 2015 présente un très léger reste de gaz à l’ouverture, qui lui confère un petit côté fringant fort sympathique et donne de l’élan aux saveurs fruitées et florales. Bien mûr (14 % d’alcool) et pourtant tout léger et d’une grande finesse.

2. Graci, Etna Rosso 2013 (13041830; 27,50 $)

Issu d’un millésime frais et humide qui a donné des vins de facture classique, ce 2013 est discret au nez, mais très expansif en bouche. Une attaque franche, un grain tannique serré, fin et juste assez rugueux pour donner du relief à l’ensemble et mettre en valeur les goûts de fruits, de fines herbes et d’épices. Beaucoup de profondeur et de nuances. Plaisir garanti à table.

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