Rencontres fortuites à l’autre bout du monde

Vous est-il déjà arrivé de tomber sur des personnes que vous connaissiez, totalement par hasard, à l’autre bout de la planète ? Voici quelques souvenirs de voyage du blogueur Gary Lawrence.

Art_de_vivreVous est-il déjà arrivé de tomber sur des personnes que vous connaissiez, totalement par hasard, à l’autre bout de la planète ? Moi si, et plus d’une fois.

Bien sûr, au rythme où j’ai parcouru le globe ces 20 dernières années, le risque de récurrence de pareilles retrouvailles s’est avéré plus élevé chez moi que chez le commun des voyageurs. Mais chaque fois que j’y repense, ces situations totalement fortuites me fascinent profondément.

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Il y a une dizaine d’années, au Cambodge, je me rends visiter Tuol Sleng, une école sinistrement transformée en centre de torture par les Khmers rouges, du temps de Pol Pot. Au guichet, je dévisage le visiteur qui me précède, et celui-ci me dévisage tout autant : c’est un professeur, collègue de ma conjointe, que j’ai rencontré à une ou deux reprises, et qui est en cavale en Asie depuis des mois…

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En 1995, je me lie d’amitié avec un sympathique voyageur que je rencontre à l’auberge de jeunesse de Jérusalem. Comme ma prochaine étape est la Jordanie et que mon nouvel ami en revient, il me refile gentiment son guide Lonely Planet Jordan-Syria, dont il n’a plus besoin. Trois ans plus tard, alors que je suis en Allemagne, je m’inscris à un tour guidé portant sur le Berlin juif, et je tombe sur le même type : c’est lui qui sert de guide aux visiteurs !

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En 2005, le magazine enRoute m’envoie à Kyoto couvrir un événement culturel, la Semaine du kimono, où le port de ce vêtement traditionnel donne droit à plusieurs avantages (entrée gratuite dans certains musées, accès libre aux transports en commun, etc.) Pour les fins de mon reportage, je dois donc m’astreindre à me balader en kimono pendant plusieurs jours, ce qui me rend plutôt mal à l’aise. Un matin, alors que je m’apprête à quitter mon ryokan (auberge) ainsi accoutré, je tombe sur l’occupante de la chambre voisine de la mienne. «Vous avez l’air très honorable en kimono», me dit-elle. Je reconnais son visage : c’est l’actrice Jennifer Beals, la ravissante vedette du film Flashdance et de la série télévisée Elles. Qu’importe si les Kyotoïtes ricanent en me voyant : un de mes fantasmes de jeunesse m’a complimenté, et me voilà paré contre toute raillerie.

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Enfin, à l’été 1990, je dégote un lucratif emploi d’été comme porteur de bagages, au Hilton Regent Park de Londres, avec uniforme et nœud papillon ridicules. Cet établissement reçoit régulièrement trois types de clients : des mordus de cricket (l’hôtel est situé devant un terrain où on pratique ce «sport»), des équipes de musiciens en tournée (j’ai eu droit à des billets gratuits pour Prince et les Rolling Stones), ainsi que bon nombre d’équipages de compagnies aériennes, y compris ceux d’Air Canada. Un jour, alors que je prends l’ascenseur avec quelques valises, je tombe nez à nez avec une agent de bord : au secondaire, j’avais un sérieux béguin pour elle, et je ne l’avais jamais revue depuis. Aujourd’hui, j’esquisse un sourire à chaque fois que j’évoque ces retrouvailles inopinées, entre Spirou et Natacha, hôtesse de l’air

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Et vous, quelles sont les rencontres invraisemblables que vous avez vécues, à l’étranger ou près de chez vous ?

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J’ai déjà rencontré un gars de ma rue à Vancouver. Il habitait à une dizaine de maisons de chez moi. Le hic c’est qu’on ne se connaissait pas!

