Un vrai repaire de requins

Le minuscule archipel de Palau, situé à 800 km à l’est des Philippines, vient d’annoncer la création du premier sanctuaire de requins au monde.

D’une superficie de 621 000 km², cette nouvelle réserve sous-marine vise à protéger les 135 espèces de sélaciens qui sillonnent ses eaux, et qui sont de plus en plus menacés par la surpêche et la pêche illégale.

Si une telle initiative a été prise par le gouvernement de ce groupe d’îles micronésiennes (20 000 âmes, 190 km²), c’est non seulement pour sensibiliser la planète sur le sort des requins, mais aussi pour protéger sa principale industrie, le tourisme. Hormis quelques adeptes de robinsonnade, nombreux sont ceux qui  viennent à Palau pour s’adonner au plein air et explorer ses espaces sous-marins. Or, plusieurs plongeurs affectionnent tout spécialement l’observation des requins dans leur habitat.

Pourquoi plonger avec ces fauves aquatiques plutôt qu’avec des poissons-clowns? D’abord, la plupart des espèces de requins sont inoffensives. Dans les Antilles et en Polynésie française par exemple, n’importe qui peut enfiler palmes, masques et tuba et assister au ravitaillement à la main des requins – une activité par ailleurs remise en question. Au zoo de Granby, on peut même caresser quelques spécimens de requins nourrice, dans un bassin de contact.

Crédit: TANAKA Juuyoh CC2.0 - Wikimedia Commons

Cela dit, certains plongeurs, fascinés par ces créatures impressionnantes, apprécient particulièrement la compagnie de requins plus dangereux. Plusieurs choisissent même leur destination en fonction de l’espèce qu’ils veulent observer : les Bahamas pour le requin tigre, les îles Cocos (au large du Costa Rica) pour le requin marteau… Assoiffés d’adrénaline ou de curiosité, d’autres vont jusqu’à s’enfermer dans une cage pour côtoyer de près le requin blanc, notamment en Afrique du Sud et aux îles Farallon (Californie).

Mais voilà que la forte demande pour la viande, et surtout les ailerons de requins – qui entrent dans la composition de la soupe du même nom -, met en péril plusieurs espèces. À un tel point qu’en février dernier, l’Union européenne a proposé l’adoption de règles de conservation, pour ses eaux territoriales.

Quant à Palau, on peut saluer la démarche de son président, et surtout lui souhaiter bonne chance: un seul navire a été affecté à la surveillance de son sanctuaire… qui est grand comme la France.

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