Une pétition pour sauver la Route verte

Le gouvernement Couillard montre peu d’intérêt à entretenir la Route verte, réseau cyclable qui traverse 16 régions. Résultat : une pétition en ligne a vu le jour et récolte déjà plus de 14 000 signatures.

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Photo : Sébastien Larose

Le gouvernement Couillard montre peu d’intérêt à entretenir la Route verte, réseau cyclable qui traverse 16 régions. Résultat : une pétition en ligne a vu le jour et récolte déjà plus de 14 000 signatures.
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Programme aboli

En novembre dernier, je m’indignais d’apprendre que le programme d’entretien de la Route verte, doté d’un budget de 2,8 millions de dollars, était en effet aboli par le gouvernement québécois. Une somme minime qui servait à entretenir un «actif vert» aux innombrables avantages et aux retombées bien plus considérables, notamment en région — bref, un excellent investissement pour l’économie et la santé publique québécoises.

Ce programme touchait 55 % du plus grand réseau cyclable d’Amérique du Nord, l’une des grandes fiertés du Québec touristique, et il exigeait des municipalités qu’elles investissent autant que le ministère des Transports du Québec (MTQ), soit 1 500 dollars par kilomètre.

Mais dans son obsession à prôner l’austérité et à couper les bouts de chandelles pour économiser deux ou trois kopecks, le gouvernement a remplacé ce programme qui fonctionnait bien par l’ajout de 50 millions de dollars au budget alloué à 800 municipalités québécoises, que celles-ci dépensent désormais à leur guise.

Or, tout porte à croire que bien des municipalités visées n’affecteront pas une partie de ces sommes à l’entretien des pistes cyclables, tant les autres besoins sont grands. «Elles investiront là où il y aura d’urgents besoins, et ce ne sera pas nécessairement dans la Route verte», disait Réjean Parent, président de l’Association des réseaux cyclables du Québec, dans cet article que j’ai publié en juin dernier.

L’abolition de ce programme est d’autant plus regrettable qu’il fonctionnait si bien que son budget n’était généralement pas dépassé — chose rarissime dans les dépenses publiques.

Comme le souligne Raymond Dutil, président de Procycle — un fabricant de vélos beauceron qui a un chiffre d’affaires de 50 millions de dollars et qui exporte dans 30 pays —, «le modèle de ce programme permettait d’éviter les dépassements de coûts : puisque les municipalités investissaient autant que le MTQ, elles contrôlaient mieux leur budget et dépensaient souvent moins que les sommes prévues, preuve que c’était bien géré.» L’an dernier, le programme d’entretien n’aura finalement coûté que 2,1 millions au MTQ, selon Lucie Lanteigne, directrice générale de Vélo Québec Association.

Pour tenter, au mieux, de faire revenir le gouvernement sur sa décision et, au pire, de lui proposer des solutions de rechange, Vélo Québec a organisé en avril dernier le Forum sur l’avenir de la Route verte, qui réunissait 80 intervenants du milieu. Celui-ci a donné lieu à plusieurs propositions visant à assurer la pérennité de ce réseau cyclable, réputé dans le monde entier et encensé par National Geographic. Or, ces propositions n’ont pas trouvé écho auprès du MTQ.

Pétition

Il y a un peu plus de deux semaines, l’organisme Équiterre a donc lancé une pétition pour amener le public à manifester son attachement à la Route verte et inciter le gouvernement à revoir ses positions. Objectif : récolter 20 000 signatures en un mois. Et en date du 8 septembre, plus de 14 400 personnes avaient déjà signé.

Plutôt que d’attendre que ce réseau cyclable de 5 300 km soit progressivement laissé à l’abandon avant d’être rafistolé en catastrophe, une fois qu’il sera délabré et que ses utilisateurs se mettront à le bouder, ne vaudrait-il pas mieux le doter d’un programme d’entretien qui lui soit propre et qui lui éviterait de subir le même sort que notre pitoyable réseau routier ?

Poser la question, c’est y répondre.

Pour signer la pétition, c’est par ici.

 

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Je suis en désaccord avec la façon de procéder du gouvernement en remettant globalement les montants aux municipalités qui en font ou feront comme elles le désirent. Par contre, les municipalités qui avec raison quémandent toujours, devraient avoir le sens citoyen et appliquer les montants reçus à la Route Verte, avec laquelle elles doivent retirer bien des bénéfices. Ce n’est pas uniquement la faute au gouvernement si cette route est en difficulté, elles ont aussi et également leur responsabilité et ce sont elles, les municipalités, qui en sont responsables.

alors qu’on nous demande de faire du sport pour résoudre le problème des médicaments !.. Le gouvernement veut couper l’entretien des routes vertes ! .. Faut il rouler sur les routes mal entretenues et accidentelles insécures ! !!! Non !

il ne faut pas lacher .on était bien parti quand toute les municipalité fesait leur bout de chemin .faut signer pour leur faire voir qu`on tieen a cette route

Je vis à Prévost, dans les Laurentides, directement sur la route verte où avec plusieurs autres personnes (club de marcheurs) marchons été comme hiver dans le parc linéaire (Le P’tit train du Nord) . Nous voyons déjà les résultats décevants de la coupure du service d’entretien alors qu’est ce que ce sera à l’hiver…Difficile vous dites ?…Pour des gens entre 50 et 83 ans, c’est une grande déception…