Lors de ma première visite de la ville de Mexico, j’étais attablé à un comptoir de resto et quelqu’un attablé à l’autre comptoir me dévisageait. Comme je semblais le connaître, je me suis levée et me suis approchée de lui en lui disant: On se connaît et il me répondit: Non, mais je viens de Montréal et pour aller travailler j’attends l’autobus au même arrêt que vous et parfois on s’échangeait des banalités. Alors on a convenu de passer la journée ensemble pour visiter la ville de Mexico.

À l’automne 1975, alors que je réside à Marseille, je vais visiter Milan avec quelques amis. Sur le toit de sa magnifique cathédrale, j’arrive nez à nez avec des Belges connus en Guadeloupe des Caraïbes à l’hiver précédent. Je vis à Québec et je sais combien le monde est petit.

En 2010, j’ai rencontré Fred Chesneau, le Globe-Cooker, dans un petit marché de fruits et légumes quelque part au Pérou. J’étais avec mes jeunes enfants et il nous avait parlé entre 2 tournages. Deux ans plus tard, je suis dans le Vieux-Québec, à la porte de mon commerce et je le rencontre à nouveau! Il s’est rappelé de notre rencontre au Pérou! Toute une coïncidence quand même!

Alors que je faisais une virée Paris-Berlin-Amsterdam, j’ai rencontré un collègue à la cathédrale Notre-Dame durant un récital d’orgue du dimanche… Quelques jours plus tard, je rencontre un second collègue et sa copine dans le musée d’histoire de l’Allemagne, à Berlin!

Le comble est cependant un couple d’Ontariens que j’avais rencontrés en Chine dans une auberge de jeunesse et que j’ai revus quelques mois plus tard au spectacle d’AC/DC au Stade Olympique!

Il y a bientôt 20 ans (en ’97-’98 pour être plus précis), j’ai été coopérant à Franceville, 2e ville du Gabon.

En me faisant visiter l’université, le chef me mentionne qu’on retrouve deux autres coopérants dans la ville voisine. En me les nommant, je réalise qu’un d’eux est certainement un vieil ami de l’université que je n’ai pas vu depuis quelques années. Jusque là on a déjà une histoire, mais lui ne s’attendait pas à me voir. Sa réaction quand nous nous sommes croisés dans le corridor quelques jours plus tard était simplement épique!

Quelques mois plus tard, je me rend à Libreville, la capitale. Attablé au restaurant, un gabonnais m’interpelle:
» Il me semble que je vous connais, vous êtes canadien non ? »
» Oui, oui, bien sûr. Je suis sur Franceville toutefois, il serait surprenant que nous nous connaissions »
» Est-ce que vous connaissez Sherbrooke ? »
Je découvre alors que cet homme a étudié à l’Université de Sherbrooke alors que j’y étais et qu’il a eu un cours où mon frèere jumeau était chargé de laboratoire, alors que j’étais à l’extérieur en stage..

Il m’a donc pris pour mon frère jumeau,
À 20 000 km de chez ma mère !

En août 2009, nous avons passé deux semaines fantastiques en Thaïlande. Ces vacances sonnaient le départ d’une année en famille en Asie pour le travail de mon conjoint. Àvant notre départ, ma soeur me dit: »Ce serait drôle que tu rencontres Bruno Blanchet ». Il était en Asie pour le compte de la Presse et écrivait des articles qui deviendraient « La frousse autour du monde ». À Bangkok (une ville de quoi, 8 millions de personnes?) nous arrivons donc à notre hôtel (le New Siam Riverside que je recommande chaudement) en bordure du fleuve. En montant l’escalier qui mène à notre chambre, nous croisons un homme… je me retourne et dis à mon conjoint: »On dirait Bruno Blanchet ». Je ne m’attendais pas du tout que ce dernier se tourne vers moi et dise « c’est moi »! J’ai étiré un peu car non, je ne le connaissais pas mais que ma soeur me dise ça et que je le rencontre, c’était vraiment étrange! On a discuté quelques fois mais on se levait trop tôt pour lui!